Marche d’aujourd’hui: Le FFS persiste et signe

Marche d’aujourd’hui

Le FFS persiste et signe

Par Zoubir Khelaïfia, Le Jeune Indépendant, 14 mars 2002

En dépit de la mise en garde du ministère de l’Intérieur, le FFS persiste et signe. Ce parti passera aujourd’hui à l’action en organisant la marche à laquelle a appelé M. Ahmed Djedaï, son premier secrétaire national, le 7 mars dernier lors du meeting organisé à la salle Atlas de Bab El-Oued. Le chargé de la communication, Chafâa Bouaïche, confirme l’information et affirme que cette marche est bel et bien maintenue.

Des milliers de personnes sont donc attendues aujourd’hui à la place du 1er-Mai, point de départ de la marche en question. Cependant, il est fort probable que celle-ci soit interdite par les pouvoirs publics comme ses devancières, à l’image de celle à laquelle ont appelé les aârchs le 1er novembre dernier.

Dans un communiqué, daté du 10 mars dernier, le ministère de l’Intérieur reste intransigeant sur la question.

Il rappelle, à ce sujet, que toute marche est interdite dans la capitale et appelle les initiateurs de la marche d’aujourd’hui à faire preuve de sagesse et de sens de responsabilité. Faisant la sourde oreille à cette mise en garde, le parti d’Aït Ahmed défie encore une fois le pouvoir et brave les interdits, même si les risques d’éventuels dérapages ne sont pas à écarter, comme ce fut le cas le 14 juin 2001, où le pire a été évité de justesse.

Cette marche laquelle ont appelé les aârchs a dégénéré en affrontements entre manifestants et les forces de l’ordre, faisant plusieurs morts dont 2 journalistes.

La marche à laquelle a appelé Ahmed Djedaï intervient 2 jours seulement après le discours prononcé par le président de la République et adressé justement à la région kabyle, dans l’espoir d’amener les aârchs à reconsidérer leurs positions. Mais c’était peine perdue.

Ces mêmes aârchs durcissent le ton et la violence a regagné en intensité, plongeant de nouveau cette région dans l’incertitude. Elle intervient également le jour même où le conseil national du FFS doit se prononcer sur sa participation aux prochaines élections législatives. Manœuvres politiciennes ou démonstration de force à l’approche d’une échéance électorale ? En tout état de cause, le FFS maintient son appel en défiant une fois de plus le pouvoir que Djedaï a traité de tous les noms lors du meeting cité plus haut.

Les militants de ce parti ont souvent répondu favorablement à l’appel de leurs leaders, mais cette fois-ci, la donne a changé et les événements de Kabylie pourraient dissuader les citoyens de cette région à se rendre en masse à Alger. Z. K.

Communiqué du FFS
La marche pacifique, sous les slogans «Mobilisons-nous pour le changement» et «La dissidence citoyenne en mouvement», qui doit se dérouler jeudi 14 mars 2002 à 12h00 de la place du 1er-Mai à la place des Martyrs, est maintenue.

A cet effet, M. Hocine Aït Ahmed a saisi les instances internationales, notamment la Commission des droits de l’homme de l’ONU, pour prévenir contre toute provocation ou répression de la part des autorités.