Retour du licenciement des syndicalistes à Rouiba

Tango-Heineken, Linde-Gas et SGT

Retour du licenciement des syndicalistes à Rouiba

Algérie News, 5 décembre 2012

Près de cent-quarante travailleurs, dont des syndicalistes, viennent de perdre leur poste dans la zone industrielle. Il s’agit de « plans sociaux » lancés par des entreprises privées.

La zone industrielle de Rouiba risque de renouer avec les grèves si les pouvoirs publics n’interviennent pas dans les dix jours qui viennent pour mettre fin aux licenciements abusifs dans certaines entreprises privées étrangères. En effet, la section syndicale locale de Rouiba, affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), a affirmée hier à Algérie News, à travers son secrétaire général, Mokdad Messaoudi, qu’un mouvement de protestation « se dessine à l’horizon à la zone industrielle de Rouiba. La source de tous les problèmes provient des sociétés étrangères. Ces dernières bafouent les lois de la République algérienne et la législation sur le travail», avant d’ajouter que «les travailleurs en ont ras-le-bol de la situation que vit la zone industrielle de Rouiba. Tant que les cadres dirigeants sont encore sur place et que les travailleurs licenciés abusivement n’ont pas réintégré leurs postes, nous ne serons pas satisfaits», a-t-il souligné. Le premier dossier évoqué par M. Messaoudi est celui de la brasserie Tango Heineken, dont la direction a licencié d’une manière abusive toute la section syndicale composée de cinq syndicalistes, et 130 travailleurs.

«Ces derniers avaient observé une grève en février dernier pour revendiquer la finalisation de la convention collective et la prime de fin d’année», a-t-il précisé. Selon M. Messaoudi, les sociétés étrangères ont recruté d’autres travailleurs pendant la période de grève, ce qui est interdit par la loi. D’autres syndicalistes ont été licenciés par des sociétés étrangères. C’est le cas d’un syndicaliste licencié par la Société générale des techniques (SGT) et un autre par Linde Gas, a-t-il expliqué. En outre, deux syndicalistes ont été licenciés par une société publique, à savoir, l’unité Tameg (ex-Sonipec). Le secrétaire général de l’Union locale impute la responsabilité à l’inspection du travail «qui ne fait pas son travail correctement». «Le pro-blème est que l’inspecteur du travail ne joue pas son rôle », a-t-il accusé.

« Quand il y a un conflit au niveau d’une entreprise, ce responsable est saisi. La loi l’oblige à donner le procès-verbal de non conciliation dans les deux jours qui suivent pour que la section syndicale puisse aller à la grève», a-t-il ajouté. Mokdad Messaoudi a évoqué aussi un autre problème déjà soulevé lors de la dernière grève des travailleurs de la zone industrielle du Rouiba. Il concerne les retraités qui touchent un double salaire. «Malgré la circulaire de Ouyahia, les directeurs d’entreprises publiques sont en train de recruter des retraités. C’est une insulte envers l’Union locale qui a signé un protocole d’accord avec le ministère de tutelle», estime M. Messaoudi. Rappelons que l’Union locale de la zone industrielle de Rouiba, affiliée à l’UGTA, a décidé dimanche dernier de reporter son rassemblement prévu avant-hier devant le ministère du Travail pour protester contre les licenciements abusifs dans les sociétés étrangères privées. Le report a été décidé suite à l’engagement d’un responsable de l’Union de la wilaya d’Alger (UGTA) de transmettre les dossiers au ministère du Travail.

Mohammed Zerrouki