Communiqué de l’Instance exécutive à l’étranger du FIS

Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux

Front Islamic du Salut
Instance exécutive à l’étranger

Communiqué

Face aux falsifications propagées par certains frères sur la scène médiatique faisant croire que le Front islamique du salut a tenu un congrès au cours duquel il aurait procédé à des modifications de ses cadres et de ses statuts, l’instance exécutive du Front islamique du salut à l’étranger partant de ses responsabilités tient à préciser ce qui suit :

Les cadres et les statuts du FIS n’ont pas été modifiés et ne peuvent subir de changement que dans le cadre d’un congrès légal auquel participent tous les responsables et cadres du parti. Un tel congrès doit être préparé de manière légale et publique par les instances officielles du parti dès la réunion des conditions favorables du point de vue sécuritaire et politique.
L’instance exécutive en sa qualité de représentant officiel du FIS persiste dans ses efforts visant à promouvoir la réconciliation nationale globale dans le pays, qui aboutira à l’éclosion d’un véritable régime démocratique susceptible de permettre l’expression libre de toutes les sensibilités et le rétablissement de tous les droits à la participation politique libre du courant du FIS.
Nous refusons que le FIS soit minoré au point qu’une réunion secrète est qualifiée par ses promoteurs de congrès. Par conséquent, nous considérons tout ce qui en est sorti nul et non avenu, et ne concernant que ceux qui y ont souscrit.
Nous dénonçons toutes les tentatives de contournement visant à s’emparer de la direction du parti par des moyens non réglementaires de la part du même groupe qui a accepté un jour de dissoudre le FIS dans l’organisation douteuse qu’est le GIA. La réputation entâchée et les troupes dispersées, ils tentent aujourd’hui de se repositionner en prétendant être les protecteurs du FIS.

De ce fait, nous appelons tous les cadres et les sympathisants du FIS à s’unir autour des instances officielles produites par le congrès de la fidélité tenu à Batna jusqu’à la réunion des conditions objectives pour la tenue d’un congrès légal à même de permettre aux militants de notre courant de se réorganiser afin de contribuer efficacement à sortir le pays de sa crise

Europe, le 27 joumada I 1423
07 août 2002

l’Instance exécutive à l’étranger

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Le FIS n’est la propriété privée d’aucun homme

Ribat, Dimanche 11 août 2002, 2 joumada II 1423, No 431

Pour réunir leur « congrès » qu’une écrasante majorité de responsables et de militants du parti dénoncent comme une manœuvre, voire un coup d’Etat fomenté par quelques individus n’ayant aucune autorité à préparer un congrès, à fortiori dans la clandestinité, les « congressistes » se prévalent de l’article 25 des statuts du FIS, qui stipule qu’un « congrès extraordinaire peut se tenir pour une RAISON URGENTE à la demande du président du bureau exécutif national ou à la demande de la majorité des membres du madjlis ech-choura ».

Quelle urgence motive la tenue de ce faux congrès ? Certainement pas les décisions prises dimanche dernier, à savoir la dissolution de toutes les instances qui existent, la mise en place d’un nouvel exécutif qui ne dispose d’aucune légitimité électorale, n’étant pas l’émanation d’un vote des militants, et l’élargissement du conseil consultatif à 13 personnes, toutes du même clan. D’ailleurs, leurs noms n’ont même pas été divulgués.

Ce qui prouverait, s’il en était besoin, qu’il s’agit bel et bien d’un putsch, à tout le moins, d’une prise en main de la direction du parti par un seul homme qui n’est plus dans le jeu politique depuis de nombreuses années. Emprisonné, il n’a pas pu suivre l’évolution politique à la fois du parti et du pays confrontés à une violence jamais connue auparavant.

Se servir, aujourd’hui, de l’article 25 des statuts dans les conditions que nous connaissons, qui n’exigent ni urgence ni nécessité d’un congrès extraordinaire, n’est qu’une manœuvre destinée à tromper l’opinion publique et les militants qui n’ont pas eu le droit d’exprimer leur avis. Pourquoi ne tient-on pas ainsi compte de l’article 23 qui exige la tenue d’un congrès tous les trois ans ? Qui et qu’est-ce qui a empêché le congrès de se tenir ordinairement à l’étranger au moment où la situation internationale pouvait le permettre, notamment immédiatement après les accords de Rome en 1995, puis après que l’AIS eut décidé de se désengager du champ militaire en 1997 ?

Peut-on, honnêtement, faire prévaloir des statuts qui s’ils donnent au président dans un contexte normal le droit d’appeler publiquement toutes les instances à un congrès extraordinaire, ne lui reconnaissent pas, en revanche, le droit de nommer les membres de la commission de préparation et de désigner qui bon lui semble. Aucune discussion n’a eu lieu à ce sujet, aucun débat n’a été engagé au préalable, aucun pré-congrès n’a été organisé ni à l’intérieur ni à l’extérieur pour préparer les motions et les résolutions et pour évaluer le chemin parcouru. On peut supposer que toutes les instances dirigeantes sont caduques à partir du moment qu’aucun congrès n’a été tenu dans les délais requis. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Soit. Mais rien d’exceptionnel ne marque la situation actuelle du parti. Alors pourquoi avoir précipité les choses, pourquoi toute cette improvisation, pourquoi ces diktats, pourquoi ces oukases, pourquoi ces menaces ? Le Front islamique du salut n’est la propriété d’aucun homme, y compris le président qui est soumis aux règles collectives de fonctionnement.

Le FIS appartient à tous ses militants, tous ont sacrifié et se sont sacrifiés ; nous déplorons des milliers de morts dans nos rangs. En hommage à leur mémoire et par respect pour leurs familles, nous considérons indécent, indigne que quelques individus se disputent le pouvoir et le contrôle du parti alors leur sang n’a encore pas séché.