CONCORDE CIVILE

CONCORDE CIVILE
Le référendum aura lieu le 16 septembre

Ahmed Mesbah, El Watan, 2 aout 1999

Le président de la République a signé hier le décret de convocation du corps électoral et ce, conformément à sa promesse de solliciter l’avis du peuple sur le projet de concorde civile quelle que soit l’attitude du Parlement. Le référendum est fixé pour le 16 septembre 1999. Toutefois, l’énoncé de la question qui doit être posée aux citoyens n’est pas connue. Les électeurs doivent se prononcer sur le contenu de la loi votée par le Parlement et déterminer leur position vis-à-vis de la paix. Bouteflika a promis de doter la trêve de l’AIS d’un cadre légal et juridique mais les détails des négociations avec ce groupe armé n’ont jamais été rendus publics. Les partis politiques ont bien accueilli dans l’ensemble l’initiative de Bouteflika mais ont dénoncé l’opacité qui a entouré ces négociations. Certains partis considèrent que le retour à la paix doit être suivi par une ouverture démocratique soutenue par le peuple. Le communiqué de la Présidence de la République indique d’ailleurs que le recours au référendum est conçu «comme un moyen constitutionnel de consultation du peuple et comme l’expression d’une forme très avancée de la démocratie». Les observateurs ont également décelé dans la démarche du président une manière de bénéficier d’un plébiscite après que les résultats de l’élection présidentielle furent mis en doute. Le référendum est présenté comme un moyen d’acquérir l’adhésion des électeurs après que ceux-ci lui ont fait défaut lors de la dernière consultation.

Les parlementaires considèrent quant à eux que cette pratique dévalorise leur institution et que le peuple est pris en otage par Bouteflika, qui l’utilise comme moyen de chantage sur les institutions. Adulé par Bouteflika, De Gaulle, qui était un antiparlementaire notoire, utilisait également ce procédé. Bouteflika attend clairement du peuple qu’il apporte «le poids et la force de sa légitimité» à son projet.

Le président est convaincu que le peuple «saura sans doute confirmer que la démarche qui lui est proposée est celle qu’il attend et celle qui est porteuse d’espoir pour tous». Le président promet de respecter la souveraineté populaire. «Dans tous les cas de figure, seule la souveraineté populaire sera respectée.» Cette fois, il ne menace pas de rentrer chez lui.

retour