Bouira: Baisse de la tension et tractations pour libérer les détenus

Bouira

Baisse de la tension et tractations pour libérer les détenus

Par Mourad O., Le Jeune Indépendant, 24 juin 2001

Deux jours après les expéditions punitives et les longues nuits d’enfer et d’angoisse vécues par les population de M’chedallah, le comité de citoyens vient de rendre public un communiqué dans lequel il accuse la gendarmerie d’être «à l’origine des émeutes qu’a connues la localité pendant plus de 48 heures». Ainsi, et suite aux multiples provocations de la gendarmerie, allant jusqu’à s’approvisionner de force chez les commerçants qui ont adhéré à l’appel de mise en quarantaine de ces derniers, et décrété par toute la Kabylie, les citoyens de M’chedallah n’ont pas tardé à exprimer «leur solidarité avec leurs commerçants par la riposte aux dépassements des gendarmes en renouant avec les émeutes», pouvait-on lire. A la fin de sa missive, le comité des citoyens déplore «la manière dont répondent les pouvoirs publics aux revendications légitimes». «Au lieu d’exploiter les voies du dialogue et de l’apaisement, les forces de la répression n’ont pas trouvé mieux que de répondre par des expéditions punitives, des arrestations arbitraires, des obscénités en face des habitations privées, des vols, pillages et saccage des locaux commerciaux privés.» Ces «dérapages graves d’un pouvoir têtu» à l’endroit de «revendications légitimes de la Kabylie ne peuvent, en aucun cas, régler et faire taire les populations kabyles qui restent mobilisées pour faire valoir leurs droits retenus dans la plate-forme de revendications de la coordination interwilayas». Par ailleurs, la coordination des comités de citoyens de la wilaya de Bouira s’est rendue dans la matinée d’hier au siège de la wilaya pour demander à son premier responsable la «libération, sans conditions de tous les détenus et dénoncer la violation des domiciles et communes par la gendarmerie». Un responsable de la coordination nous déclare que le wali n’a avancé aucune mesure concrète pour la libération des détenus, les procédures judiciaires étant enclenchées. «Il revient à la justice de trancher dans leurs cas», leur a-t-il dit.

Le député Merzouk El Hacen du RCD nous a confirmé, de son côté, que 15 manifestants se trouvent en détention.

Un collectif d’avocats sera constitué par le même député, apprend-on, et les négociations avec les autorités se poursuivront jusqu’à leur libération totale. Par contre, ceux qui ont été tabassés ainsi que les mineurs ont tous été libérés après plusieurs heures, voire des nuits entières de détention. M. O.

 

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