Actions de protestation des résidents à Oran et Constantine

Les grévistes comptent investir la rue à Alger mercredi prochain

Actions de protestation des résidents à Oran et Constantine

El Watan, 13 mai 2018

Les médecins résidents réoccupent le terrain. Une marche régionale à Oran et un sit-in au CHU de Constantine seront organisés, aujourd’hui, à l’appel du Collectif autonome des médecins résidents (Camra).

«Cela fait encore 12 jours que nous avons laissé, avec grande amertume, nos stéthoscopes, nos gants et nos bistouris, en lançant un dernier cri de détresse à nos aînés, à nos tutelles», signale le communiqué du Camra qui a annoncé, hier, sur ses pages des réseaux sociaux les actions d’aujourd’hui.

A Oran, les résidents de l’ouest du pays seront au rendez-vous avec la protestation. La dernière action, qui a regroupé les quelque 4000 résidents des CHU d’Oran, Sidi Bel-Abbès et Tlemcen, s’est déroulée le 9 janvier 2018. «L’objectif de notre marche est de réaffirmer que notre mouvement est toujours là, qu’on est solidaires et qu’on tient à nos revendications légitimes. Nous n’avons pas eu de propositions concrètes du ministère de la Santé. Mais nous cherchons toujours un terrain d’entente avec la tutelle», signale le délégué du Camra, le Dr Abderrahmane Ikbal, qui précise que la marche d’aujourd’hui est prévue entre le CHU et le siège de la wilaya.

A Constantine, un sit-in local regroupera les quelque 1450 résidents de la wilaya pour réaffirmer là aussi la «présence des médecins sur le terrain, malgré des instructions fermes sur l’empêchement des actions dans les CHU, comme nous l’avons appris pour les autres CHU de Annaba et Alger», affirme le Dr Abdelmoumen Hadibi, résident de Constantine et membre du bureau national du Camra.

Pour le délégué de l’Est, l’action, qui sera organisée dans l’enceinte du CHU Ibn Badis, permettra de rassembler les camarades qui n’assurent plus les gardes. «Il y a eu 98% de taux de suivi de l’appel à l’arrêt des gardes lancé par le Camra. Dans les deux structures maternités du CHU, 157 résidents sont en grève. Les deux structures de Sidi Mabrouk et du CHU Ibn Badis sont celles qui ont le plus grand nombre de résidents du pays avec 20 médecins résidents nuit et jour. Les services les plus touchés à travers les établissements de notre wilaya sont l’orthopédie, la gynécologie, la neurologie, la réanimation », détaille le Dr Hadibi.

Pressions sur des délégués

En grève depuis six mois, les résidents, qui ont décidé l’arrêt des gardes depuis le 29 avril, après l’échec des négociations et la répression de leur marche à Alger, ne voient rien venir. Par leurs actions d’aujourd’hui, les grévistes comptent démontrer «qu’ils sont toujours là et qu’ils dénoncent les bricolages de la tutelle, comme cette décision de recruter 600 médecins via l’ANEM», s’offusque le délégué des résidents du CHU de Tizi Ouzou, le Dr Sofiane Benseba. «La décision du ministère de la Santé est une insulte pour la corporation.

Au lieu d’un dialogue responsable et de propositions sérieuses, le ministère de la Santé poursuit sa politique de bricolage», constate-t-il, signalant que les dernières déclarations du ministre de l’Enseignement supérieur sur la formation médicale rejoignent le constat établi par le Camra. Aucune invitation officielle n’a été adressée au Camra pour un retour au dialogue par leurs tutelles (Santé et Enseignement supérieur). «Le ministère de l’Enseignement supérieur ne nous a plus contactés depuis le 17 décembre dernier, où un PV a été signé», regrette le délégué, qui signale la disposition du Collectif pour un «dialogue serein».

Les résidents, qui ont organisé, jeudi dernier, un sit-in au CHU Mustapha Pacha, comptent tenir un rassemblement mercredi à Alger. Cette action est «un énième appel aux haute autorités du pays pour trouver des solutions pérennes à nos revendications», signalent des délégués, qui mettent en avant des pressions sur leurs représentants nationaux pour «abandonner le terrain de la revendication». Seront-ils entendus ?

Nadir Iddir