Clandestins de Melilla

Clandestins de Melilla

Les Espagnols stoppent les expulsions d’Algériens

Ghada S., Quotidien d’Oran 24 septembre 2000

Cela fait 10 jours que les autorités espagnoles ont arrêté toute expulsion à l’encontre des immigrants algériens se trouvant à Melilla, a-t-on appris d’un immigrant algérien, contacté hier par téléphone au centre de séjour temporaire pour immigrants clandestins (CETI). En effet, selon notre source, la dernière décision d’expulsion a eu lieu il y a deux semaines, à l’encontre de 20 Algériens. Après une rencontre entre les organisations non gouvernementales (ONG) et Arturo Esteban, le gouverneur de Melilla, ajoute notre contact, les immigrants algériens ont été informés qu’ils doivent préparer leurs dossiers pour une probable régularisation de leur situation sur le territoire espagnol. Cette mesure touchera, selon notre source, tous les immigrants algériens se trouvant à l’intérieur du CETI: quelques 180 personnes. Pour ceux qui se trouvaient à l’extérieur du «centre» et dont l’effectif demeure inconnu, les autorités espagnoles ont promis mardi dernier une prochaine réintégration et un accueil au CETI. Mais, précise notre contact, cette mesure n’a pas encore été appliquée. Les dossiers en question, précise-t-on, seront étudiés au cas par cas. Et d’ajouter que «l’immigrant doit fournir soit une invitation ou hébergement et un permis de travail de la part d’un de ses parents vivant en Espagne, soit une pièce de sa famille de l’Algérie, prouvant qu’il s’est déplacé à Melilla pour travail uniquement et non pour autre mission ou qu’il a une famille à charge». Notre contact précise aussi que les immigrants qui sont entrés à Melilla, avant le 14 Août dernier, c’est-à-dire avant l’annulation de la loi qui leur permettait une régularisation en Espagne, seront prioritaires. Et d’ajouter qu’ils auront une réponse définitive d’ici une semaine ou deux. Et, signale-t-on, les Algériens n’ont pas cessé de venir à Melilla. Par ailleurs, un autre contact au CETI confirmant les mêmes faits, avance que les autorités espagnoles ont fait rapatrier 36 personnes du CETI, toutes nationalités confondues, en Espagne pour une régularisation de leur situation. Il dira aussi que «le consul algérien à Alicante est enfin intervenu en leur faveur» et de poursuivre que c’est «grâce à cette précieuse intervention que les Algériens seront traités au même titre que les ressortissants d’autres nationalités».

Le consul algérien à Alicante, ajoute notre source, «estime qu’il n’a pas trouvé de motifs valables pour que les Algériens subissent la discrimination». Et croit-on savoir, «la dernière loi qui défavorisait les Algériens a été abrogée».