Le « grand flic » qui a démantelé les GIA en 1995 a refusé d’éclaircir à la barre les mystères de l’enquête

Les preuves « irréfutables » du procès des attentats de 1995

04 octobre

PARIS (Reuters) – La cour d’assises spéciale de Paris a examiné vendredi les preuves présentées comme « irréfutables » rassemblées durant l’enquête contre Boualem Bensaïd et Ali Belkacem, jugés depuis mardi pour les attentats islamistes qui ont fait huit morts et 200 blessés en 1995 dans la capitale.

Alors que les premières audiences avaient surtout montré que la police avait manqué en 1995 Ali Touchent, alias « Tarek », organisateur présumé de la campagne de terreur du Groupe islamique armé (GIA), un policier et le président de la cour ont recentré vendredi l’attention sur les deux accusés présents dans le box.

L’ex-chef de la section antiterroriste de la brigade criminelle, Christophe Descoms, a rappelé qu’une empreinte digitale de Boualem Bensaïd avait été retrouvée sur des fragments de l’engin dont l’explosion devant le métro Maison-Blanche avait fait 16 blessés le 6 octobre 1995.

Il a aussi parlé de « l’élément de preuve irréfutable, accablant et majeur » que constitue pour lui l’expertise informatique du coupon de carte orange (abonnement RATP) d’Ali Belkacem. Selon cette expertise, l’accusé est descendu le 17 octobre 1995 d’une rame du RER quelques minutes avant qu’une explosion ne s’y produise, à la station Musée-d’Orsay, faisant 26 blessés.

Le policier a par ailleurs expliqué que Boualem Bensaïd et Ali Touchent avaient été identifiés sur photographies par le patron de la boutique où avait été achetée la poudre noire qui a servi à l’attentat du RER Saint-Michel (huit morts et 150 blessés le 25 juillet 1995).

Le président de la cour, Jean-Pierre Getti, a de son côté longuement interrogé Boualem Bensaïd sur les documents saisis à son domicile. Ces pièces portent la comptabilité de tous les achats faits avant les attentats et mentionnent également les fonds envoyés de Londres par Rachid Ramda, le financier présumé du réseau détenu depuis novembre 1995 au Royaume-Uni.

Le président a enfin rappelé à Ali Belkacem que dans une conversation téléphonique interceptée et enregistrée par la police, il exposait le 30 octobre 1995 à un certain « Mehdi », pseudonyme supposé de Boualem Bensaïd, les problèmes pratiques de la fabrication d’un engin explosif.

LES AVEUX COMPLETS DE BELKACEM
Les accusés ont rétorqué que ces pièces ne les concernaient pas. « Je ne connais pas Mehdi », a expliqué Ali Belkacem.
Boualem Bensaïd a avancé pour sa part que la police avait fait de lui un bouc émissaire. « Dans leur tête, les policiers se disaient, ‘Tarek, c’était un gros, il est parti’, alors ils se sont dit que Bensaïd allait porter le chapeau », a-t-il affirmé.
Le président et l’avocat général Gino Necchi se sont emportés contre les deux accusés. « Nous cherchons la vérité. Notre décision devra être fondée sur ce que vous dites. Alors, expliquez-vous ! Là-bas, ils ont besoin de la vérité », a dit le président en désignant les quelque 200 parties civiles qui remplissent chaque jour la salle d’audience.
Sans répondre, Ali Belkacem et son avocat Philippe Van der Meulen se sont employés à réfuter les aveux complets passés en garde à vue à la brigade criminelle en 2000, puis réitérés devant le juge, concernant l’attentat du RER Musée-d’Orsay. Ali Belkacem a affirmé que la police l’avait alors menacé de représailles contre sa famille en Algérie.
Le commissaire Descoms, jugeant cette accusation « surréaliste et indécente », a rappelé que l’avocat d’Ali Belkacem à l’époque, Me Franck Berton, avait publié après les aveux un communiqué de presse dans lequel il expliquait que son client souhaitait prendre ses responsabilités et « se rapprocher des victimes ».
« On est en présence de quelqu’un qui a été envoyé en France pour faire des attentats, a fait un attentat, l’a dit aux policiers, au juge, à son avocat, à la presse. Notre travail, notre seule noblesse, c’est de mettre pour les victimes un visage sur ceux qui leur ont fait du mal et ont tué leurs proches. Nous n’avons pas d’intérêt à baser une procédure sur un témoignage pas crédible », a dit le policier.
L’audience reprend lundi avec l’examen des conditions de garde à vue des deux accusés en 1995. Ils affirment avoir été torturés et contraints à avouer les faits.

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Attentats de 1995: l’audition de l’ex-patron de la DST refusée

04 octobre

PARIS (Reuters) – Le président de la cour d’assises de Paris a refusé vendredi l’audition de Philippe Parant, ancien patron de la DST (Direction de la surveillance du territoire, contre-espionnage), réclamée par les avocats de deux Algériens accusés des attentats islamistes de 1995 à Paris.
Les avocats de Boualem Bensaïd et Ali Belkacem souhaitaient que Philippe Parant s’explique sur le cas d’Ali Touchent, dit « Tarek », organisateur présumé de ces attentats qui ont fait huit morts et plus de 200 blessés.
Les avocats pensent que la DST pourrait avoir employé un temps cet homme, mort à Alger en 1997 après avoir échappé à la police française.
Le président Jean-Pierre Getti a expliqué à l’audience qu’il ne jugeait pas cette audition utile car, a-t-il dit, la cour a été suffisamment informée par d’autres témoins sur le Groupe islamique armé (GIA) qui a revendiqué les attentats.
Le dossier montre qu’Ali Touchent a échappé à une première opération de la police française en novembre 1993, à une autre opération de la police belge à l’été de 1995, ainsi qu’aux arrestations de novembre 1995 en France. Bien que les autorités françaises aient disposé dès 1993 de son identité et de sa photo, il n’a été mentionné dans le dossier des enquêtes sur les attentats qu’en novembre 1995.

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Le spectre d’Ali Touchent plane sur le procès des attentats

Stéphane Durand-Souffland, Le Figaro, 04 octobre 2002

Comme s’ils jouaient au bridge, les trois avocats de la défense ont besoin d’un mort pour commencer la partie. Mes Benoît Dietsch, Guillaume Barbe et Philippe Van der Meulen ont trouvé le partenaire idéal : Ali Touchent, alias  » Tarek « , vraisemblablement tué à Alger en 1997. Il n’a été pratiquement question que de lui, hier, devant la cour d’assises spéciale de Paris, où comparaissent depuis mardi Boualem Bensaïd et Smaïn Aït Ali Belkacem. Dès l’ouverture de l’audience, le président Jean-Pierre Getti appelle à la barre le commandant de police Gérard Masson, 53 ans, ancien membre de la division antiterroriste et, à ce titre, auteur d’une synthèse sur le GIA qui figure au dossier. Le fonctionnaire se lance dans un exposé très clair. Comme un bon élève récitant son plus joli poème, il garde ses deux mains derrière le dos et résume les éléments  » collationnés  » par ses soins sur les Groupes islamistes armés auxquels les accusés avaient revendiqué, lors de l’instruction, leur appartenance.

Financement, recrutement,  » émirs  » successifs, le jovial commandant sait tout. Il passe assez rapidement sur Touchent,  » personnage important inféodé à Djamel Zitouni « , chef suprême du GIA, et que l’accusation dépeint comme le grand patron des réseaux français – donc de Bensaïd et Belkacem.

Me Georges Holleaux, qui représente les victimes et familles de victimes, veut en savoir davantage. Le témoin lui en donne peut-être plus qu’il ne l’escomptait. Car selon lui, le véritable chef pourrait bien être Bensaïd, homme doté d’une  » aura « , dont l’entrée clandestine en France s’accompagne de  » tout un cérémonial « . Relancé par l’avocat général Gino Necchi, Gérard Masson conclut qu’à ses yeux, il est fort possible que  » Bensaïd soit supérieur à Ali Touchent « .

Au regard des bases actuelles du dossier, cette hypothèse fait figure de révolution copernicienne. Elle n’arrange pas, en tout cas, la défense, qui préfère soutenir que les hommes du box ne sont que des satellites tournant autour de l’astre Tarek.
Les avocats des accusés sont vifs, polis, et connaissent leur dossier sur le bout du doigt. Ils n’ont pour l’instant qu’un os à ronger : Tarek. Parce que Tarek a échappé en 1993 à l’opération  » Chrysanthèmes « , vaste coup de filet préventif dans les réseaux de soutien au GIA installés en France. Parce que Tarek, décidément chanceux, a aussi échappé à la police belge, début 1995. Parce que si la photographie de Tarek figurait dans les albums de la police utilisés pendant l’enquête sur les attentats de Paris, son nom n’y figurait pas. Bizarre : son identité complète était connue des autorités depuis 1993…

On voit bien où cela pourrait mener. Touchent serait, en réalité, une  » taupe  » infiltrée chez les terroristes. Par les services français, par les services algériens, qui sait ? La défense est ainsi fort tentée de glisser des barbus aux barbouzes. Cela ne change pas grand-chose au bilan humain des attentats – huit morts et deux cents blessés – mais on gagne du temps et, pendant que les témoins sont à la question, les accusés ne disent pas de bêtises.

Me Barbe ouvre les hostilités. Mince, les traits fins, le crâne rasé, d’une parfaite courtoisie, il étourdit le stoïque policier resté au micro d’interrogations sur l’Algérie des années 90. Si bien que le président intervient :  » Vous n’êtes pas obligé de répondre à ces questions qui relèvent d’un historien ou d’un expert. « 

Me Dietsch, à présent. Jeune et urbain, lui aussi, mais doté d’une abondante tignasse noire, l’avocat insiste sur ces étranges prémonitions qui permettent à Touchent de fausser compagnie à la police en toutes occasions, et sur l’incompréhensible anonymat du suspect dans les albums photo. Là, le témoin devient plus flou –  » la chance d’Ali Touchent était peut-être plus grande que la nôtre -, comme la veille son ancien chef, Roger Marion (nos éditions d’hier).

Me Van der Meulen, pour finir. Un Falstaff en robe boire, plus brut de décoffrage que ses confrères. Au témoin :  » Tarek était-il une taupe ? « 
Le commandant Masson :  » Aucun élément ne permet de l’établir. Jamais un service n’aurait laissé continuer les attentats s’il avait eu quelqu’un à l’intérieur des réseaux. « 
– Je m’étonne que vous n’évoquiez jamais la possible infiltration du GIA par la Sécurité militaire algérienne…
– A ma connaissance, elle n’a jamais été avérée. En 1995, je ne disposais pas d’éléments confirmant ces choses.
Tenace, l’avocat de Belkacem relance la thèse de la manipulation de Tarek par les services français. Réponse définitive du témoin :  » A mon avis, c’est une ineptie. « 
D’une certaine façon, la défense sort gagnante de l’échange. Il y a désormais un mystère Touchent, réel ou artificiel. Les policiers ne savent rien de ses pérégrinations en Europe, se renvoient la patate chaude entre services quant aux loupés de l’enquête le concernant, mais ils ont une certitude : Tarek n’était pas une taupe. La seule certitude qui les arrange, en somme.
Les débats portent ensuite sur le rôle d’Al Ansar, l’organe du GIA. Le président demande aux accusés ce qu’ils pensent de cette publication islamiste jusqu’au-boutiste.
Belkacem, par la bouche de l’interprète :  » C’est un journal normal, qui publiait des informations sur l’Algérie, voilà. « 
Bensaïd, tantôt en français, tantôt en arabe :  » Exactement pareil. Je le lisais pas souvent, des fois j’étais d’accord, des fois pas d’accord. « 
Le président lui rappelle alors certains de ses propos, d’un style très Al Ansar, tenus devant le juge Bruguière à l’époque ou Bensaïd revendiquait son appartenance au GIA, d’ailleurs confirmée mercredi devant les assises. Jean-Pierre Getti :  » Maintenez-vous ces propos ? « 
Bensaïd :  » Non. Je suis pas du GIA. Je suis le pion de personne. Je suis un musulman. « 
Il n’y a, apparemment, que deux accusés devant la cour d’assises de Paris : Bensaïd et Belkacem, qui gesticulent. Mais il ne faut pas oublier, même s’il sera jugé séparément, Rachid Ramda, initialement renvoyé, qui brille par son absence. Et puis Ali Touchent, alias Tarek, le mort qui, dans ce box trop grand pour deux hommes, bouge encore.

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ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 04.10.02

LE MONDE | 03.10.02 | 14h20

Le « grand flic » qui a démantelé les GIA en 1995 a refusé d’éclaircir à la barre les mystères de l’enquête

Roger Marion, ancien patron de l’antiterrorisme, a éludé les questions sur la fuite de « Tarek ». Un accusé a provoqué l’émoi en évoquant les « gens qui se disent victimes des attentats ».
Déformation professionnelle sans doute, Roger Marion n’aime guère qu’on lui pose des questions. Invité à témoigner, mercredi 2 octobre, dans le procès des deux responsables présumés des attentats de 1995 devant la cour d’assises spéciale de Paris, l’actuel n° 2 de la police judiciaire s’agace d’un rien. Il est, ne cesse-t-il de rappeler, celui qui, à l’automne 1995, a démantelé le réseau des Groupes islamiques armés (GIA) en France, permis l’arrestation de ses principaux responsables et mis fin à la campagne des attentats. Que ceux qui en ont fait autant se lèvent, semblent dire les regards lourds de dédain qu’il pose sur les avocats de la défense. Trop d’assurance lui a nui. L’ex-chef de la Division nationale de lutte contre le terrorisme (DNAT) a pourtant suscité, dans un premier temps, l’écoute attentive de la cour et des deux accusés lorsqu’il a raconté la longue traque policière à l’issue de laquelle Boualem Bensaïd, Smaïn Aït Ali Belkacem, Ali Touchent et les autres ont été identifiés, ainsi que les nombreux éléments à charge qui pèsent sur eux. « Vous avez ainsi le réseau reconstitué, voilà ce que j’avais à dire », a-t-il conclu d’une phrase qu’il aurait souhaité définitive. Mais la déférence à l’égard du « grand flic » s’est estompée lorsque, d’un revers de la main, il a balayé les demandes de précisions formulées par Me Benoît Dietsch, avocat de Boualem Bensaïd, ou par Me Philippe Van der Meulen, au nom de Smaïn Aït Ali Belkacem.  » Vous faites preuve d’un peu de légèreté dans vos réponses, lui a signifié sèchement le président, Jean-Pierre Getti. Si des questions vous semblent saugrenues ou dérangeantes, vous êtes tenus d’y répondre tant que je n’y mets pas le holà ! »

Ces questions « saugrenues ou dérangeantes », les avocats de la défense se sont fait un plaisir de les répéter. Elles portent principalement sur le cas d’Ali Touchent, dont la capacité à échapper à toutes les traques policières ne laisse pas de troubler. Il est le premier à être identifié, dès 1993, lors d’une opération policière menée dans un foyer Sonacotra de la banlieue lyonnaise où des documents d’identité à son nom sont saisis, et il apparaît, selon la déposition même de M. Marion, comme le principal coordonnateur de la campagne des attentats de 1995. Pourtant, Ali Touchent dit « Tarek » n’a jamais été arrêté. Les services de sécurité algériens ont annoncé sa mort en 1998 dans des conditions qui avaient à l’époque éveillé la suspicion du ministère français de l’intérieur.

« DEMANDEZ À LA DST »
Face à M. Marion, Me Dietsch feint de s’étonner : « En novembre 1995, sur les soixante personnes répertoriées dans l’album des services de police, une seule photo manque à l’appel, celle de Touchent. « X, dit Tarek », lit-on. Qu’est-il donc advenu des documents d’identité saisis en 1993 ? » l’interroge-t-il. Roger Marion élude. Il ne sait plus quand ni par qui « Tarek » a été identifié. « Nous sommes en 2002. Je ne m’en souviens plus. Depuis trois ans, j’ai des responsabilités supérieures. Nous, on a arrêté les auteurs. Vous, vous ne parlez que des morts », rétorque-t-il. Peut-être davantage encore que le ton cassant avec lequel Roger Marion répond ou refuse de répondre -« Je ne vois pas l’intérêt de la question », dit-il à un moment de l’audience. « Ce n’est pas vous qui en appréciez l’intérêt », le coupe le président -, c’est son art de se défausser sur les autres services de police qui suscite l’irritation de la cour. « Demandez à la DST », « interrogez les responsables de la brigade criminelle », répond-il avec une fâcheuse régularité dès qu’une question porte sur un point non élucidé de l’enquête. « Mais vous nous avez expliqué qu’il y avait des réunions de coordination entre les différents services de police ! » s’énerve le président. « Je ne suis pas là pour dévoiler la confidentialité des réunions qui se tiennent au ministère de l’intérieur ! » réplique sur le même ton Roger Marion, qui semble se buter de plus en plus.

Lorsqu’il quitte la barre, contrarié, les trois avocats de la défense ne dissimulent pas leur satisfaction. Elle sera de courte durée. Après une suspension de séance, accordée notamment pour un temps de prière de Boualem Bensaïd, l’atmosphère change. A la reprise de l’audience, les deux accusés restent obstinément assis sur leur banc. Ce refus de se lever à l’entrée de la cour avait déjà suscité un incident en début de journée. « C’est à cause de notre croyance. On ne se lève que devant Dieu. Ne le prenez pas mal », avait expliqué Boualem Bensaïd. « Si, je le prends mal », avait répondu le président, évoquant un outrage à la cour. Mais c’est un sérieux dérapage de cet accusé qui a soudainement enflammé les bancs du public lorsqu’il a évoqué « les gens qui sont ici, qui se disent victimes d’un attentat ». Aussitôt, l’avocat général, Gino Necchi, se lève et l’interrompt. Tourné vers les parties civiles, il tonne : « Vous êtes des victimes et on n’a pas le droit de dire ici que vous vous dites victimes, sinon c’est un préjudice de plus qui vous est porté. » Les avocats de la défense, embarrassés, se tassent sur leur siège. L’un d’eux enjoint discrètement son client de présenter des excuses. Ce qu’il fait, mais en dérapant à nouveau : « Je m’excuse, je n’ai pas le niveau de mes avocats, je suis spontané. Mais s’il y a des extrémistes ici, c’est pas nous. C’est ceux qui veulent soumettre tout le monde à la République ! » Deux femmes, bouleversées, quittent la salle d’audience en étouffant leurs sanglots.

La suite des débats renforce le malaise. A chaque question précise du président, les deux accusés tergiversent, s’énervent, nient les aveux circonstanciés qu’ils ont passés au cours de l’instruction, coupent la parole. Lorsque les deux hommes finissent par admettre leur appartenance aux GIA, les mots de Boualem Bensaïd claquent : « J’étais plus qu’un membre du GIA, j’étais un combattant. J’étais pour ma cause à mort. »

Pascale Robert-Diard