Kabylie: Les détenus en danger

Réunion des parents de martyrs

Les détenus en danger

Par Lakhdar Siad, La Tribune, 17 décembre 2002

Plusieurs délégués de la CADC représentant une vingtaine de coordinations locales ont improvisé une réunion extraordinaire dimanche dernier à Tizi Rached pour débattre des urgences de l’actualité du mouvement dont les détenus en grève de la faim il y a deux semaines déjà occupent le devant de la scène. La réunion qui a débuté juste après l’imposant sit-in hebdomadaire devant le tribunal correctionnel près la cour de Tizi Ouzou pour exiger la libération des détenus a été une autre occasion de tirer la sonnette d’alarme sur l’évolution du dossier des emprisonnés à la maison d’arrêt de Tizi Ouzou vu la détermination de ces derniers de continuer leur action au péril de leur vie. En effet, malgré les appels incessants de leurs camarades en liberté, délégués du mouvement, deux détenus seulement sur les cinq en grève de la faim ont accepté d’y mettre fin à la grève pour des raisons de santé, quelques jours après le début de leur action extrême. Quant à Belaïd Abrika, Rachid Alouache et Makhloufi Lyes, ils poursuivent toujours la grève et n’ont pas l’intention d’y mettre fin «quelles que soient les conséquences sur leur vie», selon un parent du premier cité. A cet effet, les délégués ont chargé les familles des détenus de transmettre un énième appel à cesser l’action suicidaire. Les coordinateurs de la CADC ne se sont pas séparés ce dimanche avant de s’entendre sur la nécessité de rediscuter de ce cas urgent dans les plus brefs délais. Aussi, la réunion de l’interwilayas qui se tiendra ce week-end à Chabet El Ameur, wilaya de Boumerdès, aura à arrêter la date du début des actions de blocage des axes routiers et de la voie ferrée et du boycott des instances judiciaires durant trois jours pour attirer en urgence l’attention des autorités sur la situation dangereuse des détenus après leur surdité manifeste durant les actions précédentes réprimées sauvagement en Kabylie et à Alger.Par ailleurs, les délégués ont abordé la question des parents de martyrs invités par les autorités pour «la dernière fois» à déposer le dossier nécessaire pour la réception des indemnités prévues dans le décret présidentiel du 12 mars 2002. Pour rejeter cette solution du pouvoir, les délégués ont dégagé des groupes composés de trois personnes afin de faire le travail d’information et de sensibilisation en vue d’une réunion importante de tous les parents des martyrs et des blessés du printemps noir qui se déroulera en principe le lundi 23 décembre prochain.

L. S.