Relizane: Les détenus du pénitencier de Belhacel protestent

Relizane

Les détenus du pénitencier de Belhacel protestent

Benelhadj-Djelloul B., Le Quotidien d’Oran, 11 mai 2002

Le pénitencier de Belhacel n’a pas échappé au mouvement de rébellion qui a secoué plusieurs prisons du pays. Mais la protestation n’a pas dépassé, outre mesure, le cadre des revendications, et le climat, quelque peu tendu, n’a pas dégénéré en actes de sabotage ou en une insurrection généralisée.

Le fait est que le mouvement de protestation, dont les échos ont retenti aux quatre coins de la ville de Relizane et de Belhacel (12 km au nord), s’est organisé, jeudi, dès 8h30′ du matin, lorsque les détenus de deux salles se sont rebiffés

et ont refusé de rejoindre la cour. Les uns auraient, selon des sources crédibles, refusé, la veille, leur dîner menaçant d’une grève de la faim. L’arrivée in extremis des responsables de la justice et notamment celle du procureur général, M. Mokdahi, et les pourparlers qu’il a lui-même menés avec les détenus mécontents, ont réussi à calmer les esprits.

Les délégués des détenus ont formulé une plate-forme de revendications, au procureur général, axées autour du rapprochement des incarcérés dans des établissements pénitentiaires de leurs lieux de résidence et donc de leurs familles, de la révision des lois amnistiantes, etc.

Les détenus n’ont, cependant, pas critiqué leurs conditions de séjour, jugées bonnes et sans doute liées au fait que l’établissement de Belhacel soit nouveau, étant inauguré voilà moins de 5 ans, relevant, toutefois, une légère surcharge des salles, acceptable à la limite, ont-ils expliqué au procureur général. Ce dernier, qui a profité de la présence des représentants de la presse, a tenu à rassurer les familles lointaines de détenus étrangers à la wilaya, particulièrement inquiètes sur le sort de leurs proches. La présence préventive permanente de la gendarmerie nationale et de la protection civile n’est en rien un signal d’un climat vicié à l’intérieur des geôles, selon les responsables judiciaires, qui affirment maîtriser la situation.