Le Salaire minimum à 12 000 DA

Clôture de la tripartite

Le Salaire minimum à 12 000 DA

El Watan, 2 octobre 2006

Augmentation du salaire national minimum garanti (SNMG) et signature d’un pacte économique et social. Telles sont les décisions les plus importantes ayant sanctionné les travaux de la 12e tripartite entre le gouvernement, l’UGTA et le patronat, tenue à la résidence El Mithaq (Alger). Une rencontre, dont les travaux ont été clôturés tôt dans la matinée d’hier.

Les trois partenaires ont décidé, en effet, d’augmenter de 20% le SNMG, qui passera ainsi de 10 000 DA à 12 000 DA. La revalorisation des salaires, comme souligné dans le communiqué final, sera effective à partir du 1er janvier 2007. Toutefois, la revalorisation sera sans effet rétroactif. « La revalorisation des salaires ne sera effective qu’à partir du 1er janvier 2007 et elle n’aura pas un effet rétroactif », a déclaré le ministre du Travail et de la Sécurité sociale,Tayeb Louh, à la fin des travaux de cette réunion. Même si l’augmentation acquise demeure loin de répondre aux aspirations des travailleurs et de l’UGTA qui avait demandé un SNMG à 15 000 DA, le secrétaire général de la centrale syndicale « s’est vivement félicité de l’accord conclu ». Pour lui, le SNMG « est accessoire » et « l’essentiel a été arraché durant les négociations sur les conventions de branches ». « Aujourd’hui, les travailleurs vont sentir réellement l’augmentation des salaires. Ils auront désormais du concret », a-t-il déclaré à la presse en marge du même rendez-vous. Selon lui, les négociations autour des conventions collectives des branches ont porté leurs fruits en garantissant une majoration des salaires de 20 à 25% pour le secteur économique public et de 10 à 20% pour le secteur économique privé. « Grâce aux conventions de branches qui incluent, outre les augmentations des salaires, la révision à la hausse des indemnités, les fiches de paie des travailleurs connaîtront une augmentation concrète et réelle », a jouté Sidi Saïd en qualifiant l’accord de « grand acquis » pour les 3 à 4 millions de travailleurs algériens. Les accords conclus dans le cadre des conventions des branches serviront, également, de base pour l’élaboration des statuts particuliers et la préparation des grilles des salaires. La revalorisation du SNMG s’avère encore une fois minime, d’autant que l’article 87 bis de la loi 90-11 d’avril 1990 relative aux relations du travail n’a pas été annulé. Cet article donne, soulignons-le, un caractère restrictif à la définition du SNMG, en incluant dans la comptabilité du salaire de base les primes et les indemnités. Ce qui fait que sa revalorisation reste sans impact sur le niveau des salaires des fonctionnaires. L’UGTA qui a défendu le principe de l’abrogation ou la révision de cet article, notamment lors de la 11e tripartite, semble vouloir abandonner cette question.
L’UGTA perd la bataille de l’article 87 bis

Ce point n’a même pas été programmé à l’ordre du jour de la réunion d’hier, alors qu’un groupe de travail a été chargé, depuis plus d’une année, d’étudier les modalités de sa révision. Interrogé à ce sujet, Abdelkader Malki, secrétaire national chargé des relations publiques à l’UGTA, a affirmé que la révision de cet article sera prise en charge dans le cadre du nouveau code du travail, devant être finalisé en 2007. « Il y a un groupe de travail qui se penche actuellement sur la préparation du nouveau code du travail. Ce dernier va rassembler toutes les lois relatives au monde du travail », a-t-il expliqué. Le ministre du Travail, Tayeb Louh, a abondé dans le même sens. « La commission chargée d’élaborer le code du travail examinera l’article 87 bis qui sera, par la suite, discuté avec les parties concernées », a-t-il précisé. Selon M. Malki, l’importance des incidences financières qui résulteront de la révision dudit article, estimées à 540 milliards de DA, complique davantage l’opération de sa revue. « Il faudra décider à l’avenir de qui bénéficiera du SNMG », a-t-il lancé. A l’issue de cette tripartite, on a procédé à la signature de neuf conventions de branches sur les 52 prévues dans le cadre des négociations entre les fédérations de l’UGTA et les SGP. Plusieurs fédérations n’ont pas, en effet, trouvé un terrain d’entente avec les SGP. Les participants à cette rencontre étaient unanimes à dire qu’avec la signature du pacte national économique et social, devant être appliqué durant quatre ans, la trêve sociale sera durable. Une trêve qui favorisera, selon les intervenants, le dialogue social et la relance économique du pays.

Sidi Saïd défend les journalistes

L’accord signé entre l’UGTA et le patronat doit être applicable à l’ensemble du secteur privé, même au secteur de la presse. C’est du moins ce qu’a affirmé, hier, le secrétaire général de l’UGTA, Sidi Saïd, en marge de la réunion tripartite tenue à la résidence El Mithaq. « Je souhaite que le gouvernement veille à l’exécution des accords même au niveau des secteurs qui n’ont pas participé au dialogue. Les journalistes ont des salaires misérables. Il faut que ces accords soient également appliqués au niveau de tous les journaux », a-t-il expliqué.

Madjid Makedhi