Six autres wilayas adhèrent à la position de la coordination de Tizi Ouzou

Six autres wilayas adhèrent à la position de la coordination de Tizi Ouzou

 

Par Lakhdar Siad, La Tribune, 3 juillet 2001

Au siège des coordinations de Tizi Ouzou, situé au théâtre Kateb Yacine, l’annonce par Benflis ou plutôt le rappel de l’interdiction par Zerhouni des marches à Alger hier à l’APN, lors de sa réponse aux questions des députés sur les récents événements de Kabylie, des Aurès et d’ailleurs, n’a pas du tout influencé les coordinations occupées depuis plus d’une semaine à préparer la marche de jeudi prochain à Alger, de la place du 1er Mai vers la Présidence. «Notre marche aura lieu quel que soit X. Nous la maintenons et jeudi, on sera à Alger pour marcher pacifiquement. Les déclarations de Benflis sont un non-évenement d’autant plus qu’il nous a déclaré son impuissance au sujet de certains points de la plate-forme d’El Kseur. Un chef de gouvernement incapable de se prononcer officiellement sur le bac n’en est pas un. Il nous a déclaré qu’il est dépassé, alors pourquoi se prononce-t-il aujourd’hui ? Nous interpellons le Président, pas lui. De plus, s’il voulait vraiment apporter des réponses à nos revendications, il aurait dû le faire avant notre décision de marcher à Alger. Nous préparons notre marche comme si de rien n’était, on en tient même compte», réagit un membre du Comité d’organisation de l’action. En effet, la préparation de la marche suit son cours normal et personne à la coordination de Tizi Ouzou ne semble affecté par les propos de Benflis, bien au contraire. Surtout après l’annonce de l’adhésion de six autres wilayas qui sont Djelfa, Batna, Oum El Bouaghi, Khenchela, Biskra et Oran à la marche. En principe, chacune de ces six wilayas, avec une moyenne de 50 marcheurs et une liste nominative de tous les marcheurs des 13 wilayas jusque-là concernées, sera élaborée aujourd’hui pour évacuer toute infiltration ou tentative de déstabilisation interne à la manifestation. Selon les premières estimations du nombre des manifestants se basant sur 1 marcheur pour 1 quartier ou village, 6 000 à 7 000 personnes sont attendues, ce jeudi, à Alger dont 1/3 dans le service d’ordre.

L. S.

Tout en maintenant le principe de la marche à Alger

La coordination de Béjaïa réfléchit aux «initiatives d’accompagnement»

Mardi 3 juillet 2001

Par Moussa Ouyougoute

Les membres du comité populaire de la wilaya de Béjaïa ainsi que les délégués des 52 communes que compte la wilaya étaient hier en conclave au centre culturel de Tichy pour discuter des modalités techniques arrêtées récemment par la coordination interwilayas d’organisation de la marche : une manifestation prévue ce jeudi à Alger et à laquelle ne prendront part que les délégués des quartiers et villages.La rencontre intervient, en outre, quelques heures avant celle devant regrouper, en début de soirée (aux environs de 21h00) à Tizi Ouzou, les animateurs du comité interwilayas. Dans la pré-synthèse, et par la suite la synthèse des débats, il ressort des propositions formulées par les représentants des comités de village et quartier mais également de la société civile que l’action de jeudi prochain dans la capitale devait être soutenue par une série de manifestations de rue.Ces mesures d’accompagnement à la marche pourraient être des sit-in, des marches ou des meetings. L’important est qu’elles aient lieu à travers les chefs-lieux de daïras, a-t-on recommandé car en multipliant les manifestations, notamment dans les grands centres urbains, a-t-on expliqué, il faut un concours de plusieurs brigades d’intervention. Parmi les propositions formulées par l’assemblée de Tichy et à défendre au niveau des interwilayas celles de déléguer deux personnes par comité, de déposer la gerbe de fleurs à la mémoire de toutes les victimes, si dépôt il y a bien sûr, à El Alia, à la place des Martyrs ou sur le lieu où avaient été tués les deux journalistes le 14 juin dernier.Au sujet des adultes susceptibles d’accompagner le collégien d’Amizour et le lycéen de Beni Douala pour remettre la plate-forme de revendications commune, l’assemblée a évoqué le courageux enseignant d’Amizour, le premier à s’opposer aux gendarmes lorsqu’ils sont venus interpeller deux de ses élèves. On a proposé, en outre, Mme Haroun, épouse d’un grand militant de la cause amazighe. L’organisation de la marche a été un point sur lequel les délégués ont eu beaucoup à palabrer mais les divergences ont apparu lorsque l’assemblée a débattu la place des politiques. Les élus et les chefs de partis politiques ont-ils le droit de participer à la marche ou non ? Globalement, les délégués étaient contre. Cependant, la présence de militants structurés que leur quartier ou village ont délégués sont revenus à la charge plusieurs fois. Pour trouver un consensus, on dira qu’ils peuvent le faire à titre individuel.Ces propositions seront bien sûr effectives si elles sont entérinées par la coordination interwilayas. Les délégués de Béjaïa auront été alors bien persuasifs.

M. O.

 

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