Bouteflika pris à partie par des sinistrés à Boumerdès

Bouteflika pris à partie par des sinistrés à Boumerdès La colère monte

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a été hué à la Cité des 1200 logements de Boumerdès, là où des immeubles se sont écroulés comme des chateaux de cartes par effet du séisme qui a secoué Alger et sa voisine Boumerdès mercredi dernier.

La population surchauffée a durement exprimé sa colère face à l’incurie des autorités locales, qui auraient permis la construction de ces habitations en dehors du respect des normes internationales requises en la matière. Les citoyens ont dénoncé aussi le manque de moyens donnés aux secouristes pour libérer à temps les survivants de sous les décombres. Une partie de la foule réclamait de l’eau, des tentes, des médicaments, des denrées alimentaires… L’autre reprochait au pouvoir politique sa léthargie, voire son indifférence à ce qui peut advenir de la population. Le chef de l’Etat a tenté, tant bien que mal, de calmer les esprits en donnant l’impression d’écouter effectivement les doléances. La tension est montée toutefois d’un cran dès que le cordon de sécurité se resserait autour du premier magistrat du pays, le séparant fatalement des citoyens. Des voix se sont élevées alors pour crier «Pouvoir assasin» ou encore «Allez-vous en, nous n’avons pas besoin de vous ici». Abdelaziz Bouteflika est immédiatement poussé par sa garde rapprochée à l’intérieur de son véhicule. Le cortège des voitures officielles démarre en trombe, sans éviter pour autant quelques pierres bien visées. Le président de la République a certainement cru bien faire en se rendant hier à Zemouri puis à la cité des 1200 Logements de Boumerdès. Il s’attendait peut-être à être reçu simplement comme un chef d’Etat venu s’enquérir de la situation des citoyens de son pays en des moments d’extrême pénibilité. Il avait sous-estimé, de toute vraisemblance, la douleur de ces citoyens qui ont perdu des proches, des voisins ou tous leurs biens dans le terrible séisme qui a secoué leur ville mercredi soir. Des citoyens qui n’ont pas encore émergé de leur cauchemar. C’est donc tout naturellement que la population de Boumerdès a accueilli Abdelaziz Bouteflika par des cris de colère et de révolte. Maladroitement, ce dernier a déclaré à l’APS que «le mécontentement des citoyens est un signe de vitalité du peuple algérien».

Par S. H.