De Villepin à Alger les 16 et 17 décembre

De Villepin à Alger les 16 et 17 décembre

Le Quotidien d’Oran, 14 décembre 2002

Dominique De Villepin est attendu à Alger le 16 décembre pour une visite de deux jours. Le ministre français des Affaires étrangères arrivera le lundi au soir. Il devra dîner avec son homologue algérien, Abdelaziz Belkhadem.

Le lendemain, le ministre français rencontrera le Président Bouteflika, visitera le quartier populaire de Bab El-Oued qui a été touché par des inondations meurtrières le 10 novembre 2001, inaugurera le lycée international d’Alger et prononcera un discours sur les relations algéro-françaises à l’Institut national de la magistrature. Plusieurs sujets seront évoqués lors des entretiens entre le ministre français et les responsables algériens. Il s’agit notamment du problème du Sahara Occidental, de l’immigration clandestine et du retour des immigrés clandestins algériens installés en France et des réformes économiques. Concernant l’investissement français en Algérie, le ministre français défendra la position du MEDEF qui réclame plus de transparence dans la gestion des affaires économiques en Algérie. «Il y a des problèmes techniques comme le foncier et le transfert des bénéfices. Mais le plus important est l’opacité qui entoure l’économie algérienne. Elle empêche la venue en masse des investisseurs français et étrangers. Les patrons français sont prêts pour faire des affaires, mais pour investir directement, ils hésitent encore.

Le discours politique est très favorable, mais sur le terrain, la situation est toujours confuse», confie une source patronale. Et pour prouver son soutien aux réformes économiques en cours, la France a accepté la conversion d’une partie importante de la dette algérienne en investissements. L’accord qui sera signé lors de cette visite pourrait débloquer les négociations sur la première partie de 60 millions de FF accordée lors de la visite du Président Bouteflika en France en juin 2000. En effet, les négociations sur la reconversion de cette somme ont buté sur la demande de la partie algérienne d’augmenter ce montant jugé «dérisoire». Les Français ont longtemps refusé sous prétexte qu’il faudrait d’abord reconvertir la première partie. La reconversion de parties importantes de la dette algérienne permettra aux entreprises françaises de prendre part directement à la privatisation des entreprises publiques algériennes. Par ailleurs, cette visite intervient quelques jours après l’annonce par Rabat d’un partenariat stratégique avec Paris. Et au moment où les Américains veulent faire de l’Algérie un partenaire de choix dans la région du Maghreb.

Elle intervient aussi dans un contexte difficile marqué en France par les attaques contre le milliardaire algérien, Rafik Khalifa qui a ravivé la polémique dans la presse française sur les militaires algériens. Il a eu, également, cette émission de la chaîne Canal+, sur la responsabilité des services algériens dans les attentats commis à Paris par les groupes armés algériens. Des sujets qui fâchent! a répondu Alger avec un soutien fort, au businessman algérien.

Seul réconfort de la part de Paris, le Conseil supérieur de l’Audiovisuel français a donné son feu vert pour Khalifa TV. Ce qui place cette visite sous le signe du réchauffement des relations politiques entre les deux pays.

Avant la visite d’Etat qu’effectuera en Algérie le Président Jacques Chirac en mars 2003, plusieurs visites importantes de hauts responsables des deux pays, sont prévues.

La visite de De Villepin a pour but: «de poursuivre et d’approfondir la dynamique de refondation de la relation franco-algérienne en cours depuis la visite d’Etat du Président Bouteflika en juin 2000», a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, François Rivasseau, lors d’un point de presse. Elle vise, également, à préparer des échéances bilatérales «très importantes» prévues en 2003, dont la venue du chef du gouvernement, Ali Benflis, à Paris le 17 janvier, une visite du Président français Jacques Chirac à Alger au printemps et «l’Année de l’Algérie en France», avec ses quelque 2.000 manifestations culturelles dans tout le pays.

Ali Benfis a, en effet, accepté l’invitation de son homologue français, Jean Pierre Raffarin de se rendre à Paris. Alger attend également la venue du ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy.

Hamid Guemache