CCFIS: Délai du 13 janvier et dissolution de l’AIS: un non-évènement

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Front Islamique du Salut
Conseil de Coordination

Le 11 janvier 2000

Communiqué 17
Délai du 13 janvier et dissolution de l’AIS : un non-événement
(Traduction)

« Et s’ils veulent te tromper, alors Allah te suffira. C’est Lui qui t’a soutenu par Son secours, ainsi que par l’assistance des croyants » (Coran 8 : 62).

En ce même jour de l’année 1992, un groupe de généraux de l’armée algérienne, soutenu par les leaders de minorités idéologiques excellant dans le mépris envers les constantes du peuple algérien musulman, a enclenché une aventure criminelle qui a débuté par la confiscation du choix populaire et qui continue à ce jour sous forme d’une guerre d’extermination. A l’époque, le FIS n’avait pas manqué de mettre en garde, à travers les déclarations du martyr Hachani, puis celles du martyr Redjem, contre les conséquences désastreuses de l’aventurisme de la junte militaire. En outre, le FIS n’a cessé, dès le début de la crise, d’insister sur la nécessité du respect du choix populaire et de rappeler l’enracinement de son projet dans toutes les couches du peuple algérien. Et de ce fait, toute tentative de l’éradiquer, que ce soit par l’emprisonnement ou la liquidation de ses leaders, les multiples décisions administratives et même par la force des armes, est vouée à l’échec. Le FIS n’est et ne sera en aucun cas un simple dossier dans les archives du ministère de l’intérieur.

La junte militaire a malheureusement ignoré les appels des fils sincères et intègres du peuple algérien et a préféré persister dans sa folie guerrière et a entrepris leur élimination physique par le biais de ses forces étatiques, ses milices et ses Groupes Infiltrés de l’Armée (GIA).

Aujourd’hui, alors que l’Algérie entame sa huitième année sous la houlette de la dictature militaire, du terrorisme d’état et de la répression aveugle, la situation reste quasiment inchangée et le FIS reste l’acteur principal et incontournable sur la scène politique algérienne. Durant cette période noire de l’histoire de l’Algérie, la junte militaire n’aura ajouté à son blason que son bilan noir avec plus de cent mille morts, des milliers de disparus, et des centaines de milliers d’exilés.

En ce qui concerne la loi dite de réconciliation et la date butoir de son application, le FIS déclare ce qui suit :

  • La crise algérienne est d’essence d’origine politique avant d’être sécuritaire et ne peut par conséquent être traitée par de simples dispositions sécuritaires qui visent à éradiquer le projet du FIS, à maintenir la dictature et à redorer son image aux dépens du peuple.
  • La date butoir du 13 janvier 2000 ainsi que le discours de guerre totale entretenu par le régime n’expriment que l’entêtement de la junte militaire et la continuité de sa politique irresponsable pratiquée depuis le 11 janvier 1992. Le FIS considère que l’ultimatum du 13 janvier, à travers lequel Bouteflika ne cesse de menacer toute voix qui refuse la soumission, est un non-événement qui nous rappelle les slogans habituels de la junte, tels que ‘terrorisme résiduel’ et ‘dernier quart d’heure’, slogans empruntés à leurs maîtres à penser Massu, Bijeard et autres généraux français pendant la guerre d’indépendance.
  • L’AIS est une organisation n’ayant aucun lien organique avec le FIS même si certains membres du FIS prétendent être ses porte-parole à l’étranger. La direction du FIS n’a à aucun moment déclaré qu’elle avait une branche armée, même si le FIS comprend et respecte toute résistance légitime contre l’oppression et l’injustice, que ce soit sous la bannière de cette organisation ou autre. De ce fait, la dissolution de l’AIS, si elle venait à se confirmer, n’incomberait qu’aux responsables de cette organisation et ne concernerait et n’engagerait en rien le FIS. Ceci étant, nous renvoyons nos frères de cette organisation à la lettre du Cheikh Madani Abassi publiée dans notre communiqué Nr 15, dans la quelle il les met en garde contre les manouvres et les manipulations de la junte, d’autant plus qu’ils connaissent le triste sort réservé à des centaines de leurs frères trêvistes liquidés avant même la date d’échéance de la dite loi.
  • Le FIS se démarque des prises de positions politiques naïves et sordides exprimées par certains de ses membres à l’intérieur et l’extérieur de l’Algérie, et qui ont failli diluer ses revendications légitimes et compromettre les moujahidines sincères en les mettant au service de la junte. Nous rappelons aussi que ces membres ne représentent ni la voie ni les positions du FIS, conformément à ce qui a était clairement affirmé à maintes reprises par le martyr Hachani, positions réitérées quelques jours seulement avant son assassinat par la junte.
  • Nous exhortons les membres sincères de l’AIS et de l’instance exécutive du FIS à se démarquer de ceux qui ont voulu les livrer en pâture à la junte militaire afin d’en faire des marionnettes au service des généraux pour mâter le peuple. Nous réitérons, encore une fois, notre soutien absolu à nos frères moudjahidines, fidèles à leur peuple et leur noble cause, ceux qui résistent encore face à l’injustice et la tyrannie.

Ô ! Peuple algérien musulman, sache que le FIS restera, avec l’aide de Dieu, à tes côtés dans ton épreuve, fidèle à tes valeurs fondatrices pour lesquelles se sont sacrifiés des milliers de martyrs, gardien de tes intérêts spoliés chaque jour par les griffes de la junte corrompue, fermement décidé à n’accepter que la solution globale qui garantira tes droits légitimes et tes libertés fondamentales et qui rétablira ta souveraineté totale que tu as exercée, libre de toute contrainte, ce jour du 26 décembre 1991 pour choisir le projet de l’état Islamique.

« Si vous avez imploré l’arbitrage d’Allah vous connaissez maintenant la sentence. Et si vous cessez la mécréance et l’hostilité c’est mieux pour vous. Mais si vous revenez, Nous reviendrons, et votre masse, même nombreuse, ne vous sera d’aucune utilité. Car Allah est vraiment avec les croyants.» (Coran 8 : 19).

Pour le CCFIS
Le porte-parole, Dr M. Dhina

 

 

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