Procès Séisme: Le dossier des 252 logements des Issers

Procès du séisme de Boumerdès

Le dossier des 252 logements des Issers

par O. M. / K. R., Le Quotidien d’Oran, 17 juillet 2007

Place au dossier de la cité 252 logements des Issers, au sixième jour du procès du séisme de Boumerdès. Le premier à intervenir, l’ex-directeur du CTC de Boumerdès, M. Rouidjali Réda, a affirmé que plusieurs rapports et constats ont été envoyés à sa direction pour attirer leur attention sur la mauvaise qualité du rond à béton et du ciment alimentant les différents chantiers. L’ingénieur en génie civil ajoute qu’aucune réponse n’est parvenue de la tutelle.

Plus grave, soutient-il, «sur certains chantiers le rond à béton se cassait aisément». M. Rouidjali dira que le rôle du CTC se limitait à faire la police d’assurance, et l’annulation de projets ne rentrait pas dans ses prérogatives.

«Et si un bureau d’études ou un entrepreneur sont associés dans des travaux ne répondant pas aux normes ?», lui demande le président de séance. Et l’ingénieur en génie civil de répondre: «On suspend nos opérations de contrôle». «Sans plus ?», interroge le juge. «On signale ceci au maître de l’ouvrage accompagné d’un rapport au service contentieux… car il existe un vide juridique», conclut l’ex-DG du CTC.

Intervenant, par la suite, le PDG de l’EPLF, M. Selkim, dira à propos de ce chantier qu’il a pris ses fonctions au moment où le site des 252 logements connaissait une couverture des gros oeuvres à 100%. Le procureur général demande au PDG de l’EPLF: «Y a-t-il eu des réunions avec vos collaborateurs pour faire le point sur les trois sites concernés par le séisme ?» «Nous le faisons», répond M. Selkim, en insistant que les bâtiments 10 et 11 effondrés ont été construits avant son arrivée. Et Maître Brahimi d’intervenir en précisant que son client n’est pas personnellement responsable, conformément à l’article 142 de la Constitution. Pour sa part, M.Serkisti, technicien du CTC interpellé en qualité d’accusé dans cette affaire, a déclaré qu’il a travaillé seulement pendant cinq mois sur ce chantier des 252 logements des Issers. Ajoutant qu’ils étaient sept techniciens pour 300 chantiers. «Y a-t-il eu des réserves sur le chantier des Issers ?», lui demande le juge Benabdellah. «Oui sur le ferraillage des escaliers». En fin d’après-midi, le tribunal aborde le dossier du projet 10 logements de Sidi Daoud.