Accablant témoignage d’une victime

Après une descente punitive à Fréha

Accablant témoignage d’une victime

Le Matin, 24 mars 2002

C’est dans un état piteux que le jeune Amrar Djamel, un ouvrier âgé de 27 ans et résidant à Fréha, s’est présenté à notre bureau. Il tenait à témoigner de ce que fut la descente punitive des gendarmes le 17 mars dernier à Fréha. « Je revenais du chantier. En descendant du fourgon vers 18 h 30 à l’entrée de la ville, je suis tombé nez-à-nez avec les renforts dépêchés sur les lieux.
Sept gendarmes sont descendus des bus et s’en sont pris aux passants sans aucune distinction. » La gorge nouée, notre interlocuteur continue son récit : « Dans la débandade, j’ai tenté de fuir mais ils m’ont vite rattrapé. A coups de couteau – que je crois être des baïonnettes -, ils m’ont blessé à la tête, aux fesses, aux mains et aux cuisses. » Il ajoutera qu’il a été délesté de la totalité de sa paie (10 000 DA) qu’il a perçue le jour même, ainsi que de sa CNI et de deux réservations d’hôtel. Son salut, il le doit, selon ses propos, à un groupe de manifestants de Fréha qui ont chargé les gendarmes. Ces derniers, dit-il encore, ont battu en retraite le laissant baignant dans son sang. Ensuite, il a été évacué vers l’hôpital d’Azazga où il a reçu les premiers soins. « Malgré l’insistance du médecin, j’ai préféré rentrer chez moi car j’avais peur », dira-t-il encore.
Il s’en est sorti avec trente et un points de suture au total. La victime affirmera aussi que d’autres personnes innocentes ont subi de pareils supplices.
B. B.