ALGERIE ACTION CULTURE

ALGERIE ACTION CULTURE

www.dz-ac.org

Les autorités algériennes et françaises ont décidé d’un commun accord de faire de l’année 2003, l' » Année de l’Algérie en France « . Les fondateurs de AAC se félicitent de cette initiative importante, pour autant qu’elle contribue effectivement au redressement de la création culturelle en Algérie et au développement des échanges culturels entre les deux rives de la Méditerranée, sans instrumentalisation étatique d’aucune sorte. L’art et la culture sont synonymes de liberté et ne sauraient s’accommoder d’aucune tutelle visant à les utiliser, voire à les façonner, au service d’une idéologie d’État, a fortiori si celle-ci sert à couvrir et à justifier de graves violations des droits de l’homme.

Or, en l’état actuel de nos informations, nous pouvons craindre légitimement que, du côté des autorités algériennes en tout cas, telle soit justement la fonction assignée à l' » Année de l’Algérie « . En effet, selon un document en date du 29 juillet 2001 émanant du  » Commissariat général chargé de l’organisation de la saison algérienne en France « , le premier (et donc le plus important) des trois objectifs de cette initiative est la  » contribution à l’amélioration de l’image de l’Algérie », au nom de l’argument suivant :  » L’Algérie souffre encore d’une image négative dont les caractéristiques essentielles demeurent suscitées par certains milieux hostiles, notamment en France où l’intensité des liens entre les deux pays offre un large espace de manœuvre. « 

Pour nous, cet argument est une allusion transparente aux graves accusations (massacres, tortures, enlèvements, exécutions sommaires) dont ont fait l’objet ces dernières années certains généraux algériens. Depuis des années, tous les témoignages recensés par des militants, associations et ONG internationales de défense des droits humains ne laissent en effet aucun doute sur leur responsabilité à cet égard et sur le laxisme criminel des autorités et des forces de sécurité, incapables d’apporter la sécurité à la population civile et de juger et condamner les membres des groupes armés islamistes responsables de crimes et d’exactions.

Autant il nous paraît en effet essentiel de  » mettre en valeur du potentiel culturel artistique national  » (autre objectif affiché du côté algérien), autant nous n’acceptons pas l’idée que cela puisse servir à occulter la violence meurtrière qui détruit le pays depuis dix ans, ou à l’attribuer aux seuls groupes islamistes. Si les artistes et créateurs algériens d’ores et déjà engagés dans la préparation de l' » Année de l’Algérie en France  » et chargés de sa mise en œuvre apportent des garanties qu’il n’en sera pas ainsi et que les multiples actions prévues se dérouleront en toute indépendance vis-à-vis des autorités algériennes, alors nous serons les premiers à y participer activement.

En attendant ces garanties, les fondateurs de AAC jugent essentiels de préparer dès maintenant l’organisation en 2002 et 2003, en parallèle de – et éventuellement en collaboration avec – l' » Année de l’Algérie en France « , avec la participation de toutes les associations de défense des droits humains, d’une  » Saison (non officielle) de l’Algérie en France  » : il s’agira de manifestations culturelles à travers toute la France, pour promouvoir les arts et la culture algérienne dans toute leur diversité et leur richesse, mais aussi pour faire connaître à l’opinion publique internationale la situation tragique dont sont responsables les dirigeants algériens.

Participez au forum en donnant votre avis sur  » l’année de l’Algérie 2003 en France « 

D’après vous faut-il :

1- participer à l’Année de l’Algérie en occultant la réalité?

2- demander le report en attendant des garanties des autorités algériennes sur le respect des libertés?

3- Faire une année culturelle non officielle tout en montrant le vrai visage des décideurs ?

4- Ne rien faire ?

Ayant besoin de vos appréciations et suggestions, nous vous invitons a participer à ce forum en toute liberté.

Nesroulah YOUS