Remous au sein du syndicat national d’Air Algérie

Remous au sein du syndicat national d’Air Algérie : Menace d’une grève générale

El Watan, 8 avril 2010

Le syndicat national d’Air Algérie menace d’organiser une journée de protestation à l’échelle nationale, si au sommet de la centrale syndicale on persiste à tourner le dos aux choix de la base.

La revendication est claire. « Nous refusons le diktat. Nous voulons la renationalisation de l’UGTA », c’est là le message que voulait transmettre hier les représentants des 23 sections syndicales ayant fait le déplacement à la maison du peuple pour demander l’arbitrage des dirigeants de la centrale. Le syndicat demande la signature du procès-verbal de l’installation du conseil du syndicat. Instance permettant à l’organisation syndicale d’activer. Où réside donc le problème ? En date du 18 février dernier, une conférence de renouvellement du conseil syndical de l’entreprise s’est tenue à Alger sous l’égide de la fédération des transports et des membres de la centrale syndicale. Les travaux se sont déroulés normalement jusqu’au moment de l’élection des membres du conseil ainsi que ceux du bureau.

Le secrétaire général de l’union locale de Dar El Beïda s’était levé à cet instant pour contester les travaux de la conférence et a demandé en outre à l’assistance de quitter la salle sous prétexte que la réunion est contraire au règlement intérieur et au statut de l’UGTA. Néanmoins, seuls les représentants de cinq sections syndicales (pilotes, techniques, fret, direction de la promotion des œuvres sociales, et la direction de l’information) ont obéi aux ordres du SG. Les travaux de la conférence se sont toutefois poursuivis et ont été couronnés par l’élection à l’unanimité de Toufik Khoudja à la tête de la nouvelle section. Mais le problème réside dans le fait que le secrétaire national à l’organique, personne habilitée à signer le PV d’installation, refuse de le faire pour des raisons que les membres fraîchement élus ignorent.

« Nous avons organisé une conférence dans la légalité et en respectant le règlement de l’UGTA. J’ai été élu démocratiquement. La minorité qui revendique la réorganisation de la conférence veut casser le syndicat nouvellement élu et qui n’obéit à personne. Nous fonctionnons de manière autonome et nous n’acceptons le diktat de personne », a lâché Toufik Khoudja. Hier, une délégation s’est constituée afin d’exposer la situation en vue d’un éventuel arbitrage, auprès du secrétaire national chargé à l’organigramme. Mais malheureusement, ce dernier a refusé de recevoir les contestataires.

« On n’est pas venus à l’UGTA pour informer les responsables de notre problème. Nous sommes venus, chez nous, pour voir nos parents, mais ces derniers ont refusé de nous recevoir. La base a élu M. Khoudja. Ce choix doit être respecté par la minorité », a lancé un membre du syndicat. Ce dernier a invité néanmoins les dissidents à rejoindre les rangs du syndicat, d’autant plus que leur place demeure vide. Dans les coulisses de la centrale, certains syndicalistes sont convaincus que Djenouhat, membre influent à l’UGTA, est à l’origine de ce conflit. « Djenouhat veut placer ces hommes à la tête du syndicat d’Air Algérie. Chose que conteste la majorité des adhérents qui ont mis leur confiance en la personne de Khoudja, un syndicaliste chevronné qui plaide la cause des travailleurs », a soutenu un syndicaliste.

D’aucuns estiment qu’à l’intérieur de la centrale il y a une composante dirigeante qui essaye de contrôler les structures horizontales et verticales de l’UGTA. Ces mêmes personnes, se trouvant au sommet, ont leurs propres troupes qu’ils essayent de placer dans des postes clés. « Le problème qui se pose chez nous peut être un problème de forme qui ne devrait pas primer sur le fond. Le fond de la question est que la base a choisi et ceci implique que les hommes de Djenouhat doivent rentrer dans les rangs et respecter le choix de la base », ont pesté les syndicalistes sympathisant avec leurs collègues d’Air Algérie. Ces derniers s’insurgent contre le comportement de l’union locale de Dar El Beïda et celle d’Alger qui ont bafoué le règlement de l’UGTA.

« Les SG de ces unions locales ont suspendu des travailleurs alors qu’ils n’ont pas le droit. Le syndicat de l’entreprise dépend de la fédération des transports. Ce qu’ils ont fait est illégal et personne n’a bougé le petit doigt », a déploré un syndicaliste qui pense que Djenouhat a perdu une bataille et de ce fait il devrait s’éclipser.

Par Nabila Amir