Des émeutiers incarcérés à El Tarf

Des émeutiers incarcérés à El Tarf / La population en colère

Par S. Sadki, El Watan, 2 août 2001

30 manifestants ont été interpellés après les émeutes des 20 et 21 juillet à Om Teboul. Dix-sept sont incarcérés à la maison d’arrêt d’El Kala depuis le 22 juillet pour des chefs d’inculpation multiples et graves, du ressort du tribunal criminel, selon les déclarations des familles.

Des informations éparses font état d’une éventuelle grève de la faim des détenus qui réclament un statut identique à celui accordé aux émeutiers de Kabylie. Bien qu’ils se soient attaqués, parfois violemment, aux biens et aux personnes, on s’interroge en effet sur le traitement réservé aux émeutiers d’El Tarf qui n’ont pas bénéficié des mêmes largesses et de la même mansuétude que leurs semblables du centre du pays. Cinq manifestants ont été condamnés à deux ans de prison ferme et trois autres à trois mois après les émeutes du 19 juillet à Aïn El Assel. Ces derniers jours, la gendarmerie a procédé à 23 interpellations dans la localité de Metroha où, le 21 juillet, des jeunes avaiet barré la RN 82 avec des agressions sur les automobilistes, dont l’une a coûté la vue à un garçonnet de 12 ans. Quatre manifestants ont été placés en détention préventive, cinq sous contrôle judiciaire et les autres ont bénéficié de la liberté provisoire. Mais c’est à Om Teboul que la tension reste la plus vive. Les familles inquiétées par la lourdeur des charges retenues contre leurs enfants, cherchent avec l’appui des députés et sénateurs locaux à obtenir des circonstances atténuantes et un statut identique à celui des émeutiers de Kabylie. Elles s’organisent dans ce sens et les partis politiques à l’affût ne ratent pas l’occasion pour récupérer les mouvements. A Om Teboul, les langues, qui se délient un peu, affirment que les émeutes de la semaine dernière ont devancé une marche «pacifique» prévue à la fin de la prière du vendredi par des partisans islamistes. Un calme précaire règne sur la région. Mais il faut prévoir le pire avec ces listes de logements tant attendues par la population et dont la publication est reportée pour des motifs dont on fait des gorges chaudes, mais qui ne sont pas rendues publiques comme si c’était pour protéger leurs auteurs. A El Kala, une pétition signée par deux cents citoyens menace de porter le mécontentement populaire dans la rue si les autorités concernées n’agissent pas avant le début de la semaine prochaine pour mettre de l’ordre dans la liste des 330 logements où 200 logements ont, selon les termes de la pétition, été attribués de manière illégale.

 

 

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