Sonatrach signe trois contrats avec la compagnie espagnole Cepsa

Sonatrach signe trois contrats avec la compagnie espagnole Cepsa

Un pas vers le marché européen de l’énergie

Mekioussa Chekir, Le Matin, 11 septembre 2002

Trois nouveaux contrats viennent renforcer les relations privilégiées entre l’Algérie et l’Espagne dans le domaine énergétique et constituent un pas important pour l’intégration de notre pays dans le marché européen de l’énergie. Les contrats en question ont été signés hier entre la société espagnole Cepsa et Sonatrach au siège de cette dernière en présence des P-DG des deux entreprises.

Le premier accord porte sur la prise de participations de Sonatrach à hauteur de 30 % dans le holding regroupant quatre unités industrielles de cogénération incluant un contrat de vente et d’achat de GNL destiné aux besoins de ces unités. La capacité totale de ces dernières étant de 200 MW avec une production annuelle de 1600 GW. Le second accord porte sur l’entrée de Sonatrach, à hauteur de 30 %, dans le capital de Cepsa Gas Comercializadora, une société de commercialisation de gaz naturel en Espagne détenue jusqu’ici à parts égales par Cepsa et TotalFinaElf. Les deux contrats de vente et d’achat de GNL associés aux prises de participations de Sonatrach dans les deux sociétés portent sur un volume total de 600 millions m3/an et une valeur de 60 millions de dollars/an. Le dernier accord concerne la constitution d’une société conjointe de trading chargée essentiellement de la gestion des options de pricing sur les marchés à terme d’un certain nombre de cargaisons de pétrole brut. Qualifiant ces contrats de « modèle d’implication dans toute la chaîne du gaz et de l’électricité », le P-DG de Sonatrach, également ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a déclaré que cette nouvelle phase de coopération n’effraie aucunement l’Algérie. Cela étant, il a tenu à clarifier les attentes et les conditions posées pour ce faire : « Nous voulons un marché européen transparent, ouvert et compétitif ; ce qui n’est pas encore le cas. Il faut créer ce marché à travers des actions qui prendront du temps. Avec Cepsa, nous deviendrons un petit acteur dans ce grand marché du gaz mais nous ne voulons pas perdre en termes économiques dans les contrats. A notre avis, la Commission européenne a montré de bonnes intentions en soumettant de faibles cours aux consommateurs, mais il faut faire attention à l’effet contraire dans le sens d’un manque en approvisionnement car des pays comme l’Algérie n’arriveront pas à financer de grands projets. » Le ministre de l’Energie évoque aussi, à ce propos, le rôle des agences de régulation qui « vont souvent au-delà de leurs prérogatives en planifiant le marché alors que les opérateurs doivent être libres ». Présent à la cérémonie de signature, l’ambassadeur d’Espagne a émis le souhait de voir tout le Maghreb intégré dans la sphère européenne et relevé l’importance de ces contrats à la veille de la visite du Président Bouteflika en Espagne.

Il y a lieu de rappeler que les deux sociétés se sont déjà associées pour créer Medgaz, une société chargée de l’étude d’un projet de gazoduc reliant l’Algérie à l’Europe, via l’Espagne. M. Khelil dira que l’Algérie a « les engagements suffisants pour justifier la construction de ce gazoduc ». Ce gazoduc, souligne-t-on, devra réduire de 1 000 km la distance séparant les deux pays et pour lequel l’étude marine est achevée.