Seisme: Les dégâts évalués à 5 milliards de dollars

SEISME / Les dégâts évalués à 5 milliards de dollars

El Watan, 14 juin 2003

Les dégâts occasionnés par le tremblement de terre qui a frappé les wilayas d’Alger et de Boumerdès le 21 mai dernier coûteront à l’Etat algérien entre 350 et 400 milliards de dinars, soit quatre à cinq milliards de dollars. Ce chiffre a été avancé par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, jeudi dernier lors de son déplacement à Blida.

Un premier bilan établi par la cellule de crise, installée au lendemain de la catastrophe, fait ressortir que près de 128 000 logements sont endommagés, dont 78 000 à Alger, 34 000 à Boumerdès, 7000 à Tizi Ouzou, 2500 à Blida, 4300 à Bouira, 1700 à Tipaza, 850 à Béjaïa et 150 à Médéa. Sur les 128 000 logements qui ont subi des dégâts, 13 300 ont été complètement détruits, à savoir 7000 à Alger, 6000 à Boumerdès, 150 à Bouira, 90 à Blida et 90 autres à Tizi Ouzou. Cependant, ce chiffre risque de s’élever pour atteindre les 20 000 habitations destinées à la destruction, et ce, après la contre-expertise de près de 30 000 logements fortement endommagés. Bouteflika a annoncé que les autorités ont décidé de recourir à l’acquisition de logements préfabriqués (chalets) auprès des opérateurs économiques nationaux qui ont été sommés de produire le plus grand nombre possible durant le mois de juin 2003. Le nombre global de logements, tous types confondus, (chalets, cabines, logements) qui seront disponibles d’ici au 15 octobre prochain est estimé à 13 800 unités et atteindra, fin décembre de la même année, près de 21 000 unités. La catastrophe du 21 mai a causé des dégâts importants aux équipements publics qui sont estimés à 4400. Pour le secteur de l’éducation, il a été recensé 860 établissements scolaires endommagés, dont 130 détruits ; pour ce qui est de l’enseignement supérieur, il a été déploré 45 établissements touchés dont cinq complètement endommagés. Concernant le secteur de la santé, il a été enregistré 31 infrastructures détériorées et dix détruites. Les secteurs de la justice, de la culture et de la jeunesse ont été également secoués avec respectivement 47 structures à réhabiliter, 32 infrastructures et sites culturels endommagés et, pour ce qui est du sport 40 établissements ont subi des dégâts. Le montant des dégâts et des pertes dans le domaine économique public est de près de 50 milliards de dinars. Quant au secteur économique privé, l’évaluation des dégâts se poursuit et dépasse déjà les 10 milliards de dinars. Jusqu’à aujourd’hui, 179 500 sinistrés sont pris en charge dans plusieurs sites et bénéficient, selon M. Bouteflika, de repas chauds. Les différents sites d’hébergement sont alimentés en eau potable à travers divers moyens, l’électricité a été rétablie à 95 % dans les régions touchées, alors que 158 sites, sur un ensemble de 208, ont été raccordés au réseau électrique, et les travaux se poursuivent pour le reste. Le président de la République a précisé qu’au moins 50 communes, sur les 1525 que compte l’Algérie, ont été touchées par le séisme, et a estimé que la situation ne pourrait se normaliser avant deux années au moins. Outre les cinq milliards de dégâts du séisme du 21 mai, M. Bouteflika a évalué à cinq milliards de dollars le coût des tremblements de terre de Mascara en octobre 1994 et de Aïn Témouchent en décembre 1999 et les inondations de Bab El Oued à Alger en novembre 2001. Il a indiqué que la sécheresse qui a sévi ces dernières années en Algérie avait occasionné des pertes de 10 milliards de dollars. M. Bouteflika a également chiffré les dégâts du terrorisme qui frappe le pays depuis 1992 à quelque 20 milliards de dollars. Le président a saisi cette occasion pour rappeler que la dette extérieure de l’Algérie s’élevait à 22 milliards de dollars et que son endettement interne était de 12,5 milliards de dollars.

Par Nabila Amir