Face aux échéances politiques futures

Face aux échéances politiques futures

Les «Six» tentent une démarche unitaire

Djamel Amrouche, La Tribune, 30 Mars 2000

«Les représentants des «Six» -candidats aux présidentielles d’avril dernier,
et qui se sont retirés de la course électorale la veille du scrutin- se
réuniront aujourd’hui en un lieu non encore précisé», déclarent
respectivement au téléphone les responsables à l’information auprès de WAFA
de Taleb Ibrahimi et du FFS de Aït Ahmed. L’objet de cette réunion sera
d’amener les différentes parties à se mettre d’accord, à moyen et long
termes, sur la suite à donner à une action inspirée du contrat de Rome et du
«Manifeste des libertés démocratiques» signé par les «Six» le 14 mai 1999, et
qui vise «à proposer une alternative politique à la crise actuelle», souligne
M. Mohamed Saïd, de WAFA. Il faut rappeler que les contacts, aujourd’hui
«rapprochés» entre les six candidats, n’ont jamais été interrompus depuis
avril dernier, ils ont connu une régularité certaine et intensive après la
promulgation de la loi portant concorde civile, rappelle Mohamed Said.
«L’opposition reste active et effective, précise-t-il, et WAFA a été
officiellement agréé depuis le 27 février, en application de l’article 22 de
la loi organique sur les partis politiques». Interrogé sur le point de vue du
parti de Taleb Ibrahimi sur la concorde civile, M. M. Saïd dira que la
logique de la crise est politique, tandis que la concorde civile procède du
sécuritaire. «La mesure est partielle, qui ne règle pas le problème»,
précise-t-il. Concernant le projet de révision de la Constitution qui
s’affirme au fil des jours, et qui s’annonce sans doute pour d’ici à
l’automne, WAFA pense qu’il y a des dossiers prioritaires, à savoir le
règlement de la situation sécuritaire, l’amélioration des conditions de vie
des citoyens, la mise en place d’une politique économique juste et le respect
des lois et des droits de l’Homme. «Cependant, rappelle M. Mohamed Saïd, si
par révision de la Constitution il faut entendre rendre la parole au peuple,
nous applaudissons, sinon[.]», en fait, continue-t-il, «nous ne sommes pas
contre la tenue d’élections à tous les niveaux que ce soit, à condition que
cela se fasse sans fraude ni trucage. Mais un contrat présidentiel de 7 ans,
c’est pour quoi faire ? S’il faut faire toujours avec les mêmes acteurs».
WAFA condamne, d’autre part, l’amendement du règlement intérieur de l’APN,
signe pour lui de «fermeture du champ médiatique», et il est «grossier, pense
M. Mohamed Said, d’empêcher des indépendants, qui sont pourtant au nombre de
12, de créer un groupe parlementaire, quand on sait que ces 12 valent 600 000
électeurs, et que certains partis, à eux seuls, n’en valent parfois que 20
000. C’est une remise en cause de tous les acquis démocratiques».

 

 

retour

algeria-watch en francais