La grève se poursuit: Les postiers veulent du concret dans l’immédiat

La grève se poursuit: Les postiers veulent du concret dans l’immédiat

par Sofiane M. & R.B., Le Quotidien d’Oran, 31 mai 2011

« La grève se poursuivra jusqu’à l’aboutissement de toutes nos revendications. Nous voulons du concret dans l’immédiat»: c’est en ces termes que les postiers ont exprimé leur détermination à aller jusqu’au bout de leur mouvement de protestation.

La grève inopinée des postiers a paralysé toutes les agences postales de la wilaya d’Oran, au nombre de 107, ainsi que beaucoup d’autres au niveau national. «Les travailleurs veulent une révision à la hausse de la grille des salaires, l’application de la nouvelle convention collective, avec un effet rétroactif à partir du 1er janvier 2008, et le réajustement des différentes primes», affirme M. Sifou, coordinateur du syndicat des travailleurs d’Algérie Poste à Oran.

A noter qu’aucun service minimum n’a été assuré pour la deuxième journée consécutive, causant ainsi de graves préjudices pour les usagers et en particulier les fonctionnaires et les retraités qui encaissent leurs salaires et pensions en fin de mois. Ils ne savent plus à quel saint se vouer pour tenter de s’extirper d’une situation souvent embarrassante.

Le cas le plus éloquent est celui d’un automobiliste qui s’est vu infliger une contravention. «C’est une situation presque burlesque! Du moment que les bureaux de poste sont fermés pour grève, comment faire pour régler cette contravention ?», s’est-il interrogé. Mais le cas le plus grave demeure cependant pour les usagers qui sont astreints à l’envoi d’une pension alimentaire chaque fin de mois. Ceux-là risquent éventuellement des poursuites judiciaires s’ils ne s’acquittent pas à temps de ces redevances. «Un service minimum devrait être obligatoirement assuré afin d’éviter les multiples contraintes aux usagers», s’insurgent des usagers.

Le syndicat d’AP, qui avait été pris au dépourvu au début par cette action de contestation, s’est rallié aux grévistes, et ce partant du principe que les revendications soulevées par les travailleurs sont légitimes.

Les membres du syndicat que nous avons rencontrés hier affirment que cette grève est «justifiée». «La DG d’Algérie Poste n’a pas tenu ses promesses de prendre en charge la plateforme des revendications des travailleurs avant le 25 mai en cours. Les travailleurs sont décidés à maintenir ce mouvement jusqu’à satisfaction de leurs revendications», soutient le coordinateur de wilaya du syndicat des postiers à Oran. Le mot d’ordre de grève ouverte avait circulé dimanche par téléphone entre les travailleurs d’Algérie Poste.

Les grévistes demandent également l’adoption d’un système de formation et d’avancement dans les grades. «Cela fait plusieurs décennies que les travailleurs n’ont pas bénéficié de promotions», déclare un employé.

La protesta des postiers risque cependant de perdurer si aucune évolution n’intervient dans les prochains jours. Les postiers réclament les mêmes avantages octroyés aux travailleurs d’Algérie Télécom, qui ont bénéficié de la prime de rendement individuelle et collective.

A Alger, des bureaux de poste ont été aussi paralysés par une grève depuis dimanche. Les protestataires, qui disent avoir arrêté le travail spontanément sans l’intervention d’aucune organisation syndicale, revendiquent des augmentations salariales depuis avril à l’occasion d’un premier débrayage, le 12 avril, qui avait débouché sur des négociations entre des représentants des travailleurs et la direction. Mais aucune suite n’a été donnée à ces négociations, selon des travailleurs interrogés par l’APS.

La Fédération nationale des travailleurs des technologies de l’information et de la communication (FNTIC) s’est dite «surprise» par ce mouvement et par ses revendications. La direction d’Algérie Poste, contactée par l’APS, fait état d’une note d’information publiée sur le site Internet de l’entreprise et adressée le 25 mai à l’ensemble des travailleurs d’Algérie Poste pour les informer de la prise en charge de certaines de leurs revendications, affirmant que «les accords collectifs ont été validés et signés conjointement avec le partenaire social (la FNTIC) autour du dispositif de l’avancement horizontal, le dispositif de promotion et la révision de la nomenclature des postes de travail». Ce qui sous-entend une satisfaction des revendications salariales et celles liées au reclassement. L’application de ces résolutions est prévue à partir du mois de juin, selon la même source.

Il est par ailleurs indiqué dans cette note que l’ensemble du personnel – à l’exception des employés recrutés après 2008 -, bénéficiera de «l’octroi d’un avancement supplémentaire».