FFS: déclaration du conseil national le 12 avril 2001

FFS
Front des Forces Socialistes

Conseil National

Le Conseil National du Front des Forces Socialistes, réuni en session ordinaire le 12 avril 2001 à Alger, a adopté la déclaration suivante.

La violence et le terrorisme continuent de faire des dizaines de victimes chaque semaine. Attentats et massacres ciblant civils et forces de sécurité se multiplient sur l’ensemble du territoire national.
Le FFS condamne ces actes ignobles et ce quels qu’en soient les auteurs.

L’impunité consacrée pour les criminels et les seigneurs de la guerre n’a fait qu’enfoncer chaque jour davantage le pays dans l’engrenage des tueries et des règlements de compte. Alors que la relance de la distribution d’armes à la population apporte un démenti cinglant aux prétentions  » pacifistes  » des autorités officielles.

Les  » politiques  » dites de  » concorde  » n’ont pas fini de livrer leurs réels desseins : masquer l’impasse intégrale générée par le refus de la solution politique, tout en manigançant des compromis occultes au dépens de la population et de la démocratie.
Le FFS reste convaincu que la vérité et la justice sont au cœur de tout processus de paix et à la base de toute réconciliation véritable. Pour cela, toute la lumière doit être faite pour situer les responsabilités dans les graves violations des droits de l’homme et les crimes contre l’humanité perpétrés contre le Peuple Algérien.

Le FFS salue dans ce sens les efforts déployés par son Président, Hocine Aït-Ahmed, notamment auprès de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU.

Les campagnes calomnieuses visant à déstabiliser notre parti traduisent la panique du pouvoir suite, entre autres, à l’action que mène le FFS sur le dossier des Droits de l’Homme.
A ce propos, suite aux révélations indubitables d’un ex-officier de l’institution militaire, le pouvoir, à court d’arguments, ressuscite les thèses éculées du stalinisme sur le  » complot  » et  » l’ingérence étrangère « . Ce ne sont que des prétextes pour agir dans l’impunité totale et poursuivre une guerre à huis clos qui en est à sa dixième année, et dont le peuple est l’unique victime.

Ce qui est qualifié par le pouvoir et ses relais politico-médiatiques de  » campagne orchestrée par des officines étrangères  » est en réalité une véritable dynamique politique, dont les principaux animateurs sont des Algériens, et qui suscite à l’étranger un débat de fond sur la gravité de la situation des droits de l’Homme dans notre pays.
Les réactions violentes du pouvoir et de ses alliés ont pour principal objectif d’empêcher toute mobilisation en Algérie sur cette question.

Le FFS rend hommage aux positions et actions de solidarité avec le peuple Algérien d’intellectuels et d’universitaires de renom et dénonce la campagne aux relents racistes qui les vise.

La logique d’éradication du terrorisme islamiste prônée par le pouvoir depuis le 11 janvier 1992 est bien une stratégie de mise à mort des libertés politiques. Le pacte secret entre chefs de guerre ne donne-t-il pas raison au FFS qui avait, alors, qualifié l’arrêt du processus électoral de  » coup d’Etat contre la démocratie  » ?

L’instauration de l’Etat d’urgence, maintenu illégalement, a pour raison d’être l’extinction progressive de toute vie politique. Il a favorisé, parallèlement, le développement d’une bureaucratie politique, corrompue et corruptrice, encadrée par la police politique, et disposant du droit de vie et de mort sur les Algériennes et les Algériens.

C’est le règne du non Droit imposé par un pouvoir qui a reproduit le code colonial de l’indigénat et qui ne tolère aucune autonomie dans l’action partisane, syndicale ou associative.

De plus, les attaques récurrentes du chef de l’Etat contre le pluralisme politique trouvent une traduction concrète. Les amendements introduits dans le code pénal constituent une étape supplémentaire dans la consolidation d’un système totalitaire. Ils viennent compléter tout l’arsenal juridique dont la finalité est d’éradiquer le politique, et museler définitivement l’opposition démocratique.

Comment ne pas voir dans cet enchaînement de mesures néofascistes les prémices d’une restructuration autoritaire du champ politique, pour laisser la voie libre à une  » classe politique « , amalgame d’anciens notables du parti unique et de nouveaux mercenaires politiques, sécrétés par l’ordre sécuritaire ?

Le FFS considère que dorénavant nul ne sera dupe de l’illusionnisme politique, des simulacres de ruptures et des fausses réformes. La kyrielle de commissions-étouffoir mises en place vise à évacuer le débat sur des questions essentielles engageant l’avenir du pays alors qu’elles sont, avant tout, l’affaire des citoyennes et des citoyens. Comment expliquer, par exemple, la formation d’une nouvelle commission chargée des Droits de l’Homme, sans même que l’ONDH n’ait fait un quelconque bilan. Une fois de plus, on veut laisser croire à la possibilité de recours interne.
En fait, il s’agit pour le pouvoir de gagner du temps et de donner l’image d’un système en voie de se réformer. Alors que l’on assiste à une désagrégation du tissu social, à l’élargissement de la pauvreté avec ce que cela génère comme fléaux sociaux et résurgence d’épidémies tels que le Choléra, la Typhoïde, …

Pour le FFS, le vrai changement réside dans l’amorce d’un processus politique de reconstruction et de restitution de l’Etat au peuple Algérien et de consacrer son droit à l’autodétermination, à travers l’élection d’une assemblée constituante.
Aucun homme, aucun groupe ne peut s’arroger le droit de décider du sort de toute une Nation et de disposer à sa guise de ses ressources inaliénables.

Pour le FFS, seule une transition engagée sur la base d’un pacte pour l’alternance démocratique permettra de jeter les fondements d’un Etat de droit.

A la veille de la commémoration du printemps Amazigh, le FFS réaffirme que le combat pacifique pour la reconnaissance constitutionnelle de Tamazight en tant que langue nationale et officielle est indissociable du combat pour la démocratie et le respect des droits de l’Homme.

Le FFS appelle le peuple algérien à se mobiliser et à s’organiser dans des cadres autonomes pour imposer pacifiquement l’Alternative démocratique.

Front des Forces Socialistes – 56, souidani Boudjema – Alger tel: 213/21694141 fax: 213/21694145 e-mail :[email protected]

 

 

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