Bien que n’adhérant pas au cours pris par la démarche de sortie de crise du Président

Bien que n’adhérant pas au cours pris par la démarche de sortie de crise du Président

Abassi maintiendrait sa position en faveur de la concorde civile

Zine Cherfaoui, La Tribune, 9 décembre 1999

Même si officiellement il est toujours établi aujourd’hui que Abassi Madani maintient la même position que celle qu’il avait exprimée l’été dernier vis-à-vis de la démarche de sortie de crise de Abdelaziz Bouteflika, il est presque admis, à propos de la concorde civile, que quelque chose ne fonctionne pas au sein de l’ex-FIS. Certaines rumeurs font entendre que l’ancien patron du parti dissous ne cacherait plus en privé sa désapprobation devant la manière dont le pouvoir fait conduire la «concorde civile». Pour Abassi Madani, le pouvoir serait en train de s’illustrer par des manquements flagrants à certains de ses engagements, surtout ceux consistant à conférer à la crise sa dimension politique. Aspect qui, effectivement en dehors de la déclaration du président de la République à Crans-Montana au cours de laquelle il a notamment admis que «l’arrêt du processus électoral de 1992 était une violence», ne semble pas avoir été pris en ligne de compte. Puisqu’aujourd’hui des voix de l’ex-FIS -spécialement depuis la mort de Abdelkader Hachani- remettent à l’ordre du jour leur revendication d’un retour de l’ex-FIS sur la scène politique. Et en ce sens, le contenu de la lettre qu’a effectivement adressée Abassi Madani au cheikh Ali Benhadjar, «émir» de la Ligue islamique pour la prédication et le djihad (LIDD), résume autant les frustrations de l’ancien leader du parti dissous que celles de certains membres de la direction historique de l’ex-FIS de constater que les espoirs qu’ils ont placés en la personne du président de la République fondent comme neige au soleil. Seulement, ce revirement, indique-t-on, exprimé dans un strict cadre privé, ne saurait représenter une quelconque position d’une quelconque frange de l’ex-FIS. De plus, il y a peut-être lieu de signaler que certaines anciennes figures de l’ex-FIS comme Ali Djeddi, El Hachemi Sahnouni ou encore Ben Azouz Zebda, qui à leur manière ont pris leurs distances par rapport au récent communiqué de Zaoui dont certains passages ont été finalement à tort attribués à Abassi Madani, ne demandent aujourd’hui pas mieux que de pouvoir activer sur le seul terrain de la daawa. Est-ce le signe de tensions internes. Certainement ! Mais toujours est-il qu’il est permis d’admettre que le communiqué de Ahmed Zaoui exprime pour le moins un durcissement des positions d’une aile hostile à une reddition sans frais pour le pouvoir. Pourrait-il avoir un impact ? La préparation, d’une première vague, de l’AIS à rentrer chez soi est peut-être un début de réponse.

 

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