Note du Groupe Parlementaire du FFS Remise à la délégation du Parlement Européen

FFS
Front des Forces Socialistes

Note du Groupe Parlementaire du FFS
Remise à la délégation du Parlement Européen

Le FFS a pris connaissance avec inquiétude de la résolution du Parlement Européen sur la répression en Kabylie.

En effet, après 10 ans de guerre à huit clos qui a fait déjà 200 000 morts et des milliers de disparitions forcées, il apparaît que la communauté internationale persiste dans son aveuglement quant à l’appréciation du drame que vit l’Algérie.

Les derniers évènements douloureux survenus en Kabylie et dans d’autres wilayas du centre du pays traduisent l’expression d’une révolte citoyenne pacifique suite à un désarroi généralisé, du reste, vécu par l’ensemble des Algériennes et des Algériens.

La résolution du Parlement Européen vient pervertir le sens politique véritable de cette mobilisation par l’utilisation pour le moins irresponsable de la notion de peuple berbère. Elle ne peut que conforter les intentions stratégiques du pouvoir algérien qui a de tout temps tenté de créer une diversion berbériste en Kabylie.

La complaisance renouvelée de la communauté internationale face aux massacres de population civile, aux assassinats politiques, aux disparitions forcées, à la torture systématique ainsi qu’aux fraudes électorales massives répétées nous autorise aujourd’hui à nous interroger sur le degré de complicité de certains partenaires de l’Algérie avec le pouvoir algérien.

La résolution du Parlement Européen traduit un recul avéré par rapport à la déclaration d’urgence du PSE qui a recommandé au Parlement Européen d’agir auprès de l’ONU pour l’envoi d’une commission d’enquête internationale sur les massacres en Algérie.

En effet, s’en remettre et se féliciter de la mise en place de commissions d’enquêtes nationales revient à se rendre complice de l’opacité et de l’impunité.
Est-il besoin de rappeler la mise en place dans le passé de commissions d’enquêtes nationales qui n’ont jamais aboutit à faire éclater la vérité et encore moins à rendre justice.

Plus recemment encore les modifications apportées au code pénal visant à restreindre la liberté d’expression illustre parfaitement la parade contre tout droit de regard.

Il nous paraît inadmissible que la communauté internationale se taise à chaque offensive de la dictature algérienne. Comme il est inacceptable de rester prisonnier du chantage et de la raison d’Etat.

Nous tenons à rappeler que l’Algérie est signataire du protocole facultatif du Pacte International sur les Droits civils et politiques et qu’à ce titre les Algériens ont le droit de saisir directement les instances internationales. Comme il est du droit des autres pays signataires d’interpeller et de critiquer dans de pareilles situations.
Le spectre de l’ingérence ou de l’offense à la souveraineté nationale brandit par le pouvoir algérien ne peut pas être agité dans de pareilles circonstances.

Pour notre part, nous avons toujours pris nos responsabilités pour que notre pays ne sombre pas dans le chaos.
Devant l’impasse politique totale et les risques réels qui menacent la cohésion nationale, nous avons fait une proposition de sortie de crise pacifique, politique et démocratique contenu dans le mémorandum ci-joint remis au chef de l’Etat et aux Généraux décideurs.

Nous souhaitons que les partenaires et les amis de l’Algérie prennent définitivement conscience et s’impliquent pour le retour à la paix et à une véritable transition démocratique.

Siège national : Front des Forces Socialistes – 56, avenue Souidani Boudjema – Alger – tél: + 213 21 69 41 41
– fax : + 213 21 48 45 54 e-mail : [email protected]

Représentation à l’étranger : Délégation du Secrétariat National à l’étranger – 9, rue des deux gares, 75010 Paris
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