Des Algériens et des Marocains occupent un gymnase à Séville depuis une semaine

Des Algériens et des Marocains occupent un gymnase à Séville depuis une semaine

Les socialistes espagnols appellent à l’expulsion des sans-papiers maghrébins

Par Aït-Châalal Mouloud, Le jeune Indépendant, 18 juin 2002

L’affaire des sans-papiers algériens et marocains, qui occupent depuis une semaine le gymnase de l’université Pablo de Olavida de Séville, a suscité un intense débat au sein de la classe politique espagnole. Le parti socialiste a demandé leur expulsion du pays au moment où les syndicats des travailleurs réclament leur régularisation. Hier, le président de la province autonome d’Andalousie, le socialiste Manuel Chavez, a appelé à l’expulsion de ces immigrants dont le nombre est passé de 350 le premier jour du sit-in à près de 500 dimanche dernier, en majorité des Algériens et Marocains rejoints par des ressortissants des pays de l’Afrique sub-saharienne. Lors d’un forum organisé notamment par l’agence Europa-Press, le dirigeant andalou a réclamé une stricte application de la loi sur l’immigration à l’égard des sans-papiers. «La loi sur l’immigration a été votée par le Parlement et représente la souveraineté du peuple», a-t-il affirmé, estimant que leur régularisation risque de créer un antécédent. Auparavant, le secrétaire général du parti socialiste espagnole (PSOE), Jose Luis Rodriguez Zapatero, a, lui aussi, appelé à l’expulsion de ces immigrants qui avaient lancé leur mouvement pour dénoncer les promesses non tenues par les autorités espagnoles et le patronat quant à leur régularisation. Transférés pour la plupart de Ceuta et Melilla, ces immigrants, employés dans les exploitations agricoles du secteur de la fraise dans la province andalouse de Huelva, réclament depuis quatre mois leur régularisation à savoir l’obtention d’une carte de séjour et un permis de travail. Plusieurs syndicats espagnols et associations de défense des droits des immigrés notamment la Confédération générale des travailleurs (CGT), le Syndicat ouvrier agricole (SOC) et l’Organisation démocratique des immigrés et travailleurs étrangers (ODITE) se sont mis du côté de ces sans-papiers. Ces organisations ont toutes exigé leur régularisation faute de quoi elles ont menacé de recourir à des actions de mobilisation dans les jours à venir. L’affaire des sans-papiers intervient au moment où l’Union européenne, en réunion au Luxembourg, n’arrivait pas à se mettre d’accord sur la conduite à tenir pour la lutte contre l’immigration clandestine et le trafic transfrontalier en Europe. A.-C. M.