Les étudiants et l’avocat arrêtés à Bouzaréah

Les étudiants et l’avocat arrêtés à Bouzaréah

Des risques de lourdes peines

B. Djilali, Quotidien d’Oran, 21 mai 2002

Les vingt-trois étudiants de Bouzaréah et Khellil Abderrahmane, membre de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), arrêtés par les services de police avant-hier, au lendemain de la visite chahutée du Président Bouteflika, ont été présentés, hier, au procureur du tribunal de Bir Mourad Raïs. Ces étudiants ont été écroués pour atteinte à l’emblème national et atteinte physique au cortège présidentiel.

Avant que leur sort ne soit connu, Me Bouchachi, contacté en fin de journée, s’était montré pessimiste. On n’exclut pas que cinq parmi le groupe d’étudiants arrêtés, ne soient placés sous mandat de dépôt et éventuellement poursuivis pour atteinte à corps constitués. Ils risqueraient de lourdes peines de prison, assorties d’amendes. Le code pénal prévoit, dans ce cas, un minimum de 5 ans d’emprisonnement. Au campus universitaire de Bouzaréah, quelque 3.000 étudiants occupaient encore les lieux, alors que les policiers, postés aux abords, procédaient à l’interpellation de ceux qui se sont aventurés à l’extérieur de l’enceinte universitaire, a- t-on appris sur place.

Les étudiants, présentés au procureur du tribunal de Bir Mourad Raïs, avaient été arrêtés le 19 mai, au lendemain de la visite mouvementée du président de la République. Il en est de même de Me Khellil, mandaté par la LADDH, selon un communiqué de l’ONG, «pour s’informer sur les arrestations massives d’étudiants, suite aux manifestations lors de la visite hier du Président Bouteflika». Il a été arrêté à l’extérieur de l’université, alors qu’il attendait dans sa voiture, son ami Sid Ahmed Mourad, parti acheter un journal.

Selon la LADDH et SOS Disparus, Me Khellil est accusé de «violation des franchises universitaires, d’incitation à attroupement illégal et d’atteinte à l’ordre public». Accusation que les deux organisations récusent, puisque le défenseur des droits de l’Homme ne se trouvait pas à l’université au moment des incidents ni lors de son arrestation, le lendemain.