Belkhadem à Paris pour un bilan d’étapes

Belkhadem à Paris pour un bilan d’étapes

Mustapha Bey, Algeria Interface, Algeria Interface

Paris, 26 Juillet 2002 – La France a confirmé en 2001 sa position de premier fournisseur de l’Algérie avec près de 25 % de parts de marché, loin devant les États-Unis, l’Italie, et l’Espagne.

Paris, 26 Juillet 2002 – En visite de travail à Paris, jeudi 25 juillet 2002, le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem, a établi avec son homologue français Dominique de Villepin «un bilan d’étapes» de la coopération franco-algérienne, a-t-on indiqué de source diplomatique française à Paris.

Les deux ministres, qui ont déjà pris langue au printemps dernier, à l’occasion de la réunion des «5+5» à Tripoli et du forum Euromed de Myconos, ont évoqué la situation internationale, notamment au Maghreb et au Proche-Orient, et «l’évolution positive» des échanges entre les deux pays après une décennie de stagnation.

Ces entretiens ont par ailleurs permis au chef de la diplomatie algérienne de faire un exposé sur l’évolution de la situation politique et sécuritaire en Algérie, à la lumière des résultats des élections législatives du 30 mai 2002 et de la volonté du nouveau gouvernement algérien de donner des impulsions plus fortes au processus de réformes de l’économie et de l’État. La coopération économique et financière, la circulation des personnes, la réouverture des structures culturelles et consulaires françaises en Algérie et «L’Année de l’Algérie en France», ont été au centre des discussions.

Rééquilibrage des échanges
Le volet bilatéral a donc été le plus important dossier examiné au cours de cette visite de travail, la première d’Abdelaziz Belkhadem en France. La politique de «refondation» des relations bilatérales, impulsée en 1999 et consacrée par la visite d’État du président Bouteflika à Paris, en juin 2000, a connu sa traduction la plus concrète par une augmentation exceptionnelle des échanges commerciaux et du nombre des visas de circulation délivrés aux Algériens.

Ces échanges, qui représentaient un peu moins de 4 milliards d’euros en 1999, ont atteint en 2001 le seuil de 6,4 milliards d’euros, soit une progression de 60 % en deux ans! Cette évolution fulgurante s’accompagne d’un rééquilibrage net du commerce entre les deux pays. Pendant longtemps, la France a affiché avec l’Algérie un fort excédent qui frôlait encore le milliard d’euros en 1999. Cet avantage, en net recul, a été ramené en 2001 à 392 millions d’euros.

Ce rééquilibrage et les bons résultats français sont dus, d’une part, à la progression des prix des hydrocarbures, qui constituent la quasi-totalité des exportations algériennes (1,5 milliards d’euros en 1999, 2,5 milliards d’euros en 2001) et, d’autre part, au dynamisme retrouvé des entreprises françaises, notamment les PME, qui ont pleinement profité de l’assainissement de la situation financière de l’Algérie et de la reprise de ses importations.

Grands contrats
La France a donc confirmé en 2001 sa position de premier fournisseur de l’Algérie avec 3,38 milliards d’euros, soit un peu moins de 25 % de parts de marché, loin devant les États-unis (11,22 %), l’Italie (10,52 %) et l’Espagne (5,28 %). L’Algérie est ainsi le second partenaire commercial de la France, hors pays de l’OCDE, après la Chine, devant le Maroc et la Tunisie. Les produits français les plus exportés ont été en 2001 les automobiles avec leurs pièces de rechange, les médicaments, le lait et les produits laitiers, les céréales et le sucre.

Les grands contrats signés notamment dans les secteurs de l’énergie de l’agroalimentaire ou de la chimie-pharmacie depuis deux ans consolident la tendance à l’amélioration des relations bilatérales. Le montant des contrats a atteint 100 millions d’euros en 1999, 600 millions en 2000, et plus de 655 millions en 2001.

Ce mouvement, souligne-t-on de source diplomatique française, devrait être amplifié par la participation des entreprises françaises au processus de libéralisation de l’économie algérienne, pour autant que la situation d’instabilité politique et sociale en Algérie ne vienne pas freiner le processus de modernisation du pays.