Kartali, Benaicha et Benhadjar appellent à un congrès des trêvistes

Selon des informations rapportées hier par El Qods

Kartali, Benaïcha et Benhadjar appellent à un congrès des trêvistes

Cet élément intervient au moment où des informations contradictoires font état d’un dénouement de la «crise» entre pouvoir et AIS

Abdelkrim Ghezali, La Tribune, 6 janvier 2000

Selon le quotidien arabophone de Londres El Qods, des factions de groupes armés ayant rejoint la trêve ont demandé à Madani Mezrag d’organiser un congrès regroupant tous les trêvistes afin de faire le point sur l’initiative du 1er octobre 1997 et sur l’application de l’accord pouvoir-AIS. Le même journal, citant des «sources bien informées», affirme que Mustapha Kartali, «émir» de katiba errahman activant dans la région de Larbaa et la Mitidja, et Ali Benhadjar, «émir» de la Ligue islamique de la Daawa et du Djihad, activant dans l’Atlas blidéen et le Titteri, ainsi qu’un représentant d’Ahmed Benaïcha, «émir» de l’AIS à l’ouest du pays, ont adressé une lettre commune à Madani Mezrag lui demandant des clarifications sur «le flou» qui entoure l’application des «mesures accompagnant la trêve». Les trois chefs de faction armée en trêve ont également demandé à Mezrag plus de précisions relatives à certains détails de l’accord pouvoir-AIS dont ils ne sont pas informés. El Qods rapporte que cette correspondance a été adressée à Mezrag avant le début de l’application des accords de l’été 1997, notamment les clauses relatives à la réinsertion sociale des éléments de l’AIS, et après la fameuse lettre qu’aurait envoyée Abassi Madani à Ali Benhadjar. Il s’agit de la lettre qui a soulevé une polémique sur son authenticité au sein même de la mouvance du FIS dissous. Quant au reste du contenu de la lettre des trois chefs des factions armées susmentionnées, il est lié au moral des troupes trêvistes, notamment les libérables de l’AIS qui ne sont pas encore rentrés chez eux. Ces derniers auraient protesté contre la manière dont se fait la couverture médiatique des redditions de ceux que l’AIS considère comme des invalides, personnes âgées ou malades. Pour les récalcitrants de l’AIS, cette manière «est méprisante et avilissante». D’où l’idée d’un congrès de bilan et de perspective de tout le processus de paix. Les rédacteurs de la correspondance estiment que l’objectif de ce congrès vise à «évaluer le parcours de la trêve» et «l’allégement du fardeau de Madani Mezrag afin d’en faire un négociateur fort, parlant au nom d’une organisation et non en son nom personnel». Enfin, les trois «émirs» trêvistes refusent, selon ce qu’a rapporté El Qods, de «combattre les irréductibles du Groupe islamique armé (GIA) ou toute autre faction qui a rejoint le maquis dans le passé». Si les informations rapportées par El Qods s’avèrent vraies, on pourra aisément comprendre les derniers développements intervenus dans le dossier AIS. Cette lettre expliquerait également la sortie de Rabah Kebir qui a annoncé dans un communiqué signé par l’instance exécutive du FIS dissous à l’étranger et qui reste toutefois à identifier, que l’AIS a décidé de geler son autodissolution. Hier, d’autres sources citées par certains journaux, affirment que l’AIS n’a jamais gelé le processus de «démobilisation» de ses éléments.

 

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