Les salaires impayés de 30.000 travailleurs réglés ce mois

Les salaires impayés de 30.000 travailleurs réglés ce mois

Le Quotidien d’Oran, 19 septembre 2006

Le feuilleton des salaires impayés s’achève avec une bonne nouvelle ! En visite hier à Oran, le ministre de la Participation et de la Promotion de l’investissement, Hamid Temmar, a déclaré que les salaires impayés seront réglés.

«Nous avons pris la décision de régler tous les salaires impayés, a dit M. Temmar au siège devant les cadres du groupe ERCO à Oran. Toutes les entreprises sont concernées, même celles qui sont fermées ». Le ministre n’a donné ni l’échéance ni les modalités de règlement de ces salaires, mais il a laissé entendre que cela se fera avant la fin du mois de septembre. L’UGTA et le gouvernement vont continuer les discussions autour de ce « vieux dossier » qui concerne près de 36.000 travailleurs, selon des sources syndicales. « Les salaires impayés seront réglés avant le 28 septembre. Tout comme la question des augmentations de salaires qui doit être tranchée avant la fin du mois », affirme une source proche du dossier.

Le gouvernement et l’UGTA veulent en effet verser les salaires impayés avec le début du Ramadhan. Les Sociétés de gestion des participations (SGP) ont été «instruites» à payer les arriérés des salaires des 30.000 travailleurs qui n’ont pas touché leurs salaires depuis plusieurs mois, a appris l’APS de l’UGTA.

« Les SGP ont été autorisées par le ministre des Participations et de la Promotion des investissements, M. Abdelhamid Temmar, à procéder à la prise en charge des salaires impayés sur leur propres ressources financières pour payer les travailleurs qui n’ont pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois (entre deux et plus de douze mois), a précisé à l’APS le secrétaire national chargé des relations générales au niveau de l’UGTA, M. Abdelkader Malki. La même source a indiqué que cette instruction a été donnée par le ministre « dans le cadre de la mise en oeuvre des décisions arrêtées lors du conseil interministériel portant sur le traitement des salaires impayés, qui s’est tenu le 12 septembre ». « L’instruction invite les SGP à prendre en charge les arriérés des salaires des entreprises relevant de leurs portefeuilles respectifs, non encore honorés, au 31 août 2006 », ajoute encore M. Malki.

Par ailleurs, il a précisé que les SGP « qui manquent de moyens financiers se doivent de transmettre au ministère des Participations et de la Promotion des investissements les montants qui leurs font défaut, afin de compenser ce manque en organisant une solidarité des SGP disposant d’excédents en ressources propres ».

Le problème des salaires impayés a commencé à se poser depuis le lancement, au milieu des années 90, des restructurations massives du secteur public économique. Cette opération a mis au chômage des centaines de milliers de travailleurs et conduit à la fermeture de dizaines d’entreprises. Souvent, les entreprises publiques, complètement déstructurées, sont mises en faillite avec des dettes colossales. Les opérations de liquidation qui ont suivi n’ont pas privilégié le paiement des salaires impayés. D’autres entreprises publiques ont accumulé les difficultés financières, faute d’argent, et se sont retrouvées incapables de payer les salaires de leurs employés. Pour certaines grandes entreprises publiques qui emploient des milliers de travailleurs, le gouvernement est intervenu à plusieurs reprises au niveau des banques pour le paiement des salaires de leurs travailleurs. Pour les plus petites, cela n’a pas été le cas ! A maintes reprises, l’UGTA est revenue à la charge pour obtenir le paiement des salaires impayés, mais le gouvernement a toujours refusé, faute d’argent. Toutefois, la récente flambée des prix du pétrole a rempli les caisses de l’Etat. Avec plus de 65 milliards de réserve de change, le gouvernement peut régler les salaires impayés des entreprises publiques et calmer le front social.

Hamid Guemache