Benbouzid renvoie les syndicats au projet de loi sur la fonction publique

Le SNTE et la FNTE chez le ministre

Benbouzid renvoie les syndicats au projet de loi sur la fonction publique

Le Quotidien d’Oran, 8 janvier 2006

Le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) a décidé, hier, de «geler» le préavis de grève annoncé pour les 15 et 16 janvier prochains après une rencontre avec le ministre de l’Education nationale.

L’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (UNPEF) a décidé, pour sa part, d’attendre la réunion d’aujourd’hui avec le ministre pour trancher sur le gel ou le maintien de son préavis de grève. «Nous avons exposé au ministre nos quatre revendications socio-professionnelles mais nous ne sommes tombés d’accord sur aucun point. A l’issue de la rencontre, nous avons décidé de tenir une deuxième réunion aujourd’hui pour trouver un terrain d’entente», affirme M. Ider, président de l’UNPEF. Concernant le gel du préavis de grève, notre interlocuteur précise que l’UNPEF attendra les résultats de la réunion pour trancher sur la question, tout en soulignant que son syndicat reste au service de l’intérêt de tous les travailleurs du secteur. Les représentants des deux syndicats agréés avaient été invités la fin de la semaine dernière, rappelle-t-on, par le ministère pour discuter du gel du préavis de grève lancé par la coordination intersyndicale de l’Education (Cnapest, CLA, UNPEF, SATEF et SETE/UGTA de Béjaïa). La coordination intersyndicale avait déposé son préavis de grève de deux jours (dimanche 15 et lundi 16 janvier) le 2 janvier dernier pour appuyer quatre revendications essentielles. Il s’agit de l’augmentation des salaires pour toutes les catégories des travailleurs de ce secteur, la promulgation du statut particulier pour les travailleurs de l’Education, la retraite à 100% et le respect du libre exercice syndical et du droit de grève. Les quatre syndicats de la coordination intersyndicale, qui n’avaient pas été invités par le ministre à la réunion d’hier, ont accusé le ministre d’oeuvrer pour éclater la coordination en jouant la carte de la division.

La coordination intersyndicale, qui avait dénoncé l’exclusion des représentants des travailleurs sous prétexte qu’ils n’avaient pas d’agrément, avait décidé de maintenir son appel à la grève. Il y a cependant lieu de souligner la sortie du SNTE qui a décidé de «geler» le préavis de grève alors qu’il ne fait pas partie de la coordination intersyndicale et n’a pas signé ce préavis de grève. «Nous avons déposé ce préavis de grève au nom des cinq syndicats de la coordination intersyndicale. Je ne comprends pas comment un syndicat s’octroie le droit de geler un préavis de grève auquel il n’a jamais adhéré», dénonce un syndicaliste. Les responsables de la coordination se sont, en effet, aussi interrogés sur les motifs réels de l’invitation de la SNTE «tendance Boudjenah» à la table des négociations.

Le ministre de l’Education a indiqué hier à l’APS que «ces réunions programmées par le ministère traduisent la volonté du ministère et du gouvernement d’instaurer un dialogue permanent avec les partenaires sociaux et leur disposition à prendre en charge les différents problèmes des travailleurs du secteur dans le cadre des dispositions prévues par la loi et en fonction des moyens». Le ministre a rappelé que les travailleurs du secteur de l’Education ont bénéficié d’une augmentation de salaire de 50% en trois ans, ce qui n’est pas le cas, a-t-il dit, dans les autres secteurs. Et d’ajouter que son département ministériel «ne peut trouver à lui seul des solutions au problème des salaires qui doit être résolu dans un cadre national et au moment opportun». Reconnaissant à tout syndicat «le droit de défendre ses revendications légitimes», M. Benbouzid a affirmé que les partenaires sociaux «ne sont pas des ennemis du secteur» et qu’»ils sont en droit de soumettre leurs revendications socio-professionnelles, mais loin des conflits ou surenchères qui pourraient se répercuter négativement sur l’élève». «Les revendications des syndicats se doivent d’être raisonnables et non pas impossibles», a observé le premier responsable du secteur de l’Education, précisant que «celles-ci ne peuvent trouver une solution que dans un cadre national et pas avant que le Parlement algérien n’adopte un projet de loi sur la fonction publique».

Sofiane M.