FFS: Résolution du Conseil National

Résolution Du Conseil National

 

Alger, le 26 Août 1999.

 

Le Conseil National du Front des Forces Socialistes, FFS, réuni en session extraordinaire le 26 août 1999 constate que :

 

1. Au plan politique :

La jonction du discours populiste et des pratiques autoritaires dénote la volonté des décideurs de pérenniser le système et de mener à terme la mise au pas de la société.

En Effet :

  • L’état d’urgence et le disposition d’exception qui l’accompagne sont toujours en vigueur ;
  • Les médias lourds, notamment la télévision, restent hermétiquement fermés au débat contradictoire ;
  • Les Institutions bloquées, véritable chambre d’enregistrement, ne sont sollicitées que pour avaliser des décisions prises dans d’autres sphères ;
  • Les algériennes et algériens , toujours exclus du processus de prise de décision, sont convoqués pour cautionner une démarche qui se veut généreuse et porteuse de profession de foi, mais dont nul ne saisi ni les tenants ni les aboutissants ;

2.Au plan sécuritaire

  • Une recrudescence de la violence après une brève accalmie, avec multiplication des assassinats, égorgements collectifs, attentats ciblés ou aveugles… et ce en dépit de l’accord passé entre le commandement de l’ANP et l’AIS en octobre 1997 ;
  • L’absence de mesures concrètes à même de répondre aux attentes des familles victimes de la violence et du terrorisme ;
  • L’absence de prise en charge effective de la question des milliers de disparus ;

3. Au plan économique et social

  • La paupérisation affecte des pans entiers de la société, alors que parallèlement, une caste minoritaire d’affairistes proche du pouvoir continue de s’enrichir ;
  • La population continue de subir les effets désastreux du plan d’ajustement structurel ;
  • Le développement des fléaux sociaux vient se greffer au chômage, licenciements massifs, compression de personnel, dissolution d’entreprise…

Autant de facteurs qui encouragent l’exclusion et alimentent la violence.

C’est dans ce climat que les algériennes et algériens sont convoqués à un sixième rendez-vous avec les urnes en moins de quatre ans.

Il leur sera demandé de s’exprimer sur  » la démarche du président relative à la paix et à la concorde civile « .

C’est parce que la paix nous concerne au premier plan , c’est parce que nous n’avons cessé de nous battre pour réconcilier les algériens, que nous ne pouvons cautionner une fausse démarche pour une fausse solution.

En effet, aucun dispositif sérieux reposant sur des objectifs, des échéances et soutenu par des mesures concrètes n’est proposé au peuple algérien pour instaurer la paix et réaliser la réconciliation nationale.

En réalité, ce référendum- plébiscite a pour objectif principal de laver l’affront du 15 avril 1999 suite au retrait des six candidats, et de combler le déficit de légitimité de Abdelaziz Bouteflika.

Il permet également au pouvoir de s’offrir une chèque en blanc pour toutes ses actions futures, politiques et sécuritaires, sous couvert d’une pseudo-légitimité, tout en déniant   à l’opposition véritable de faire des propositions de sortie de crise.

Par ailleurs, ce référendum vient sceller un accord entre le commandement de l’ANP et de l’AIS pour occulter les responsabilités des islamistes radicaux et des ultras du pouvoir dans le drame que vit notre pays, et par là leur garantir l’impunité, ouvrant ainsi la voie à toutes les dérives.

Cette démarche est annonciatrice d’une nouvelle ère de glaciation post-référendaire avec davantage de verrouillage politique et médiatique, confiscation des libertés, refus du dialogue et remise en cause du pluralisme politique.

La concorde civile des généraux n’est pas la réconciliation nationale à laquelle aspire le peuple algérien et pour laquelle se bat le FFS.

Seule une démarche pour une solution politique, pacifique, démocratique et globale à la crise est à même de ramener la paix telle que préconisée par le Contrat National signé à Rome en janvier 1995. Il consacre les principes démocratiques tels : le respect des libertés individuelles et collectives, la défense des Droits de l’Homme, le respect du pluralisme et de l’alternance, le rejet de la violence pour accéder ou se maintenir au pouvoir…

Les voies et moyens de rétablissement de la paix et la réconciliation nationale passe nécessairement par l’ouverture d’un dialogue franc et transparent associant tous les partis politiques représentatifs et le pouvoir.

En l’absence de toute forme de garantie politique et démocratique, le prochain référendum participe d’une volonté de normalisation autoritaire de la société.

S’agissant d’un faux débat porté par une fausse démarche, le FFS refuse de s’y inscrire et de cautionner une mascarade faite pour duper les citoyens en leur donnant de faux espoirs.

Les Algériennes et Algériens sauront trouver eux-mêmes leur exigence d’une véritable démarche de paix et de réconciliation nationale

 .

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