La colère des praticiens de la santé

RASSEMBLEMENT EN ATTENDANT LA GRÈVE

La colère des praticiens de la santé

Le Soir d’Algérie, 18 avril 2013

Pas de répit sur le front de la contestation. Les délégués du Syndicat des praticiens de la santé publique ont tenu hier un sit-in devant le ministère de la Santé. La grève de trois jours prévue pour lundi prochain est maintenue. La sortie médiatique du ministère de la Santé n’apaise pas la colère des praticiens, elle les conforte, au contraire, dans leurs positions.

Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Ils étaient nombreux à avoir répondu hier à l’appel du SNPSP. Les praticiens de la santé publique maintiennent ainsi la pression sur la tutelle. Le Dr Merabet, président du SNPSP, s’est dit hier étonné de la décision du ministère de la Santé qui, à la veille de l’action de protestation, rendait public un communiqué dans lequel il fait état de l’augmentation de 200% de la prime de garde et de contagion. Le président du SNPSP se demande pourquoi la tutelle a attendu la veille du sit-in pour réagir et pourquoi avoir privilégié le recours à un communiqué public plutôt qu’une notification directe au partenaire social. Il rejette la forme et se refuse à commenter le fond. Pire encore, le communiqué du ministère n’a fait que conforter le syndicat dans ses positions. Au ministère qui écrivait que l’ouverture du dossier du statut ne relevait pas uniquement de ses prérogatives, le syndicat répond en menaçant de recourir à d’autres actions encore plus radicales. Son conseil national demeuré en session ouverte pourrait décider de radicaliser un mouvement de grève qui doit débuter lundi et durer trois jours. D’autres décisions pourraient être prises dans le cadre de l’Intersyndicale de la santé qui doit se réunir ce week-end. Une option motivée par la fin de non-recevoir du ministre de la Santé en dépit de directives claires données par le Premier ministre. Ce dernier avait dans une correspondance donné instruction afin que les dossiers en suspens défendus depuis de longues années par les syndicats autonomes soient ouverts et réglés. Une instruction qui ne trouve visiblement pas d’écho au niveau du département de Ziari. Sur les 40 rencontres avec les partenaires sociaux évoquées par le ministère de la Santé, le SNPSP dit n’avoir eu droit qu’à deux réunions. Lesquelles n’ont abouti à aucun résultat concret. Depuis plusieurs mois, le SNPSP revendique l’application de l’accord négocié en 2011 sur le projet d’amendement du statut particulier des praticiens de santé publique, exige l’application de l’article 19 du statut particulier relatif à l’accès au grade de principal et de principal-chef et une équivalence directe entre anciens et nouveaux diplômés de médecine dentaire et de pharmacie. Le SNPSP revendique également la promulgation du régime indemnitaire transversal dans les termes négociés en 2011 avec application dès janvier 2008, la revalorisation des primes spécifiques à la région du Grand Sud en prenant compte des salaires actuels, le règlement des problèmes que pose l’inscription sur les tableaux des ordres professionnels et la levée de toutes les situations d’entrave à l’activité syndicale. Une plateforme de revendications qui avait été à l’origine de plusieurs mouvements de grève.
N. I.