Le MNCD s’est constitué

Le MNCD s’est constitué
pour soutenir le programme de Bouteflika

Hamza Medakel, La Tribune, 13 Juillet 1999

Les mécanismes fédérateurs des soutiens composés essentiellement des forces associatives qui ont propulsé Abdelaziz Bouteflika au poste de président de la République commencent à se dévoiler. Le «Mouvement national pour la continuité et le développement» (MNCD) [traduction non officielle] a vu le jour en ce mois de juillet 1999. Un communiqué des initiateurs de ce mouvement, issu de l’élan né de l’élection présidentielle du 15 avril dernier qui a permis à Abdelaziz Bouteflika de devenir le premier magistrat du pays, a précisé l’objectif principal de ce qui est qualifié par la même source de «force civile»: faire de cette «force» une assise et un soutien politiques au programme défendu par Bouteflika durant et après la campagne électorale. Le quotidien El Khabar qui rapporte des extraits de ce communiqué explique que les initiateurs de ce mouvement, à leur tête le général à la retraite Mohamed Ataïlia, lancent un appel aux citoyens pour «renforcer par leurs idées, leurs adhésions et leur soutien en vue de faire aboutir ce projet national». Il est indiqué que ce mouvement a eu son agrément du ministère de l’Intérieur en date du 4 juillet dernier. L’annonce de la création du MNCD intervient, selon le texte dudit communiqué, à une période marquée par l’accélération des événements et l’émergence de plusieurs questions complexes qui n’ont pas trouvé de solution, ainsi que par l’aggravation de la crise sociale. Le projet compte se concrétiser à travers «toutes les forces vives à l’intérieur et à l’extérieur du pays et la polarisation de tout un chacun faisant partie du rang du nationalisme pour rendre sa force et sa dignité à l’Algérie». Une vingtaine de bureaux auraient été déjà ouverts par ce mouvement au niveau du gouvernorat du Grand-Alger. A l’intérieur du pays, la tendance est également au même sens. L’idée de mettre sur pied une structure de soutien au programme du président de la République ne date pas d’hier. Au lendemain du déroulement de la présidentielle anticipée, les principaux comités de soutien mis en place avant le scrutin se sont réunis en assemblée générale. Les représentants des comités installés dans 25 wilayas s’étaient en effet rencontrés à Alger pour proclamer, à cette période-là, le «Mouvement associatif algérien pour la fierté et la dignité» comme pour reprendre le slogan de campagne de Bouteflika. Il lui a été donné comme objectif la pérennisation du soutien dont a bénéficié Bouteflika, «massivement élu par le peuple algérien» et l’active participation à «l’application de son programme». C’est à ce même mouvement qu’on semble avoir changé de dénomination pour devenir le MNCD, une formation politique qui ne dit pas son nom. La barre du million d’adhérents était fixée par les initiateurs de ce projet. Un objectif à concrétiser, selon eux, à l’orée de l’an 2000. Si autant d’ambition venait à devenir palpable, il n’est pas du tout écarté de voir le projet se muer en parti politique qui mettrait bien de l’ombre à ceux composant la coalition des «Quatre». Les FLN, RND, MSP et Ennahda n’apprécieraient certainement pas la démarche. Mais avant de transformer le MNCD en parti, ses initiateurs comptent ne pas tomber dans une démarche qui déboucherait sur un RND-bis.

 

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