Retour à la protesta

SYNDICATS AUTONOMES DE LA SANTÉ ET DE L’ÉDUCATION

Retour à la protesta

Le Soir d’Algérie, 9 septembre 2009

La rentrée sociale s’annonce sous le signe de la contestation. Les syndicats autonomes vont perturber la trêve sociale scellée avec la Centrale syndicale. Décidés à faire aboutir leurs revendications, les syndicats de l’éducation et ceux du secteur de la santé annoncent des mouvements de protestation de nature à perturber la rentrée sociale. Les pouvoirs publics, qui tablaient sur un mouvement syndical pacifié, auront à faire face à des syndicats autonomes qui ont résisté aux tentatives de torpillage.

Nawal Imès- Alger (Le Soir) – La création de syndicats proches des tutelles n’a pas entamé la volonté des syndicalistes. Le recours systématique et abusif à la justice pour casser les grèves est devenu l’ultime alternative des ministères de tutelle qui préfèrent «dialoguer» à coups de convocations devant les tribunaux. Des professeurs en médecine et des enseignants qui revendiquent une meilleure situation socioprofessionnelle se retrouvent devant des magistrats qui, sans surprise, déclarent la grève illégale et ordonnent son arrêt. Un stratagème auquel sont habitués les syndicats autonomes qui affinent leur stratégie. Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), le Conseil des lycées d’Alger (CLA) et l’Union nationale du personnel de l’enseignement et de la formation (Unpef) ont donné le ton. D’autres syndicats pourraient rejoindre la contestation.

SNPSP : rendez-vous avec la protestation en octobre
Son président a annoncé la couleur en juillet dernier. Le Dr Merabet explique, en effet, que le statut quo dans lequel se complaît le ministère de la Santé est à l’origine de la décision de renouer avec la protesta. Le secteur de la santé va être, une fois de plus, paralysé dès le mois d’octobre. Les praticiens de la santé publique continuent de se battre pour la promulgation du statut particulier promis en juillet 2008. Force est de constater que les pouvoirs publics n’ont pas tenu leur promesse. Le texte, qui a fait l’objet de discussions entre le ministère de l’Education et le syndicat autonome des praticiens de la santé, tarde à être promulgué. Les syndicalistes estiment qu’il est l’otage des positions incompréhensibles du ministère de la Santé. Pourtant le syndicat est arrivé à un minimum de consensus pour que la copie qui doit être envoyée à la Fonction publique corresponde aux attentes des médecins de la santé publique. C’était peine perdue puisque le ministre n’a pas jugé utile de défendre les positions du syndicat, notamment pour la classification des médecins, des dentistes et des pharmaciens. Le même sort est réservé au régime indemnitaire.

CLA : une rentrée sans professeurs
Le Conseil des lycées d’Alger (CLA) a opté pour une action spectaculaire. En décidant d’une journée de débrayage le jour même de la rentrée, c’est un signal fort qu’il lance en direction du ministère de l’Education. L’impact psychologique d’une rentrée spectaculaire a visiblement motivé le choix de la date. Le CLA revendique la promulgation du régime indemnitaire, la révision du statut particulier de l’enseignant et la retraite après 25 ans de service et la revalorisation du point indiciaire à 65 DA, alors qu’il est actuellement évalué à 45 DA. Une plate-forme de revendications que le syndicat défend depuis des années pour, disent ses responsables, mettre fin à la précarité qui caractérise le métier d’enseignant. Le boycott de la rentrée s’annonce comme les prémices d’une protestation qui risque de marquer toute l’année scolaire. Le réaménagement du weekend, la répartition des horaires, la surcharge des classes sont autant de problèmes récurrents qui telle une bombe à retardement menace le bon déroulement de l’année scolaire.

Unpef : une première action à Tizi-Ouzou
C’est à partir de la wilaya de Tizi-Ouzou que l’Unpef donne le ton. Le bureau local a, en effet, appelé les enseignants à boycotter la rentrée des classes. Dans la déclaration qu’il a adressée aux enseignants de la wilaya, le bureau local dénonce «la situation chaotique dans laquelle se trouve le secteur de l’éducation à Tizi- Ouzou. Non seulement les anciennes situations demeurent pendantes, mais d’autres viennent s’y ajouter à cause du laisser-aller qui prévaut au service du personnel et du service paie».
N. I.