Zemali avertit les syndicats

Zemali avertit les syndicats

Un mois pour «se conformer à la loi»

Le Soir d’Algérie, 6 mars 2018

Une date-butoir fixée au 31 du mois en cours a été fixée à l’ensemble des organisations syndicales pour se conformer à la loi 90-4 portant fonctionnement des structures syndicales, a déclaré hier le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale lors de son intervention au forum de la Radio nationale.

Abder Bettache – Alger (Le Soir) – Lors de son intervention, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale M. Mourad Mezali a déclaré que les «organisations syndicales doivent déposer leurs dossiers de représentation au niveau du département du travail». «Ils doivent présenter un dossier portant le taux de représentation estimé à 20%, les noms et prénoms de leurs adhérents et la quote-part de leurs cotisations. Passé ce délai, les organisations ne respectant pas leurs engagements n’auront plus le droit à l’exercice syndical», a-t-il expliqué.
En évoquant ce sujet, le premier responsable du département du travail avait commenté le dernier communiqué rendu public par son département au sujet des organisations syndicales dument reconnues par la loi. A ce propos, il fera savoir «qu’il y a des organisations qui n’ont aucun caractère légal, qui appellent à des grèves et collectent de l’argent auprès des adhérents». «Il faut que tout le monde prenne ses responsabilités et qu’il sache que ces organisations travaillent dans l’illégalité la plus totale que ce soit à l’intérieur de leur cadre ou à l’extérieur». C’est dans ce cadre qu’il a rejeté les informations selon lesquelles le département du travail «bloque» ou fait «dans la restriction de l’activité syndicale». «Il n’y a pas de restrictions dans le droit de l’exercice syndical. Les textes sont clairs, consacrés et définis par les lois de la République dont la Constitution», a-t-il ajouté.
Commentant les derniers mouvements de grève, l’invité de la radio a fait savoir que «ces actions de protestation ont touché de plein fouet les citoyens et très souvent, ces conflits sont la conséquence de la non-compréhension des lois des différentes parties. La plupart de ces conflits font suite à l’incompréhension des textes régissant le monde du travail».
Par ailleurs, il fera savoir que la future loi du travail sera au centre d’un «large débat entre les différents acteurs du secteur», tout en rappelant que celle-ci «contient plus d’une cinquantaine d’articles, dont trois décrets et une ordonnance». «Cette loi ne peut être au-dessus de la Constitution. Elle consacre le droit à l’exercice syndical », a-t-il martelé.
D’autres sujets liés à l’activité de son département ont été également évoqués par M. Zemali, dont la problématique de la pénibilité des métiers, indiquant ainsi que «l’opinion publique doit savoir que cette commission est appelée à fixer et définir les critères des métiers pénibles ».
Enfin, il conclut en déclarant que son département suit avec beaucoup d’attention la situation qui prévaut dans le secteur de la sécurité sociale, indiquant que des «mesures et des poursuites seront prises à l’encontre de ceux qui agissent en dehors de la loi».
A. B.


Syndicats

La CGATA dénonce les propos de Zemali

Publié par Abder Bettache, Le Soir d’Algérie, 6 mars 2018

Les propos contenus dans le communiqué rendu public avant-hier par le département du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale au sujet de la «non-reconnaissance» de deux organisations syndicales, en l’occurrence la CGATA et le Snategs ont fait réagir la confédération. Cette dernière accuse le ministre de «fuite en avant» et de «tromper l’opinion publique».

Abder Bettache – Alger (Le Soir) – Dans un document rendu public, les animateurs de la Confédération générale Autonome des travailleurs en Algérie (CGATA) ont qualifié les propos du département du travail de «faux» et «trompeurs».
«Le ministre du Travail ferait bien de répondre aux poursuites judiciaires introduites au niveau du Conseil d’Etat, plutôt que d’utiliser les médias pour tromper les travailleurs et l’opinion publique. Une posture ayant pour but de casser toute action syndicale», lit-on dans le document.
En effet, la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie a réagi d’une manière virulente au contenu du département de Mourad Zemali. Ce dernier a qualifié la CGATA de «pseudo-confédération».
En effet, le département du travail est monté au créneau avant-hier en alertant l’opinion publique et tous les employeurs sur des «groupes se présentant comme des organisations syndicales», mais qui sont en réalité «en infraction par rapport à la législation du travail et ne représentent aucune catégorie socio-professionnelle».
La même source ajoutera que «ces organisations sont en infraction par rapport à la législation du travail et ne représentent aucune catégorie socio-professionnelle aussi bien dans le secteur de la Fonction publique que dans le secteur économique public et privé».
Des propos que la CGATA a qualifiés de «mensongers», d’où l’appel lancé au président de la République «afin d’intervenir pour mettre un terme à cette guerre que mène le ministre du Travail contre les libertés syndicales et les travailleurs de la Sonelgaz».
Sur un autre plan, la Confédération invite enfin tous les syndicats à «faire barrage à cette «guerre dont nous faisons l’objet». «Nous sommes la cible aujourd’hui. Demain, ça sera votre tour», ont averti les animateurs de la CGATA.
Au-delà des propos des uns et des autres, il est à relever que sur les soixante-six organisations syndicales reconnues par le département du travail, les structures syndicales activant dans les secteurs de l’enseignement, tous paliers confondus (éducation et enseignement supérieur) et de la santé sont les plus nombreuses.
Ainsi, dans le secteur de l’éducation on trouve onze organisations syndicales, soit l’Unpef, le Satef, le SNTE, le Cnapeste, le Snapest, le CLA, le Syndicat national des corps communs des ouvriers professionnels de l’éducation nationale (SNCCOPEN), le syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement primaire (Snapep), le Syndicat des travailleurs de l’éducation, de l’enseignement et de la formation (Satef), le Syndicat national des personnels de l’intendance de l’éducation (SNPIE) et le Syndicat national autonome de l’orientation scolaire et professionnelle (SNAOSP).
Dans le secteur de la santé, on trouve douze organisations syndicales, à savoir le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), le Syndicat national des chirurgiens-dentistes de santé publique (SNCDSP), le Syndicat national des professeurs d’enseignement paramédical (SNPEPM), le Syndicat national des médecins généralistes de santé publique (SNMG SP), le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy), le Syndicat algériens des paramédicaux (SAP), le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), le Syndicat des gestionnaires de la santé (SGS), le Syndicat autonome des gestionnaires des établissements de santé publique (SAGESP), le Syndicat national des gestionnaires de la santé (SNGS), la Confédération syndicale des forces productives (Cosyfop) et le Syndicat national des travailleurs de la santé (SNTS).
A. B.