Les résidents tendent la main au ministère de la Santé

Les résidents tendent la main au ministère de la Santé

Publié par Nawal Imès, Le Soir d’Algérie, 28 mars 2018

Le Collectif autonome des médecins résidents prend l’initiative. Il a adressé un courrier au ministre de la Santé dans lequel il se dit disposé au dialogue. Dans ledit courrier, les résidents rappellent au ministre de la Santé qu’ils ne peuvent, à eux seuls, endosser les conséquences des incohérences du système de santé. La tutelle rappelle que l’arrêt de la grève est une condition sine qua non pour un dialogue responsable.

Nawal Imès – Alger (Le Soir) – En plein statu quo, et après quatre mois de grève, les résidents ouvrent une brèche. Ils ont adressé un courrier au ministre de la Santé dans lequel ils réitèrent leur disponibilité à discuter mais également leur détermination à faire aboutir leurs revendications. A Mokhtar Hasbellaoui, le Camra écrit que : «Les résidents en sciences médicales sont ‘’conscients’’ de l’ampleur du défi d’assurer une couverture sanitaire correcte dans un pays où les disparités régionales sont grandes.» Ils ajoutent qu’ils ne peuvent «plus supporter à eux seuls le fardeau d’un manque de coordination entre les politiques de développement du secteur sanitaire et leur retard de concrétisation».
Le Camra rappelle au ministre de la Santé qu’après quatre mois de contestation, une dizaine de réunions, aucune avancée majeure n’a été constatée.
Le bilan, déplorent les représentants des résidents, est «peu reluisant». Ces derniers estiment que leurs revendications émanent d’un malaise qu’ils vivent au quotidien. Ils rappellent que ces dernières s’articulent autour du statut du résident.
En dépit des promesses de révision de ce dernier, le chantier n’a toujours pas été ouvert notamment en ce qui concerne le statut juridique qui doit définir le rôle et la responsabilité du résident pendant l’exercice des actes hospitaliers mais également le droit à l’exercice syndical, au congé de maternité, aux congés spéciaux et ceux scientifiques.
Au sujet du service civil, le Camra rappelle que sa principale revendication s’articule autour de la nécessité d’abroger son caractère obligatoire à court, voire à moyen terme.
Pour rendre ce dispositif plus efficace, les résidents proposent de fournir le plateau technique adéquat pour chaque spécialité, la révision de la durée du service civil qui ne doit pas dépasser les deux années, l’institution du droit au regroupement familial ainsi que la mise en place de mesures financières incitatives. Le Camra rappelle au ministre de la Santé qu’au sujet des œuvres sociales, aucune mesure concrète n’avait été prise en dépit des instructions données par le département de la santé et donnant le droit aux résidents de bénéficier des œuvres sociales. Pour conclure, le Camra dit «resté ouvert et disponible au dialogue sérieux et responsable afin de converger vers des solutions concrètes et durables pour l’évolution du système de santé tout en retrouvant les conditions socioprofessionnelles adéquates et dignes à la pratique de la profession».
Destinataire de courrier, le ministère de la Santé n’a pas encore dévoilé sa position ni fait part de ses intentions. Le conseiller à l’information du ministère de la Santé affirmait hier que les portes du dialogue restaient «grandes ouvertes» à condition que les résidents se conforment à la décision de justice, déclarant illégal leur mouvement.
L’arrêt de la grève est, affirme M. Slim Belkacem, une condition pour dégager des «solutions durables», «consensuelles» et «acceptables» pour tous.

Les médecins spécialistes débrayent

Premier jour de la grève à laquelle a appelé le Collectif autonome des médecins spécialistes algériens.
Une grève cyclique de deux jours décidée au moment où les structures sanitaires sont déjà fortement impactées par la grève des médecins résidents.
Dans un appel adressé à la communauté médicale, ledit collectif écrit que «la santé algérienne passe par une crise sans précédent, le médecin algérien se retrouve dans une impasse, devant l’échec du système de santé», ajoutant que «le médecin algérien ne tolérera plus désormais le mépris, l’atteinte à sa dignité, et les campagnes médiatiques de diabolisation qui le visent, il n’acceptera plus de subir les conséquences d’un système de santé défaillant ou d’être son bouc émissaire».
Le Collectif autonome des médecins spécialistes lance un appel à la corporation médicale pour s’unir, «afin de restituer la dignité du médecin algérien».
Le Collectif revendique le respect du droit syndical et dénonce le refus de l’administration d’autoriser la tenue de l’assemblée générale constitutive du Collectif à Tipasa et à Constantine. Ils appellent à la réforme de la loi de santé en impliquant réellement le praticien spécialiste dans ce projet et tous les acteurs de la santé en Algérie, la révision du statut du praticien spécialiste, l’amélioration urgente des conditions de travail et de la sécurité au sein de l’hôpital.
Le Collectif des spécialistes appelle ses adhérents au respect rigoureux du service minimum qui englobe la garde, toutes spécialités confondues, et les soins de réanimation ainsi que les soins d’oncologie.
Et de conclure que les spécialistes «sauront prendre leurs responsabilités pour assurer les soins urgents aux malades dans la limite des moyens humains et matériels».
N. I.