FFS: Appel à une marche le 31 mai 2001

FFS
Front des Forces Socialistes

Conseil national

DECLARATION

Devant la détermination des Algériennes et des Algériens à faire aboutir pacifiquement des revendications démocratiques, le pouvoir continue d’opposer la force et la brutalité.

Des jeunes désarmés sont froidement assassinés par les forces de sécurité qui persistent à s’acharner de manière sauvage sur les populations par toute une série de provocations, d’actes de destruction et d’atteintes à la dignité humaine.

Pendant ce temps, les autorités officielles s’enferment dans un mutisme complice et des plus cynique. Aucun geste d’apaisement, aucune mesure concrète n’est intervenue pour apaiser et rétablir la sérénité.
Cette attitude méprisante, qui n’est autre qu’un encouragement de la répression, risque au contraire d’aggraver la situation et provoquer un enlisement généralisé.

Le FFS dénonce le comportement irresponsable des plus hautes autorités qui ont apparemment opté pour la stratégie du pire.

Le FFS exige des décideurs de mettre un terme à ces provocations criminelles, de cesser d’entretenir la tension et le désordre.

L’opinion nationale n’est plus dupe des stratagèmes qui n’ont pour finalité que de briser tout élan de démocratisation et de tenter d’échapper, par le recours à des diversions criminelles, à une prise de conscience nationale et internationale contre l’impunité.

Les Algériennes et les Algériens ont payé le prix fort des fuites en avant et de l’obstination du pouvoir à maintenir, contre la volonté populaire, un système militaro-policier générateur de Hogra, d’exclusions, de misère et d’injustices.

Ce système a fini par mettre le pays en situation de déréliction morale et politique, tout en semant les germes de la dislocation sociale et culturelle.

Aucun prétexte fallacieux, aucune manœuvre clanique ne parviendra désormais à faire reculer l’urgence d’une issue politique et démocratique à la crise.

L’impasse étant intégrale et l’échec totalement consommé, la responsabilité du pouvoir dans la crise sanglante que vit le pays ne peut plus être esquivée ou occultée.

Il y a quelques jours, le FFS a pris l’initiative d’adresser au chef de l’Etat et aux généraux-décideurs un Mémorandum pour une transition démocratique.

Cette nouvelle proposition de sortie de crise est susceptible aujourd’hui de favoriser la reconstruction, dans la paix civile, de l’Etat et de la Nation sur des bases démocratiques et modernes.

Les forces politiques et sociales autour desquelles se bâtira l’Algérie de la liberté, des droits de l’homme et du progrès social, existent et sont majoritaires.

Les récents événements ont confirmé ce formidable potentiel démocratique particulièrement chez une jeunesse qui exige un changement radical.

Parier sur son essoufflement ou tenter de l’étouffer dans le sang relèverait de la pathologie politique.

Le FFS, tout en saluant l’extraordinaire mobilisation citoyenne, appelle à sa poursuite et à son élargissement. Il se déclare totalement solidaire des actions pacifiques émanant de la société civile visant la défense des droits et des libertés fondamentales, dont la liberté de la presse.

Le FFS appelle les jeunes, les femmes, les travailleurs, les journalistes, les cadres, les universitaires ainsi que toutes les forces politiques et sociales démocratiques à venir participer massivement à la marche de l’espoir démocratique le jeudi 31 mai 2001 à Alger.

Pour exiger :

1. L’arrêt immédiat de la répression et des provocations.
2. La levée immédiate et inconditionnelle des dispositifs policiers.
3. Une solution concertée concernant les examens.
4. L’arrestation et le jugement des commanditaires et des auteurs des assassinats.
5. La reconnaissance d’un satut politique pour les victimes de la repression sanglante.
6. Le retrait immédiat du texte portant modification du code pénal.
7. L’arrêt immédiat du bradage et du pillage du patrimoine national.

Pour la Vérité, la Justice et la Liberté.

Alger, le 24 mai 2001

 

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