CRI D’ALARME ET DE DETRESSE DES GREVISTES

CRI D’ALARME ET DE DETRESSE DES GREVISTES

NOUS ALGERIENS DEMANDEURS D’ASILE,DETENUS DANS LE CENTRE DE DETENTION DE VILLAWOOD A SYDNEY .

PORTANT A LA CONNAISSANCE DE TOUS CEUX QUI ONT , UN COEUR ,ET UNE CONSCIENCE VIVANTE, CE CRI D’ALARME,DERRIERE LES FILS BARBELES , AU DELA DUQUEL SE TROUVENT DES ENFANTS EN BAS AGES, D’AUTRES EN ALLAITEMENT , DEPUIS PLUS D’UNE ANNEE, EN COMPAGNIE DE LEUR MERES, ET D’EPOUSES EN SITUATION DE GROSSESSE, DES HOMMES SEPARES DE LEURS FAMILLES ET EN SITUATION DE DETRESSE TOTALE, SOUVENT MALADES ET PSYCHOLOGIQUEMENT EN DECOMPOSITION.

DEVANT CETTE SITUATION EXTREMEMENT DIFFICILE , ET COMPTE TENU DES REFUS PRONONCES PAR LES AUTORITES AUSTRALIENNES QUANT AU BENEFICE DU DROIT D’ASILE, SUITE AU DEMANDES FORMULEES NOUS DECLARONS ETRE A PARTIR DU 13/09/99 EN GREVE DE LA FAIM POUR UNE DUREE ILLIMITEE, JUSQU’A CE QUE NOS DROITS A L’ASILE EN AUSTRALIE SOIENT RECONNUS, CAR NOUS AVONS CHOISI CE PAYS POUR VIVRE LOIN DES MENACES DE MORT QUE FAISAIT PESER CONTRE NOUS LE POUVOIR ALGERIEN, ET TOUT CELA, PARCEQUE NOUS AVONS CRU EN LA DEMOCRATIE ET L’AVONS RESPECTE. SPOLIES DE NOTRE LEGITIMITE ELECTORALE , NOUS AVONS ETE PAR LA SUITE CONTRAINT A L’ASILE.

AU NOM DES DROITS FONDAMENTAUX DE L’HOMME ET DES LIBERTES INDIVIDUELLES NOUS LANCONS CE CRI D’APPEL ET DE DETRESSE.

SIGNE LES DETENUS ALGERIENS EN GREVE DE LA FAIM.

 


Hijra International Organization
CP 166, Chene-Bourg.
CH-1225 Genève
Email: [email protected]

A son Excellence,
Monsieur le Chef de la Mission permanente d’Australie
auprès de l’Office des Nations et des Organisations Internationales.
CP 172, Rue de Moillebeau 56,
CH-1209 Genève

Concerne : demandeurs d’asile algériens en Australie en grève de faim.

Monsieur l’Ambassadeur,
Parmi les requérants d’asile vivant en Australie une dizaine d’Algériens sont aujourd’hui dans une situation précaire nécessitant la protection, et surtout le bénéfice des garanties juridiques minimales.

Excellence, vous n’êtes pas sans ignorer qu’au fil du temps, depuis 1992, les massacres se multiplient en Algérie. Selon les dernières estimations du gouvernement algérien lui-même, quelques 100’000 Algériens ont trouvé la mort en six ans. Les violences continuent encore et toujours. Malgré ces circonstances, la plupart des Etats occidentaux opposent une indifférence croissante aux besoins de protection des Algériens. Plus les violences se multiplient, plus les demandes d’asile sont refusées et les visas se raréfient.

Hijra international a appris que le Centre Villawood de Sydney accueille une vingtaine de demandeurs d’asile, mais seulement sept d’entre eux ont dirigé, milité ou sympathisé avec le Front Islamique du Salut (Parti majoritaire aux élections avortées en 1992 par le coup d’Etat militaire contre le choix du peuple algérien). Certains d’entre-eux sont en famille dans ce centre. Ils observent une grève de la faim depuis le jeudi 9 septembre 1999 dans le but d’attirer l’attention sur leur situation dramatique. D’ailleurs, les services de renseignement algériens ont procédé à leur observation et fichage pour activité subversive, ils sont donc exposés à un danger réel si jamais l’Australie n’accepte pas de les protéger.

Il s’agit de Messieurs :

Nom et prénom

Numéro

Durée de du dossier détention

BEN NABI Malek (en famille)

98/00450

1 année

CHENINA Noureddine (en famille)

98/003864

1 année

TAHRI Abdelmoumen

98/004500

11 mois

SEDDIK Habib

98/26028

11 mois

SELHAB Mohamed

98/003706

1 année

TIRANE Rachid

98/3709

1 année

AOUADI Mosbah

99/000080

7 mois

En plus du refus quasi systématique par les pays occidentaux des demandes d’asile émanant d’Algériens – à peine 1% des demandeurs obtiennent une réponse positive – certains de ces pays pratiquent les refoulements des demandeurs d’asile vers l’Algérie tout en sachant à quel degré la situation des droits humains est catastrophique.

Le droit d’asile est pourtant consacré par le droit australien et le droit international; il est placé au niveau de l’intérêt général public, au dessus de l’intérêt propre des Etats. Sa violation rend irréparable le préjudice subi par la victime, qui, si elle est renvoyée en Algérie, sera exposée au risque de sa persécution, voire d’atteinte à sa vie.

Il nous semble que les mesures déjà prises pour la détention de ces demandeurs d’asile, et celles, imminentes, de leur refoulement, portent atteinte aux principes les plus intangibles de la Convention internationale du 28 juillet 1951, portant sur les réfugiés, ainsi qu’à l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ces personnes n’ont pas commis un crime a l’encontre de la paix, ni un crime de guerre ou un crime contre l’humanité.

N’est-ce pas que devant la persécution toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile dans un autre pays. L’article 33 de la Convention portant sur les réfugiés interdit l’expulsion vers le pays où la vie ou la liberté serait menacée. D’autre part, l’article 3 de la Déclaration sur l’asile territorial du 14 décembre 1967 dispose qu’aucune personne ne sera soumise à des mesures telles que l’expulsion, ou le refoulement, vers tout Etat où elle risque d’être victime de persécution.

Hijra International a toutes les raisons du monde d’accuser le régime, dirigé d’une main de fer par quelques généraux contrôlant une véritable mafia politico-financière, d’avoir pratiqué des violations massives aux droits à la vie, à la liberté, à l’expression, à l’association ainsi qu’au droit souverain du peuple de choisir librement ses dirigeants politiques. Depuis 1991, toutes les élections organisées en Algérie ont été entachées de fraudes massives.

Hijra International se refuse à croire que les quelques personnes détenues au Centre de Sydney constituent un danger pour la sécurité de l’Australie, ou une menace pour la communauté australienne, ou encore qu’elles aient toutes été l’objet d’une condamnation définitive pour un crime particulièrement grave.

Hijra International se doit également de vous signaler que la loi algérienne dite de « concorde civile » n’est en fait qu’une disposition pénale et que rien dans

le projet des dirigeants algériens, notamment les généraux de l’armée

qualifiés de « décideurs », n’indique qu’ils renoncent à leur politique

d’éradication physique et d’exclusion politique.

Hijra International proteste donc contre ce qu’elle qualifie sans hésitation de non-assistance à personnes en danger, qui viole les conventions internationales en matière de droits de l’homme et de droit humanitaire.

Excellence,
Nous sollicitons de votre bienveillance :
– L’instauration d’une politique libérale de délivrance du statut de réfugié avec un large accès à l’asile territorial pour les Algériens qui en font la demande;
– L’arrêt des renvois forcés d’Algériens;
– Une application de la Convention de Genève de 1951 conforme aux recommandations du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
Veuillez agréer, Monsieur l’ambassadeur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Pour Hijra International;
Le Président

Copie :
A son Excellence, Monsieur Le Premier Ministre Australien.
A son Excellence, Mme Robinson, Haut Commissaire des Droits de l’homme.
A son Excellence, Mme Ogata, Haut Commissaire aux Réfugiés.