“La tenue des assises et des états généraux sur l’école est impérative”

Clôture de l’université d’été du CET-UGTA à El-Kseur (BÉJAÏA)

“La tenue des assises et des états généraux sur l’école est impérative”

Liberté, 1er septembre 2016

L’université d’été qu’a organisée la Coordination des travailleurs de l’éducation de la wilaya de Béjaïa (CET-UGTA) ex-Sete, s’est achevée, hier, au CEM Drir à El-Kseur.

Les trois jours de travaux ont été consacrés à l’examen et aux débats sur plusieurs questions d’actualité relatives au secteur de l’éducation tels la réforme du secteur et les programmes notamment, ceux de la 2e génération, le code du travail, le statut particulier du secteur de l’éducation, l’âge du départ à la retraite et le projet de loi en gestation à ce sujet ainsi que la question des contractuels.
Pour la dernière journée de ce conclave, une conférence dont le thème est “L’école de l’Indépendance à nos jours” a été donnée par deux inspecteurs de l’éducation. Dans leur intervention, les orateurs ont axé sur le cheminement incohérent de l’école algérienne et sur les différents “replâtrages” qui lui ont été apportés.
La question de la retraite a été également abordée. “Que le gouvernement nous donne des chiffres afin de savoir si réellement la CNR est déficitaire ou pas. Il faut impérativement ouvrir un débat sérieux. Un ministre qui déclare qu’il y a 12 millions de salariés et que 4 millions sont dans l’informel et non déclarés, qu’est-ce que cela veut dire ? Que veut-on et quel patron veut-on protéger ?”, s’interrogera Nourdine Benmouhoub. Au sujet des réformes engagées, notre interlocuteur dira : “On ne peut pas mener des réformes sans les acteurs du secteur.” Le responsable du CET proposera, en guise de conclusion, “l’organisation des assises et des états généraux sur l’école algérienne”. Dans sa résolution sanctionnant les travaux de cette rencontre, les syndicalistes du CET-Béjaïa disent “ne jamais accepter la remise en cause des acquis des travailleurs de l’éducation de la wilaya arrachés dans la douleur et de haute lutte des années durant”, et revendiquent le maintien de l’actuel système de départ à la retraite. Selon eux, “la remise en cause annoncée par la tripartite n’est qu’un prélude au démantèlement des transferts sociaux en commençant par la CNR”. Tout en proposant “l’élargissement de la période de transition jusqu’à décembre 2020, et ce, pour permettre une stabilité pour le secteur et pour la CNR. Sinon, on assistera à un départ massif à la retraite. Je vous donne un chiffre à ce sujet, 900 départs à la retraite au 31 août ont été enregistrés rien que pour le primaire à Béjaïa”, dira le secrétaire général de ce syndicat.
Au niveau du secteur localement, Benmouhoub qualifiera la rentrée à Béjaïa de “bonne et transparente”.
Néanmoins, ce dernier donnera des chiffres effarants sur le manque d’encadrement. “Il y a un déficit de 70 directeurs dans le primaire, 27 dans le moyen, 24 proviseurs et 160 surveillants généraux et ce, sans oublier les adjoints d’éducation et les ouvriers professionnels à combler”, conclut-il.

A. HAMMOUCHE