Procès K. Nezzar / H. Souaidia : Presse algérienne du 4 juillet 2002

 

PROCES NEZZAR-SOUAÏDiA

Au prétoire, les cris des victimes du terrorisme

El Watan, 4 juillet 2002

Au troisième jour du procès en diffamation intenté par le général à la retraite Khaled Nezzar à l’ex-sous officier Habib Souaïdia, l’ex-capitaine Mohamed Samraoui, témoin de la partie civile, est appelé à la barre. Il se présente comme ayant été l’adjoint du responsable du contre-espionnage au service de recherche. « Notre objectif était d’empêcher le FIS de prendre le pouvoir par tous les moyens, d’infiltrer les groupes extrémistes. »
« Il fallait faire imploser le FIS de l’intérieur. » « On avait attiré l’attention du commandement pour reporter les élections. On savait que le FIS allait vaincre. » « Ils (les responsables) pensaient arriver à diviser le FIS qui sortirait affaibli des élections. 17 éléments salafistes du FIS étaient proches du pouvoir. » Il affirme que les GIA sont une création des services. « J’ai vu Chabouti circuler à bord d’un véhicule appartenant à nos services. » Le témoin nie être le fondateur du MAOL (comme on l’affirme à Alger), mais qu’il a pris contact avec ce groupe en mars 2000, lui proposant une contribution à la rédaction de textes. Il est envoyé en Allemagne comme diplomate, de septembre 1992 au 26 janvier 1996, date de son rappel. « Ils nous demandaient d’un côté de lutter contre les intégristes et de l’autre côté ils les relâchaient. » Le général Nezzar intervient : « Je suis d’accord avec la première partie de l’analyse du capitaine Samraoui, dans tous les pays du monde, les services de renseignement jouent ce rôle (l’infiltration de groupes subversifs, ndlr). « Les contacts avec le FIS ont relevé d’une décision au plus haut niveau. L’AIS avait déposé les armes. Le président Bouteflika a donné une couverture politqiue, que n’avait pas donnée le président Zeroual, c’est pourquoi les islamistes armés sont descendus des maquis. » « Dire que le GIA est la création du pouvoir, c’est faux. » Samraoui : « J’ai personnellement entamé un travail d’approche avec le FIS pour atténuer la violence. » Interrogé sur le MAOL, le général Nezzar répond : « On parle des officiers du MAOL comme s’il existait des centaines, or, il y a 4 ou 5 officiers. Derrière le MAOL, il y a des politiques et des Européens convertis comme M. Patterson. » « Quelle explication vous donnez au témoignage précis de Samraoui », demande un des avocats de la défense au général Nezzar. Celui-ci répond : « Précis, c’est votre opinion ; j’ai une autre lecture. Je suis d’accord avec Samraoui sur la première partie, mais il a quitté l’Algérie en 1992, il y a eu des développements, je ne crois pas qu’il les ait tous intégrés. »

Fuites organisées

« Le général Betchine était venu me voir pour me dire qu’il déposait sa démission parce qu’à chaque fois qu’il prenait une décision sur le FIS, Hidouci et Hamrouche le savaient le lendemain. Il y avait un double jeu à l’époque. » Samraoui : « C’est vrai que c’était du temps de Hamrouche. » Dans ce procès d’une semaine, il sera beaucoup question de l’arrêt du processus électoral, de la démission du président Chadli. Des victimes du terrorisme ou des parents de victimes ont présenté leurs témoignages à la barre. Des moments de forte émotion, les avocats et le tribunal ont écouté sans poser de questions, les deux sœurs Atika et Saâdia Hadjrassi, enlevées pendant 9 mois et violées par un groupe terroriste, après l’enlèvement et l’assassinat de leur père membre des GLD, Mme Zamim Safia dont le mari a été assassiné, Mme Chaouch Hadda de Sidi Moussa qui a perdu ses trois garçons et son beau-fils, Mohamed Daho, le père de l’adolescent de Lakhdaria. Un témoin de Bentalha est revenu sur le massacre de 1997. Tous ces témoins ont dit qu’ils connaissaient les terroristes : « Ce sont des enfants de notre quartier », a répété à plusieurs reprises Mme Chaouch, avant de s’effondrer en larmes. L’histoire de l’hélicoptère qui survolait Bentalha est revenue devant le prétoire. Souaïdia explique que les hélicoptères Ecureuil sont accompagnés d’hélicoptères armés russes. « J’étais en prison quand le massacre de Bentalha s’est produit, mais j’en ai pris connaissance par des militaires de la région, emprisonnés avec moi à Blida… On lisait la presse », répond-il à une question de l’avocat de la partie civile qui lui demandait où il se trouvait au moment du massacre en question. « Ces hélicoptères sortent avec 2 ou 3 hélicoptères russes. Leur mission est de filmer et les images sont retransmises à Beni Messous et Aïn Naâdja. » « On a dit beaucoup de choses sur les Français qui ont aidé les Algériens. Je m’inscris en faux. On était sous embargo », précise le général Nezzar. L’écrivain Rachid Boudjedra, témoin de la partie civile, dira : « Le 2 janvier 1992, je suis descendu dans la rue demander l’arrêt du processus électoral en tant que républicain et laïc. » « Si c’est un crime, c’est la société civile qu’il faut juger. » L’un des avocats de la défense, Me Bourdon, lui demande : « Comment un esprit subversif témoigne-t-il pour un général ? » Rachid Boudjedra répond : « Si je suis vivant, c’est grâce aux services de sécurité ». Le second avocat de la défense, Antoine Comte, reprend : « Vous avez été conseiller du ministre de la Communication et de la Culture ? » « Oui, j’ai été pendant trois mois conseiller de Rédha Malek. » L’avocat : « Proust (Boudjedra avait dit qu’il en était le continuateur ainsi que de Flaubert) n’a pas été conseiller de ministre. » Boudjedra : « Mais Proust a fait mieux, il était l’ami du préfet de police de Paris. »

Par Nadjia Bouzeghrane

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3ème journée du procès Nezzar-Souaïdia

Poursuite de l’audition des deux parties

Le tribunal a vécu un temps fort avec l’un des témoins du jour cité par la défense, M. Samraoui, un ancien haut gradé de l’ANP

Par Merzak Meneceur, La Tribune, Jeudi 4 juillet 2002

« Ce n’est pas le général Nezzar qui doit être mis en cause mais la société civile qui est descendue dans la rue le 2 janvier 1992 pour demander l’arrêt du processus électoral. C’est nous qui devons être accusés […] J’ai souhaité, j’ai voulu que l’armée algérienne intervienne pour éviter à l’Algérie 30 ans de khomeïnisme et 5 ans de talibanisme […] Je suis étonné de voir des gens témoigner pour Souaïdia. » Droit devant la barre, d’un ton décidé, Rachid Boudjedra a tenu son soutien au général en retraite au cours de la seconde audience de la troisième journée du procès Nezzar-Souaïdia.L’écrivain algérien, qui a rappelé qu’il a été plusieurs fois condamné à mort par les intégristes, a tenu à préciser qu’il n’avait pas d’atomes crochus avec le pouvoir et qu’il ne connaissait presque par le général Nezzar qu’il a rencontré deux fois dans sa vie. Celui qui s’est présenté comme l’écrivain de « Sensibilité et d’émotion […] continuateur de Proust et de Flaubert » a souligné qu’il était au procès pour « défendre l’honneur de l’armée » et par respect à la mémoire de ses amis assassinés en citant Abdelkader Alloula, Tahar Djaout, Asselah, Boucebci, notamment. Il ne se laisse pas démonter par les avocats de la défense sur sa filiation revendiquée avec Flaubert et Proust. Me Compte : « Dans votre parcours, vous n’avez pas été conseiller d’un ministre de l’Information ? » Boudjedra : « Oui trois mois. Conseiller de M. Redha Malek. Je suis fier d’avoir travaillé avec lui. » Me Compte : « Ce ne sont pas Proust ou Flaubert qui ont eu de telles relations. » Boudjedra : « Mais vous ne connaissez rien de Proust. Il a été l’ami du préfet de police de Paris ! » Avant Boudjedra, le tribunal a déjà vécu un temps fort avec l’un des témoins du jour cité par la défense, M. Samraoui, un ancien haut gradé de l’ANP puis diplomate en Allemagne, où il est réfugié politique depuis 1995. La thèse de Samraoui est limpide : il dit avoir servi loyalement l’armée, qu’il était favorable à l’arrêt du processus électoral et qu’il a participé activement à la lutte contre les terroristes. Mais selon sa déposition, il est entré en contradiction avec la hiérarchie parce qu' »on ne lutte pas contre le terrorisme en utilisant les moyens des terroristes ». « Voilà la raison de mon départ », a-t-il précisé en avançant des faits comme « lorsque le général Smaïn Lamari est venu en Allemagne lui « ordonner » d’assassiner deux personnalités politiques ». Il cite Rabah Kebir et Abdelkader Sahraoui (un homonyme de celui assassiné à Paris) et assure avoir « refusé de servir de bouc émissaire ». Il croit que « le GIA est une création des services de sécurité » ; dénonce les infiltrations des milieux intégristes par les mêmes services et assure « n’avoir pas compris pourquoi il y avait, d’un côté, la lutte contre les intégristes et, de l’autre, un dialogue avec les mêmes intégristes ». Enfin, il a tenu à dire avec force ne pas avoir été fondateur du MAOL ni appartenir à ces officiers qui se disent libres. Il ajoute cependant avoir donné au MAOL une photo récente du général S. Lamari et participé à la rédaction d’un texte.Khaled Nezzar se devait forcément d’intervenir après une telle déposition. Le général major déclare, avec un ton plutôt conciliant, son accord avec la première analyse de Samraoui, surtout lorsque ce dernier disait que « les services secrets algériens étaient les premiers à avoir pris conscience du danger islamiste ». Sur les contacts avec le FIS dissous, qui étaient incompréhensibles pour le témoin, Nezzar précise que « la décision des contacts a été prise au plus haut niveau de l’Etat ». Il cite comme résultat l’accord avec l’ex-AIS qui a vu plusieurs milliers de terroristes déposer les armes. Samraoui est d’accord avec lui pour reconnaître que les contacts avec l’ex-FIS et cités dans sa déposition se sont déroulés à l’époque du gouvernement dirigé par Mouloud Hamrouche. Nezzar déclare alors : « Au temps du gouvernement Hamrouche, ils voulaient s’allier avec le FIS. Le président de l’époque [Chadli] était d’accord et Betchine, qui était à la Présidence, est venu me voir pour, devant cette situation, démissionner. »Cette troisième journée du procès parisien a connu d’autres interventions de témoins comme celle de José Garçon, journaliste au quotidien français Libération. Une intervention sans surprise, inscrite dans le droit fil de la ligne de ses articles : refus de l’arrêt du processus électoral, partisane du contrat de Rome et limitation pratiquement des noms des démocrates algériens à Hocine Aït Ahmed et Abdelhamid Mehri. Ce fut également une journée marquée par le témoignage du père du jeune de 15 ans qui, selon M. Souaïdia, a été brûlé vif par l’armée à Lakhdaria. Petit de taille, légèrement voûté, ce père a déclaré sous serment que son fils n’a jamais été victime de l’ANP. Il a été arrêté puis assassiné par des intégristes identifiés. Douloureux fut aussi le moment des témoignages de ces deux Algériennes arrêtées et violées par des intégristes ou de cette mère, Mme Hada Chaouche, 53 ans, qui a raconté son drame : l’assassinat de ses trois fils, en 1994, 1995 et 1996, et de son beau-fils en 1994.La deuxième séance de la journée s’est terminée bien tard avec deux des témoins de Souaïdia : Ghazi Hidouci, ancien ministre, et Omar Bendera, ancien PDG du CPA. Les travaux d’aujourd’hui permettront d’écouter les derniers témoins des deux parties.
M. M

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Retour à 62

Quarante ans. Quarante ans, depuis l’Indépendance violée, que l’Armée joue au chat et à la souris avec les pyromanes, s’amusant à laisser aux gouvernants la prérogative de faire entrer le loup pour ensuite assumer la mission de l’en faire sortir. Quand Mohamed Lamari, à Cherchell, s’offusque que la télévision et l’école ne collaborent pas à la lutte anti-intégriste, il fait preuve d’une grande naïveté : l’école et la télévision sont entre les mains des intégristes depuis 1962, depuis que le régime a fait appel aux Frères musulmans d’Egypte. Il faut se réveiller, mon général.

Par Mohamed Benchicou, Le Matin, 4 juillet 2002

Mohamed Harbi, venu témoigner en faveur de Habib Souaïdia à Paris, a épaté l’assistance et le juge en préférant aux clichés faciles la rétrospective sur le processus de militarisation du pouvoir algérien qui remonte, dit-il, à l’assassinat de Abane Ramdane :  » C’est ainsi que depuis 1962, en Algérie, nous avons une armée ayant un Etat à son service et non un Etat ayant une armée à son service.  » L’indépendance algérienne dont on célèbre demain le quarantième anniversaire a, il est vrai, commencé avec un putsch de l’Etat-Major après le Congrès de Tripoli avorté (lire nos articles du dossier) et tout a suivi par la suite. La thèse n’est pas nouvelle et l’historien Harbi, tout comme le défunt Ferhat Abbas dans L’Indépendance confisquée, a eu à la développer avec brio et, disons-le, une pointe d’amertume. Il n’est pas certain, cependant, qu’elle reste toujours valable pour condamner l’interruption des législatives de 1992 comme s’est empressé de le faire Mohamed Harbi au procès de Souaïdia. L’historien, en ressortant la sempiternelle idée selon laquelle  » le pays avait suffisamment de ressources pour empêcher un Etat islamique « , fait preuve d’une obstination maladroite qui le conduit à éluder la complexité du problème algérien : faut-il aujourd’hui, pour réparer une grave perversion historique, arracher le pays aux Charybde-généraux pour l’abandonner aux Scylla-intégristes ? Le passage d’un régime militaire à un Etat démocratique en Algérie demande plus de sérénité et de lucidité précisément parce que l’armée, en s’emparant de force du pouvoir en 1962, a privé le pays des ressorts démocratiques qui pourraient assurer cette transition et, pire, a permis au monstre intégriste de se développer dans le pays. Le ftus islamiste est né dans le ventre du régime militaire, profitant de l’étouffement des libertés démocratiques, du despotisme du parti unique et du repli sur un nationalisme étroit. Quand Mohamed Lamari, à Cherchell, s’offusque que la télévision et l’école ne collaborent pas à la lutte anti-intégriste, il fait preuve d’une grande naïveté : l’école et la télévision sont entre les mains des intégristes depuis 1962. C’est le pouvoir militaire qui a livré, à l’indépendance, l’Ecole algérienne aux Frères musulmans égyptiens qui, par la suite, en ont profité pour prendre contact avec toutes les forces conservatrices de la région et essaimer le fascisme. Car ce mouvement islamiste égyptien qu’on a laissé s’étendre en Algérie était lié à Hitler. Ce sont les Frères musulmans, initiant le régicide et le terrorisme, qui ont assassiné le Premier ministre du roi Farouk, Mohamed Maher, parce qu’il a déclaré la guerre à l’Allemagne, et cela qui l’ignorait en 1962 ? Alors, depuis 1962, l’armée joue au chat et à la souris avec les pyromanes, s’amusant a éteindre les feux qu’elle n’a pas su prévenir, laissant aux gouvernants la prérogative de faire entrer le loup pour ensuite assumer la mission de l’en faire sortir. Depuis quarante ans l’Algérie vit au rythme de cette plaisanterie qui ne veut pas se terminer, et il est sans doute temps de revenir à 1962 pour en finir. Revenir à 1962 pour en diagnostiquer les vices mortels qui ont accompagné la liberté, revenir à 1962 pour comprendre pourquoi l’islamisme a hypothéqué notre avenir. Libérer enfin l’Algérie de l’intégrisme où qu’il soit, dans la politique, à la télévision, à la Présidence de la République ou à l’école. Arrêter l’hypocrite compagnonnage entre une armée républicaine et les enfants de Hassan El Bana. Revenir à 1962 pour ne plus s’étonner de rien, mon général, pour offrir à l’Algérie, enfin, une vraie indépendance.
M. B
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Témoignage des familles victimes du terrorisme dans le procès Nezzar-Souaïdia

 » L’armée n’a rien à voir avec les massacres « 

Deux tons distincts ont marqué hier la troisième journée du procès. Les familles victimes du terrorisme ont témoigné contre les accusations de Souaïdia et les allégations de Yous Nasrallah, tandis que Mohammed Semraoui, ex-colonel de la DRS, a accusé l’ANP et les services secrets algériens de comploter dans les rangs du GIA.

De notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, Le Matin, 4 juillet 2002

Hier, l’audience a été consacrée aux témoignages des familles victimes du terrorisme des régions de Lakhdaria et de Bentalha, dont le massacre perpétré en 1997 est attribué par Yous Nasrallah dans Qui a tué à Bentalha ? et par Souaïdia dans La Sale Guerre à l’armée algérienne. Yous Nasrallah présent au procès a défendu la thèse de son témoignage ainsi que Souaïdia. Parmi les familles ayant raconté leur drame, c’est d’abord ce père venu de Lakhdaria, dont le fils, âgé de 15 ans, a été égorgé puis  » brûlé  » cité par Souaïdia dans son livre. Une précision que démentira le témoin. A une question du président de la cour de savoir s’il était prêt à pardonner, le père de la victime répondra sans hésitation :
 » Que voulez-vous que je fasse puisque le Président de la République (les terroristes) leur a pardonné.  » Les autres témoins du drame, venus de Bentalha, témoigneront sur la présence de l’armée durant le massacre de septembre 1997. Elles ont pour l’essentiel démenti la thèse de Souaïdia et les allégations de Yous Nasrallah. Le débat a porté cependant sur le retard mis dans l’intervention des forces de l’ANP dont la caserne se trouve à quelques mètres du lieu du massacre. Ces familles, il faut le rappeler, à l’initiative du RAFD et de l’association Algérie Solidarité ont organisé dès la parution de Qui a tué à Bentelha ? un meeting et une conférence de presse à Paris l’année dernière pour dénoncer la manuvre de Yous. L’intervention d’une mère qui a raconté à la barre comment ses deux enfants ont été égorgés a fortement ému la salle. L’écrivain Rachid Boudjedra qui a fait pouffer de rire la salle en se disant être  » le continuateur de Proust et de Flaubert « , et dont l’intervention n’a duré que quelques minutes, se contentera de marteler :  » Nous n’avons pas voulu d’une dictature militaire et nous ne l’aurons jamais. « 
Un tout autre ton, celui du Qui tue qui ? est amorcé avec successivement Mme José Garçon, journaliste à Libération, qui reprenant les propos de Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, tonne :  » Le statu quo n’est pas tenable.  » Elle a ces propos qui contentent Souaïdia, souriant :  » Les revendications du GIA me font sourire. 70 % des massacres du GIA sont partis des services secrets algériens. Abonde dans le même sens Mohamed Samraoui, 52 ans, ex-colonel au sein du Département des renseignements et de sécurité (DRS), aujourd’hui réfugié en Europe, qui a témoigné des  » infiltrations  » des militaires dans les groupes islamiques, à partir de 1991. Il a expliqué que le but de celles-ci étaient de  » casser le Front islamique armé (FIS) en leur attribuant des actions « . Il a également raconté que les militaires ont commencé à l’époque à  » arrêter à tort et à travers des gens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les islamistes, rien à voir avec les actions violentes « . Et de finir par porter de graves accusations contre le général major et chef de corps d’armée, Mohamed Lamari :  » L’ordre des exécutions venait du général Lamari. L’ouvrage de Habib Souaïdia dit la vérité.  » Face à ce témoignage, le général Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense, qui est à l’origine de ce procès a répondu :  » Les infiltrations, c’est un travail de tous les services !  » D’autres interventions de Ghazi Hidouci, ancien ministre des Finances, et d’un directeur de banque ont axé leurs propos sur la corruption qui ronge le pays. Aujourd’hui sera entendue Mme Leïla Aslaoui, magistrat et ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, témoin à décharge de Khaled Nezzar dont les interventions, aujourd’hui, paraissaient  » décousues  » au point où le président de la cour l’avait arrêté avec l’air de lui signifier qu’il  » fabulait « .
Durant tout le procès, la salle n’a pas désempli. Les réactions du public, des émigrés vivant en France passent du soutien à Souaïdia à la condamnation de tout le procès ainsi que l’exprime une Algérienne, présidente d’une association :  » L’Algérie n’est pas à vendre. « 
N. B

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POURSUITE DU PROCES NEZZAR-SOUAìDIA

L’arrêt du processus électoral en débat à Paris

Le Soir d’Algerie, 4 juillet 2002

Les témoins se sont succédé à la barre de la 17e chambre de la correctionnelle du tribunal de Paris, hier, lors de la troisième journée du procès opposant Khaled Nezzar à Habib Souaïdia. Comme lors de la journée précédente, la question de l’arrêt du processus électoral a été au centre des débats. C’est ce que voulaient visiblement les avocats de Souaïdia, qui ont appelé des observateurs politiques avertis à témoigner.Hakim Soltani – Paris (Le Soir) -Aujourd’hui, c’était le tour de José Garçon du journal Libération, de Samraoui, ex-officier de la DRS et actuellement proche du MAOL, et de Nicole Chevillard, rédactrice en chef du magazine économique Nord-Sud Export du groupe Le Monde. Du côté de la partie civile, les avocats ont opté pour des témoignages de victimes du terrorisme. La journée a commencé par le témoignage de Hamid Dahou qui est venu raconter comment il a échappé miraculeusement à la mort. Il est suivi des propos de Hamid Bouamra qui a également expliqué que le massacre de Bentalha était l’œuvre des islamistes et non celle de l’armée algérienne. La défense a, alors, proposé d’entendre Yous, l’auteur du fameux livre Qui tue qui ? Etant donné que son témoignage n’était pas prévu, le juge a exigé des réponses précises. Mais, Yous part dans une analyse politique après avoir demandé l’envoi d’une commission d’enquête internationale en Algérie. Le juge intervient pour l’arrêter et donner la parole de nouveau à Hamid Bouamra qui a rétorqué à Yous : « Ce sont les islamistes qui sont responsables de la tuerie de Bentalha. » A une question sur une éventuelle manipulation de la part du journaliste d’ El Moudjahid, Mouloud Ben Mohamed, qui a réalisé un reportage sur Bentalha et qui est, lui aussi, témoin dans ce procès, le témoin dira : « Nous sommes comportés avec lui normalement et au même titre que le reste des journalistes algériens et étrangers. » Khaled Nezzar prend le relais pour expliquer les incohérences du discours de Yous. Il citera l’exemple de Djamel Mekhaldi, cité parmi les civils tués par l’armée, alors qu’il s’agit d’un militaire tué par les islamistes. Safia, de Blida, prend alors la parole pour raconter le calvaire qu’elle a vécu : son mari a été enlevé avant qu’on lui ramène sa tête dans un sac et qu’on lui indique où elle peut récupérer son corps. Les détails qu’elle donne jettent le silence dans la salle. Elle expliquera au juge qu’elle connaît les islamistes qui ont tué son mari et en donnera même les noms. A ce témoignage succéderont à la barre les sœurs Atika et Saâdia Hadjrassi qui raconteront, dans le détail, comment elles ont vécu leur enlèvement par des membres du GIA à Lakhdaria. Elles ont été victimes de viols, de coups et d’insultes pendant neuf mois avant d’échapper à leurs ravisseurs. Saâdia éclate en sanglots quand elle raconte comment son père a été égorgé. Le juge remercie les deux filles pour leur courage de venir à Paris pour témoigner. José Garçon a alors pris la parole pour faire une longue analyse sur le pouvoir algérien. Présentée par les avocats comme étant une « référence incontournable du dossier algérien », elle raconte qu’elle a eu une « découverte brutale du pouvoir algérien » en octobre 1988. Pour elle, c’est sûr, la nature du pouvoir en Algérie est avant tout « violente et sauvage ». Elle expliquera longuement que l’arrêt du processus électoral est à l’origine de la violence en Algérie. Elle a même suggéré la solution turque en matière de gestion de l’islamisme, c’est-à-dire « laisser le FIS gouverner et intervenir après s’il le faut ». S’appuyant sur des propos des ex-Premiers ministres français Jospin et Juppé, elle jette le doute sur la responsabilité du GIA dans les attentats qui ont visé la capitale française en 1995. « Et la revendication du GIA ? »,dira le juge. José Garçon dira : « Cela me fait sourire. » Elle terminera par prendre la défense du MAOL. Et justement, à propos du MAOL, vient le tour de Samraoui, ex-responsable de la division Recherches des services de renseignements algériens entre 1990 et 1992 et dont le témoignage a suscité la curiosité de l’assistance. Il explique, d’emblée, qu’il n’est pas membre du MAOL mais juste un collaborateur actuellement. Il s’attardera longuement sur son rôle dans l’infiltration du FIS. Nous avons réussi à avoir « nos représentants » à la direction du FIS, a-t-il souligné. En réponse aux questions des avocats de la défense, Samraoui a exliqué que le GIA est un allié du pouvoir. Et c’est même le pouvoir qui a créé le GIA ! Il dira qu’il y a bien eu de la torture par les services de sécurité qui ont arrêté souvent des innocents et non des éléments dangereux dont nous avons établi, au préalable, une liste de 1100 personnes. Samraoui revient aussi sur les différentes étapes de négociations menées par le pouvoir avec le FIS, pour conclure qu’il y avait une solution politique au lieu de l’annulation du processus électoral ! A noter, enfin, la bonne intervention de Rachid Boudjedra qui expliquera pourquoi il est venu témoigner à ce procès : « Je suis fier de l’armée algérienne pour avoir empêché les sanguinaires du FIS de prendre le pouvoir. » Dans la soirée, le procès s’est poursuivi avec l’audition de Hidouci, ancien ministre et conseiller de Chadli Bendjedid. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition. H. S

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Troisième journée du procès Nezzar-Souaïdia

Samraoui témoigne

Liberté, 4 juillet 2002

Premier grand témoignage d’un haut responsable des services de renseignement algériens, hier, au tribunal de Paris.
Mohamed Samraoui, 52 ans, ex-colonel du DRS, aujourd’hui, réfugié en Europe, raconte « les infiltrations » des militaires dans les groupes armés.
Face aux questions, Samraoui explique que l’objectif des infiltrations étaient « de corser le FIS en lui attribuant des actions ». Il affirme que « les militaires ont commencé à l’époque à arrêter à tort et à travers des gens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les islamistes rien à voir avec les actions violentes ».
Certaines personnes arrêtées par les forces de l’ordre « subissaient des tortures », ajoute-t-il.
« Les infiltrations, c’est un travail de tous les services », répond le général Khaled Nezzar, en admettant que « des contacts avaient eu lieu à l’époque au plus haut niveau entre des responsables du pouvoir et ceux du FIS ». Le procès se poursuit aujourd’hui.
RN/ AFP

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MOHAMED SAMRAOUI:

« LA SOLUTION? LE DÉPART DE CERTAINS GÉNÉRAUX »

Paris 5 Juillet 2002 – L’ex-colonel des services de renseignement était à Paris pour témoigner au procès qui a opposé le général Khaled Nezzar à l’auteur de « La sale guerre », Habib Souidia. Interview.

Algeria Interface

Pourquoi avoir accepté de témoigner au procès de « La sale guerre », à Paris?

Si je suis là, ce n’est pas pour accabler le général Nezzar, mais pour défendre l’honneur de l’armée. J’estime que certains généraux se cachent derrière l’armée, et M. Nezzar croit pouvoir dédouaner des sphères de l’ANP des crimes qu’ils ont commis et qu’ils commettent encore. Le livre de Souaidia, d’une manière générale, retrace son passage dans des unités qui étaient chargées de la lutte antiterroriste. Connaissant le système, j’estime que Souaidia n’a pas menti, même si son livre pêche par omission, par manque de rigueur… Sur le fond c’est un témoignage assez courageux et assez crédible, et ce n’est pas pour dénigrer ou pour accabler qui que ce soit, c’est mon point de vue…

Ce livre, celui de Aboud Hichem, vos déclarations et celles des dissidents du Maol (Mouvement algérien des officiers libres) accusent principalement le DRS (services spéciaux) dont vous avez fait partie…

Une remarque d’abord : j’ai été mandaté pour parler du Maol lors de ce procès, mais je tiens à préciser que je n’en suis pas membre. Je ne partage pas leur point de vue, notamment le fait de publier certains noms ou des organigrammes: je trouve cela inacceptable. Mais je partage leur combat, comme je partage celui de toute organisation, parti ou mouvement qui lutte pour l’édification d’un Etat de droit. Il ne faut pas considérer que l’armée dans sa globalité est derrière les assassinats, mais uniquement certaines sphères de l’armée, et je précise: certaines unités du DRS, de la gendarmerie, et des forces spéciales.

Pourquoi avez-vous quitté les services de renseignement et demandé l’asile politique en Allemagne, en 1996?

Il y a de nombreuses raisons, et je ne peux pas toutes les donner. Dès 1992, je sentais que je gênais, j’étais contre les arrestations massives, à tort et à travers. Je suis un légaliste: je désapprouvais certaines méthodes. En 1990, j’ai refusé de participer à un coup monté contre l’ancien président Ahmed Benbella, une affaire qui devait déstabiliser le gouvernement Hamrouche. En 1996 je me suis opposé à l’assassinat de dirigeants du FIS en Allemagne: Rabah Kébir et Abdelkader Sahraoui, l’un des fondateurs de ce parti, un ancien de la fédération de France du FLN, proche du MDA. Nous étions en contact avec eux pour les accords avec l’AIS. J’ai empêché que Sahraoui, qui connaissait des personnalités influentes comme Jimmy Carter, ou Kadhafi, ne soit liquidé. J’ai mis en garde le général Smain Lamari (patron du contre-espionnage) qui était mon supérieur, sur le danger d’une telle opération. J’ai été mis à l’écart. J’ai conservé toutes les preuves.

Que pensez-vous de la présence d’anciens responsables comme Sid-Ahmed Ghozali, Ali Haroun, Kamel Rezzag-Bara, ou Leila Aslaoui, aux côtés de M. Nezzar, à Paris?

Ce sont des gens que j’ai toujours respectés, mais je leur dis: ce pouvoir à besoin d’une façade civile. Je respecte leur combat, mais ils ont leur part de responsabilité. Aujourd’hui, il faut qu’ils se mobilisent derrière Nezzar, ce n’est pas leur faute… Quant à M. Nezzar, je ne pense pas que l’accusation soit dirigée contre lui, j’ai l’impression qu’il est poussé à se sacrifier, et c’est pour le moment la personne la plus désignée pour le faire, compte tenu de son âge et de ses responsabilités passées. Mais je ne veux pas spéculer….

Vous avez affirmé que les services secrets auraient  » fabriqué  » des groupes du GIA? Cette thèse ne risque-t-elle pas de dédouaner les islamistes de leurs crimes?

Je veux rétablir la vérité: les groupes islamistes existaient auparavant (avant 1992, ndlr). C’est une certitude, et les islamistes eux-mêmes ne le nient pas. Mais certains groupes islamistes ont été infiltrés, d’autres manipulés, et certains ont été créés. Et à un moment, les responsables de cette manipulation n’ont plus maîtrisé la situation: on ne savait plus si un groupe armé appartenait à un officier ou à un autre, ce qui a créé une confusion. Par la suite, il y a également eu l’introduction de milices, ce qui a aggravé la situation, parce qu’il y a eu des règlements de comptes… C’était une véritable pagaille, et le fait incombe au DRS, qui n’a pas été en mesure de contrôler ce qu’il a créé. En 1992, on a ramassé des innocents, on a radicalisé le mouvement islamiste, pour faire du FIS un épouvantail. Je parle en connaissance de cause, et je ne vous dirais pas tout ce que je sais, pour éviter que des preuves soient effacées.

Vous situez ces manipulations au début des années 90…

Les islamistes du MIA (Mouvement islamique armé, créé dans les années 80) ont été approchés en 1989, alors qu’ils étaient en prison. On a négocié leur libération, et c’est à ce moment-là par exemple qu’on a recruté Ahmed Merrah (ancien chef islamiste, qui a notamment fait partie d’une commission d’enquête sur la Kabylie et participé à une campagne contre des généraux proches de Liamine Zeroual, ndlr). On voulait contrôler leurs activités, et il y avait des contacts avec le MIA de Abdelkader Chebouti, peut-être avec son accord, ou à son insu. On connaissait ses contacts, ses itinéraires. On a même créé des « émirs », comme le lieutenant Bouamra (ancien militaire devenu chef islamiste, qui a témoigné contre des dirigeants du FIS en 1993, ndlr). Il a été envoyé au Pakistan: c’était un officier des services, il a par la suite été éliminé. Avec ces infiltrations, on a voulu radicaliser le mouvement…

Quel est votre sentiment concernant les massacres de 1997 et 1998?

S’ils n’ont pas été commis par certaines sphères du pouvoir, c’est donc qu’il y a eu carence: dans un cas comme dans l’autre, la responsabilité du pouvoir ou des décideurs est entière. Pour le massacre de Bentalha, je dis qu’il y a une complicité active de certaines sphères de l’ANP: il y avait des hélicoptères équipés de matériel de vision nocturne, ils survolaient Bentalha la nuit du drame, on pouvait donc voir ce qui se passait. S’il n’y a pas eu de complicités, si cela n’a pas été orchestré, c’est qu’on a laissé faire…

Quel était votre rôle au sein des services secrets à Bonn, avant votre défection?

Ce n’est un secret pour personne, tous les postes à l’étranger avaient pour mission de lutter contre les groupes terroristes, et contre les islamistes d’une manière générale. Nous l’avons fait en connaissance de cause: il fallait à tout prix empêcher l’instauration d’une république à la talibane. J’ai combattu l’intégrisme, les groupes armés, les réseaux terroristes, les réseaux d’armement, mais pas le FIS en tant que parti politique. Je respecte la constitution, même si je considère que le FIS était un parti anticonstitutionnel. La faute incombe au gouvernement qui l’a autorisé

Vous tenez les mêmes propos que M. Nezzar…

Oui, nous pensions à un sursaut pour sauver l’Algérie, mais aujourd’hui je l’avoue, nous nous sommes trompés. Dix ans plus tard, ou en sommes nous: 200 000 morts, un tissu économique délabré, une transposition des richesses du monopole public vers le monopole privé, l’appauvrissement d’une large couche de la population…

Vous avez lutté contre les réseaux islamistes, vous connaissiez l’existence de la torture, des exécutions sommaires?

Je vais vous répondre brièvement: ce sont des pratiques courantes, que nul ne peut nier, les exécutions sommaires existaient, la torture a été instaurée en système, mais je n’ai participé ni de près ni de loin à ces pratiques, pour la bonne raison que je n’ai pas été mêlé directement à des opérations. Le général Nezzar dit qu’il y avait des « dépassements » Moi je dis que ces dépassements ne sont pas à tolérer et qu’ils doivent être punis et sanctionnés. Mais on ne sanctionne que les lampistes, jamais un officier.

Vous n’avez pas été attaqué, comme l’ont été les autres dissidents, après vos révélations sur la chaîne de télévision El Jazeera. Est-ce en raison des preuves que vous affirmez détenir?

C’est votre interprétation… Lorsqu’une commission « vérité et réconciliation », sera créée, alors on apportera les preuves nécessaires. Je ne cherche pas à amener ces gens à la potence: l’esprit de revanche ne mène à rien. L’important c’est qu’ils reconnaissent qu’ils ont fait du tort, et j’ai malheureusement l’impression qu’ils ne s’en rendent pas compte. Le peuple en a marre, et la solution passe par le départ de certains généraux, tout le monde en convient, et par une réconciliation entre les algériens. Une institution de l’Etat n’a pas à utiliser des méthodes terroristes, sinon, c’est la loi de la jungle.

On parle du DRS comme d’un service redoutable, que tout le monde craint, mais vous semblez serein…

Je ne sais pas si vous comprendrez le sens de ma réponse, mais je suis déjà mort… Je n’existe plus, j’ai tout sacrifié. Ma famille le vit très mal. Mais j’ai la conscience tranquille… On a tenté de me salir, ca ne me dérange pas, et c’était prévisible: des journaux, que je respecte par ailleurs, ont publié des contre-vérités, mais ils sont libres de le faire. Le général Smain m’a répondu par l’intermédiaire d’Ahmed Merrah, dans les colonnes du Quotidien d’Oran. Merrah évoquait une  » mission  » pour contredire ce que j’avais déclaré sur les méthodes d’infiltration. Mais ce que n’a pas dit Merrah, c’est que sa mission consistait à créer des maquis en Kabylie… En essayant de sauver les apparences, ils ne font que compliquer la situation…

Vous préparez un livre votre parcours?

Il y a deux ouvrages qui sont déjà prêts, l’un sur le GIA, l’autre sur la période allant jusqu’à juin 1990. Ils seront probablement publiés en septembre et décembre prochains.

Interview: Djamel Benramdane