Belaïz «s’engage» à prendre en charge les préoccupations des juges

Grogne des magistrats

Belaïz «s’engage» à prendre en charge les préoccupations des juges

El Watan, 23 février 2011

Après plus de quatre heures de discussion, les magistrats ont quitté le bureau du ministre de la Justice, Tayeb BelaÏz, avec l’espoir de voir leurs revendications exaucées dans les plus brefs délais.

Une promesse «d’ouvrir une enquête sur les dépassements de l’inspecteur général a été faite, alors que pour les autres revendications, une commission devra être installée pour discuter point par point pour les concrétiser».
En effet, selon des sources proches du syndicat, la réunion entre Tayeb Belaïz et les membres du bureau du SNM (Syndicat national des magistrats) s’est terminée au milieu de la soirée de lundi et a duré plus de cinq heures à l’issue desquelles le garde des Sceaux s’est engagé à «prendre en considération» les revendications du syndicat, dont les membres s’exprimaient «au nom de tous leurs confrères au niveau national». Des réunions avec les sections de l’ensemble des juridictions ont été tenues, nous avait déclaré en début de semaine, Djamel Aïdouni, président de l’organisation, pour «recueillir toutes les préoccupations» des juges.

Ces derniers se sont plaints «des violations quotidiennes» commises, selon eux, par l’inspecteur général et qui se sont traduites par «des injonctions, instructions verbales, brimades, sanctions illégales et dérives judiciaires». En clair, ils lui reprochent d’avoir «imposé un climat de terreur et de répression pour mettre les magistrats sous tutelle». «Une situation catastrophique qui met l’indépendance de la justice en général, et celle du juge en particulier, en danger», expliquent les magistrats dans une lettre de dénonciation adressée au président de la République, il y a quelques jours. A l’issue de sa rencontre avec le ministre, le syndicat a rendu public un communiqué, dans lequel dans lequel il explique avoir soumis au garde des Sceaux «les problèmes d’ordre professionnel particulièrement les dépassements de l’inspecteur général et sa méthode de procéder avec laquelle, il exécute en s’éloignant du cadre légal qui s’impose».

Le syndicat a précisé que «d’autres préoccupations se rapportant à la frappe des jugements ont été également évoquées ainsi que les problèmes relatifs à l’exercice de la profession et l’indépendance des magistrats». L’organisation a «réitéré sa mission d’assurer et de défendre l’indépendance du pouvoir judiciaire. De ce fait, elle a dénoncé la volonté de certains courants aux motifs politiciens inavoués de dénaturer la contestation légitime et purement syndicale des magistrats et appelé les juges à rendre la justice en toute conscience et courage».
Contacté, le président Djamel Aïdouni a déclaré qu’une commission mixte avec la chancellerie sera installée incessamment et s’attellera à prendre en charge les revendications des juges. «Pour ce qui est du cas de l’inspecteur général qui relève du ministère de la Justice, une enquête sera menée et sur la base de ses conclusions, des mesures seront prises», a-t-il noté.

Salima Tlemçani