Ait-Ahmed: Le Conseil de sécurité doit se saisir de la situation en Algérie

Le Conseil de sécurité doit se saisir de la situation en Algérie
(Aït Ahmed)

GENEVE, 26 juin (AFP) – Hocine Aït Ahmed, président du Front des Forces socialistes (FFS), l’une des principales figures de l’opposition algérienne, souhaite que le conseil de sécurité de l’ONU se saisisse de la situation en Algérie et invite Javier Solana, chargé de la politique extérieure de l’Union européenne, à s’y rendre. »J’ai demandé l’aide de la Belgique, qui va assumer la présidence de l’Union européenne (au 2ème semestre 2001), pour porter à la connaissance du Conseil de sécurité la situation en Algérie », a-t-il expliqué mardi à quelques journalistes à Genève. Si tel s’avère le cas, ce serait la première fois depuis juin 1956, date à laquelle l’Algérie était encore une colonie française, que le Conseil de sécurité se saisirait de la situation de ce pays, a rappelé M. Aït Ahmed qui vit depuis 1966 en Suisse, près de Lausanne.
« Les autorités belges se sont engagées à discuter de cette possibilité avec leurs autres partenaires européens », a-t-il indiqué. Pour sortir l’Algérie de la crise actuelle, a estimé M. Aït Ahmed, aujourd’hui âgé de 75 ans, « il faut la conjonction d’une dynamique intérieure et des pressions internationales ». La succession de manifestations que connaît actuellement l’Algérie participe de cette dynamique, selon lui. Quant aux pressions internationales, outre la saisie du Conseil de sécurité et l’appel à M. Solana, le chef du FFS a réitéré son appel à l’envoi de commissions internationales d’enquête dans le pays, ainsi que des différents rapporteurs spéciaux de la Commission des droits de l’homme de l’ONU dont ceux chargés de la torture et des disparitions.
Le 12 mai dernier, M. Aït Ahmed a envoyé au président algérien Abdelaziz Bouteflika ainsi qu’à plusieurs généraux, dont Mohamed Lamari, chef de l’armée, et Tewfik Mediene, chef de la police politique, un « mémorandum de sortie de crise ». Dans ce document M. Aït Ahmed demande la mise en place d’un gouvernement provisoire associant les militaires, une réforme complète du système électoral avant l’élection d’une assemblée constituante.
Jusqu’à présent, seul le général Lamari a répondu pour rappeler que « l’armée ne faisait pas de politique et ne se considérait pas comme responsable de la répression dans le pays », a précisé M. Aït Ahmed.
Cette répression, selon l’opposant, a révélé « la vraie nature du régime (du président Bouteflika) qui dirige par la terreur, la manipulation et la corruption ».
Interrogé sur son éventuel retour en Algérie, M. Aït Ahmed y a mis comme condition la levée de l’état d’urgence, en vigueur depuis 9 ans, et le retour à la liberté d’expression. « Je suis prêt à jouer un rôle en Algérie. Je suis prêt à rentrer pour contribuer à l’émergence de partis politiques », a indiqué M. Aït Ahmed, condamné à mort en mars 1965 puis gracié par l’ancien président Ben Bella, quelques jours avant son éviction du pouvoir par l’armée.
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