Une Coordination pour sauver les lycées techniques

Une Coordination pour sauver les lycées techniques

Le Quotidien d’Oran, 26 novembre 2006

L’opposition à la restructuration de l’enseignement technique décidée par le département de Benbouzid gagne de l’ampleur. La concertation des syndicats autonomes pour faire obstacle à ce projet a donné naissance à une Coordination des lycées techniques (CLT) avec en perspective une rencontre nationale des lycées techniques, le 23 décembre.

L’appel «Sauvons les lycées techniques !», lancé le 1er novembre par le Conseil des lycées d’Alger (CLA) et le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF), trouve de plus en plus d’échos et c’est au tour du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST) d’adhérer à la coalition syndicale qui veut faire avorter dans l’oeuf ce projet de «déscolarisation des filières techniques», selon l’opinion partagée des syndicats autonomes.

Ces derniers, dans un communiqué commun rendu public hier, annoncent la création de la Coordination des lycées technique dont la mission est de lutter contre «la pseudo-réforme» de l’enseignement technique, qualifiée par le secrétaire général du CLA, Osmane, d’une vision simpliste.

Selon le même communiqué, l’objectif immédiat de la CLT est «d’alerter l’opinion publique sur l’ampleur du danger que fait courir ce choix de démantèlement programmé des lycées techniques et le risque de l’extinction des filières techniques et technologiques dans les lycées». Et de «mettre à nu la conception qui aujourd’hui veut réduire l’offre pédagogique dans l’enseignement technique et technologique sans apporter la preuve de l’efficience de cette approche». Les syndicats autonomes ne vont pas par quatre chemins pour dénoncer «la persistance d’un courant au sein du ministère de l’Education nationale favorable à la réduction de l’offre pédagogique à des millions d’élèves, et plus particulièrement à ceux du technique, et consacre une orientation scolaire désastreuse pour la nation sans aucun débat ni bilan». Tout en dévoilant «la vision strictement comptable et les insuffisances d’un soi-disant laboratoire qui n’est finalement ni approprié ni achevé», les mêmes syndicats ne font pas l’éloge des concepteurs de ce modèle d’enseignement en le qualifiant de «back to basics», autrement dit: «savoir lire, compter et écrire avec quelques gestes techniques en fin de parcours et un bac au rabais». Contacté hier, le porte-parole du SNAPEST, Lemdani, a souligné que «nous voulons par cette coordination, entre autres, obtenir des garanties qu’il n’y aura pas de transfert d’enseignants du technique vers la Formation professionnelle et qu’aucun poste budgétaire ne sera annulé», ajoutant que «CLT est ouverte à tous ceux qui sont contre le réaménagement de l’enseignement technique tel que conçu par la tutelle».

De son côté, le S.G. du CLA, Osmane, a déclaré que «la création de la CLT fait suite à trois rencontres régionales, à Alger, Oran et récemment à Tizi-Ouzou, entre des enseignants et des parents d’élèves», ajoutant que «la CLT invite tous les syndicats et les lycées à participer à la rencontre du 23 décembre pour débattre de l’état des lieux et décider des actions communes». Osmane qui critique le nouveau programme de la filière technologie composé de modules bimestriels et qui illustre, selon lui, «le parcours superficiel de l’élève du technique de demain», a indiqué par ailleurs que les syndicats autonomes proposent une alternative qui consiste à transformer le lycée technique en lycée de d’enseignement technologique et technique.

Pour sa part, le représentant du Syndicat de l’entreprise des travailleurs de l’Education (SETE), qui fait partie de la Fédération nationale des travailleurs de l’Education (FNTE), a déclaré: «La FNTE est très préoccupée par la situation de l’enseignement technique et ce point est à l’ordre du jour d’une assemblée générale prévue dimanche». A la question de savoir si la FNTE compte se joindre à la CLT, le même syndicaliste a répondu que «la position officielle de la FNTE quant à cette question sera déterminée lors de l’assemblée générale de dimanche».

H. Saaïdia