FFS: Déclaration du 19 juin 2001

FRONT DES FORCES SOCIALISTES
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DECLARATION

Représailles et expéditions punitives sont menées par les forces de sécurité contre les populations : tirs à balles réelles contre des manifestants désarmés, citoyens pourchassés et agressés à l’intérieur même de leurs domiciles ; édifices publics et locaux de partis, commerces, crèches sont saccagés ; hôpitaux occupés pour empêcher la prise en charge des blessés…etc.

Le FFS dénonce ces actes de barbarie perpétrés contre la population et s’interroge sur le silence complice des hautes autorités du pays.

Comment expliquer en effet que toutes nos sollicitations, en particulier du premier ministre, se soient avérées vaines ?

Que recherche le pouvoir à travers ces représailles et autres expéditions punitives qui prennent des proportions apocalyptiques surtout depuis les événements liés à la manifestation du 14 juin 2001 à Alger ?

Le FFS a pourtant mis en garde le pouvoir sur les conséquences graves de l’usage de la force et de la violence contre les manifestants.

L’escalade dans la violence d’Etat confirme que la répression sauvage de la marche du 14 juin, qui, selon un bilan provisoire, a fait 8 morts, des centaines de blessés et de nombreux disparus, a bel et bien été programmée dans le but de précipiter certaines wilayas dans le chaos et tenter de les isoler du reste du pays.

Les montages et autres mises en scène faites par la télévision “algérienne” comme dans les commissariats, où des jeunes ont été forcés de faire des  » aveux  » participent de ces procédés fascistes utilisés pour  » éthniciser  » la crise.

En procédant à ces manipulations grossières qui visent en fait à transférer la responsabilité de la violence vers les populations, le pouvoir, ses  » casseurs  » et ses  » émeutiers  » en “civil”, escomptent ainsi pervertir et dénaturer le sens de la mobilisation citoyenne et la dépouiller de son caractère éminemment politique, celui de recouvrer les libertés, toutes les libertés, les droits, tous les droits, politique, économique, social et culturel.

Pour le FFS, le pouvoir est l’unique responsable de cette situation. En faisant délibérément l’impasse sur les revendications démocratiques, il a opté sciemment pour le pourrissement et a ouvert la voie à toutes les dérives possibles.

Les déclarations du ministre de l’intérieur et du gouvernement lèvent le voile sur ces stratagèmes : il s’agit de préparer l’opinion nationale et internationale à la prise de mesures exceptionnelles et répressives. La décision d’interdire les marches, l’adoption des amendements au code pénal pour se débarasser des journaux qui dérangent et la volonté affichée de se débarrasser des partis d’opposition, principalement le FFS, visent à enlever aux citoyens l’un des instruments essentiels du combat pacifique pour la démocratie.

Cette stratégie dangereuse et irresponsable traduit en fait la panique du pouvoir face à un mouvement démocratique et pacifique qui s’élargit à toutes les couches sociales et gagne l’ensemble du pays.

Le FFS, fidèle à sa stratégie qui oppose l’arme de la politique à la politique des armes, ne cédera pas devant les menaces du pouvoir et de ses supplétifs.

Le FFS reste déterminé à agir pacifiquement, par le biais notamment de marches pacifiques, pour maintenir cette dynamique nationale, démocratique et pacifique afin d’imposer une issue politique à la crise.

Le FFS qui se félicite de la déclaration de l’Union Européenne en faveur d’une solution politique, appelle la communauté internationale à agir en urgence et de manière concrète pour l’envoi d’une commission d’enquête internationale.

Le FFS appelle le peuple Algérien à se mobiliser de façon pacifique et à faire preuve d’une extrême vigilance pour déjouer les tentatives du pouvoir et de ses relais visant à l’entraîner dans un engrenage meurtrier.

 

Alger, le 19 juin 2001

P/le Secrétariat national
Le Premier secrétaire
Ali Kerboua

 

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