«Complicité des structures et agents de l’Etat», selon la LADH

«Complicité des structures et agents de l’Etat», selon la LADH

Le Quotidien d’Oran, 27 mai 2003

« Les causes d’un bilan aussi lourd». C’est sous ce titre que la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) a réagi, à travers un communiqué signé par son président, Me Boudjemaa Ghechir, à la tragédie engendrée par le violent séisme qui s’est produit le 21 mai dans l’Algérois. Se joignant à la douleur des familles et s’inclinant devant la mémoire des victimes, la Ligue algérienne des droits de l’homme rend hommage au peuple algérien pour sa solidarité et déclare que ce séisme ravageur porte sa part de fatalité.

Mais elle relève que les reportages photos et les témoignages recueillis sur place ne laissent guère le doute sur les causes d’un bilan aussi lourd. «Aucun responsable algérien ne pourra dire qu’il n’était pas prévenu que ce genre de catastrophes sont possibles, surtout que notre pays a une longue histoire de séismes», lit-on dans le communiqué de la LADH pour reprocher à l’administration algérienne de n’avoir retenu aucune leçon, ni tiré le moindre enseignement des catastrophes pourtant nombreuses. Plus incisif, le communiqué relève que les études géo-techniques ont été mal faites ou absentes. Aussi, il parlera autant du mauvais ferraillage que du béton de très mauvaise qualité pour affirmer que les marchés sont octroyés par «complaisance ou par corruption». La ligue, présidée par Boudjemaa Ghechir, pointe le doigt sur «la cupidité et l’irresponsabilité criminelle de certains entrepreneurs», cependant, elle conclura qu’elles n’auraient jamais pu atteindre des proportions aussi scandaleuses sans «la complicité des structures et agents de l’Etat». Et à ce propos, le communiqué rappellera qu’à l’issue des précédents séismes, «alors que l’on avait déjà constaté de nombreuses malfaçons dans les constructions, il n’y a pas de sanctions adaptées à la gravité de la faute et de la malhonnêteté». Pour la LADH et son président, ce séisme ravageur met davantage à nu le manque d’efficacité et le déficit en compétence des responsables face aux besoins des citoyens dans des conjonctures aussi sensibles.

Enfin, le communiqué interpelle les gouvernants dont le devoir est de sanctionner avec suffisamment de fermeté, quand la faute est avérée, pour ne pas donner aux responsables la tentation de recommencer. Faute de quoi, ils perdent toute légitimité, conclura la LADH.

M. S. BOURENI