Impressionnant dispositif sécuritaire aux portes d’Alger

En prévision du festival de la jeunesse et de la marche des aârchs

Impressionnant dispositif sécuritaire aux portes d’Alger

Par Amina Azoune, Le Jeune Indépendant, 8 août 2001

Une marche (maintenue malgré le refus du ministère de l’Intérieur) est prévue aujourd’hui par les aârchs sur un parcours qui devrait les mener du stade du 5-Juillet à la présidence de la République. Les marcheurs veulent remettre une plate-forme de revendications au chef de l’Etat.

La manifestation coïncidera avec l’ouverture officielle du festival international de la jeunesse, qui a suscité, rappelle-t-on, l’hostilité des aârchs, en Kabylie.

Ainsi et pour parer à tout débordement ou dérapage, la Gendarmerie nationale a installé un important dispositif autour d’Alger pour empêcher tout regroupement de manifestants. D’ailleurs un dispositif pour les en dissuader a été mis en place dès lundi pour prévenir toute infiltration. Ainsi, d’importants barrages de gendarmerie sont installés tout au long de l’autoroute Alger – Tizi Ouzou. Le barrage de gendarmerie le plus dissuasif est celui dressé, à partir d’hier, à Boudouaou. Les éléments de la brigade y effectuent un contrôle systématique des véhicules. Les automobilistes qui voulait se rendre à leur travail hier matin ont dû patienter plusieurs heures avant de pouvoir repartir. Quelques kilomètres plus loin, un imposant campement était dressé par la gendarmerie.

A Thénia, un autre dispositif non moins important était visible, d’autant que cet axe constitue la principale entrée vers Alger lorsque l’on vient de l’Est algérien.

D’autres barrages étaient installés près d’Ahl El-Kseur et près d’Aomar. Il y a lieu de noter également que d’importants barrages de gendarmerie, utilisant des chiens policiers et des automitrailleuses, sont mis en place et les transports de voyageurs systématiquement contrôlés et fouillés avant d’être autorisés à poursuivre leur route. Des herses, des barrières métalliques et des chiens dressés occupent une large partie de la chaussé réduite à une seule voie. Selon des témoignages, les véhicules immatriculés à Tizi Ouzou, Boumerdès, Béjaïa et Bouira sont soumis à des fouilles minutieuses.

Les autocars, fourgons de transport et taxis sont également stoppés et leur passagers invités à présenter leurs pièces d’identité. Ce déploiement de force ne semble pas pour autant décourager les aârchs. De nombreux manifestants se disent décidés à se rendre à Alger et à être au rendez-vous au stade du 5-Juillet, choisi comme lieu de rassemblement des marcheurs. Les aârchs, qui ont déclaré la Kabylie en deuil en raison des émeutes sanglantes qui s’y sont déroulées, ont décidé le boycott du festival. Rappelons que les émeutes avaient éclaté à la suite de la mort, le 18 avril, d’un lycéen dans les locaux de la gendarmerie de Béni-Douala. Les affrontements qui s’ensuivirent avaient fait une soixantaine de morts et plus de 2 000 blessés. Cependant, dans le souci d’éviter tout débordement, les organisateurs de la marche ont donné des consignes strictes pour que la manifestation ne sorte pas de son cadre pacifique. Il leur est notamment recommandé de ne porter aucun objet pouvant être assimilé à une arme. Les manifestants ne devront pas chercher à forcer les barrages de la gendarmerie, comme ils ne devront en aucun cas répondre aux provocations. Selon la coordination des aârchs, en cas d’empêchement, les manifestants doivent recourir au sit-in sur place et attendre les instructions des responsables. Rappelons que le 5 juillet dernier, un dispositif similaire avait été déployé pour empêcher la marche des délégués prévue à Alger et interdite alors par les autorités. Enfin, il y a lieu de signaler que la capitale et ses alentours sont mis sous haute surveillance. Le dispositif sécuritaire mis en place vise au bon déroulement du festival pendant toute sa durée et ne semble pas concerner la seule manifestation décidée par les aârchs. A. A.

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