FFS: Résolution Conseil national

FFS
Front des Forces socialistes

Conseil national
session extraordinaire du 29 mars 2002

Résolution

Organiser des élections dans un contexte de peur, de misère et de violence constitue une nouvelle agression contre le peuple algérien. Cela signifie que les tenants du pouvoir demeurent prisonniers de leur instinct de domination et que ce qui compte à leurs yeux est d’asseoir définitivement leur hégémonie.

Dix ans d’une guerre qui a fait plus de 200.000 morts, des milliers de disparus et plus d’un million d’exilés de l’intérieur n’ont visiblement pas suffit aux décideurs qui s’emploient à la poursuivre en s’attaquant cette fois au dernier bastion de la paix, de la démocratie et des libertés.
Il s’agit pour eux de se débarrasser des forces démocratiques autonomes et mettre la société sous l’emprise et le contrôle des réseaux politico-sécuritaires et financiers, excroissances monstrueuses de la caste mafieuse au pouvoir.

La répression sauvage sous forme d’expéditions punitives, digne des heures les plus sombres de la période coloniale, ne vise-t-elle pas une montée aux extrêmes destinée à favoriser les tendances populistes et violentes ? La dernière vague d’arrestations ne s’inscrit-elle pas dans cette stratégie machiavélique ?
Le FFS, fidèle à ses principes, exige la libération immédiate de tous les détenus et l’arrêt inconditionnel de toutes les poursuites judiciaires.

Face à cette situation alarmante, le Front des Forces Socialistes, parti de la non-violence, appelle les Algériennes et les Algériens à demeurer vigilants et à déjouer les manœuvres et les manipulations de la police politique.

Le conseil national considère que ces élections s’inscrivent dans cette perspective diabolique de mise à mort du peuple algérien et du potentiel politique qui lui est resté fidèle.
Le FFS, fidèle à son combat et à son éthique, refuse le principe sur la base duquel va s’organiser ce scrutin. Participer ou boycotter revient donc à s’inscrire dans la logique imposée par les tenants du pouvoir.

Le conseil national dénonce l’irresponsabilité du pouvoir qui s’obstine à fermer la voie à la solution politique, quitte à exposer le pays à une décomposition politique et sociale.
Le Mémorandum adressé aux généraux décideurs et au chef d’Etat est demeuré à ce jour sans réponses alors qu’il peut ouvrir des perspectives salutaires pour tous.
Le conseil national considère que l’ère des fausses solutions est désormais révolue.

Le conseil national du FFS appelle à une dissidence nationale électorale citoyenne et pacifique et demande aux commis chargés de mener l’opération électorale d’observer une grève générale le jour du scrutin.

Le conseil national considère qu’il est urgent et vital que les forces et les personnalités, politiques et sociales, se rassemblent pour imposer la solution politique longtemps attendue par les Algériennes et les Algériens.

Le conseil national appelle la communauté internationale à agir pour que soit mis fin à la répression qui s’abat sur la population, dans une région en particulier.

La communauté internationale doit également prendre des initiatives fortes pour prévenir le chaos qui s’annonce dans notre pays avec les risques que cela pourrait engendrer dans tout le bassin méditerranéen : seuls le recouvrement par le peuple algérien de son droit à l’autodétermination et l’instauration d’un Etat de droit permettront à notre pays de sortir de l’engrenage de la violence et se hisser au rang de partenaire crédible.

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